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Anthony Scaramucci quitte la Maison-Blanche

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Quand Barack H. Obama gouvernait les États-Unis, celui qui n’était encore qu’un magnat de l’immobilier parmi d’autres prenait un malin plaisir à dénigrer la gestion de sa Maison-Blanche. Devenu président à son tour, il découvre que si la critique est facile, l’art de la gestion des affaires publiques est à la fois difficile et complexe.

Ce matin, le président Donald Trump se trouvait dans le Bureau ovale avec John Kelly, son nouveau secrétaire général de la Maison-Blanche. Il s’est adressé à la presse. Il a nié catégoriquement que son équipe soit en état de chaos. Quelques heures plus tard, un événement a montré ce qu’il en était en réalité.

Anthony Scaramucci, aussitôt arrivé, aussitôt parti de la Maison-Blanche

Qui l’aurait cru? Une étoile filante a traversé le ciel de la Maison-Blanche avant de s’éclipser. La décision du président républicain annoncée la semaine dernière de nommer un directeur de communication de la Maison-Blanche a été mal ressentie par le porte-parole d’alors de la Maison-Blanche. Sean Spicer a par conséquent démissionné de son poste. M. Trump a donc chargé Anthony Scaramucci du contrôle de sa communication.

M. Scaramucci est un ancien collaborateur de Goldman Sachs. Il ne cachait pas son souhait de travailler dans le gouvernement Trump. Il s’était, à plusieurs reprises, porté à sa défense. Il répétait par exemple sur les plateaux de télévision nationale que les allégations d’ingérence russe dans la récente élection présidentielle sont ridicules. Il a donc fini par avoir ce qu’il désirait ardemment. Mais, dix jours plus tard, le locataire de la Maison-Blanche s’est séparé de lui.

Entre-temps, deux développements ont survenu et peuvent expliquer cette trop courte carrière dans le service public fédéral. Le premier était du fait du premier concerné. Le second, indépendant de sa volonté.

A son arrivée à la Maison-Blanche, il a cherché à rassurer les journalistes et à améliorer leurs relations. Ce qui était bien apprécié par les concernés. Mais, d’un autre côté, il a multiplié les faux pas. Avec le flot continuel de fuites dans la presse, le président était frustré. Il était persuadé que cela était l’œuvre de membres de son équipe. Son directeur de communication était lui aussi animé de la même frustration et voulait mettre la main sur eux. Il soupçonnait quelqu’un comme Reince Priebus d’en faire partie. Ce que celui-ci rejetait avec véhémence. Mais, rien n’y fait. Lors d’un entretien avec le journaliste Ryan Lizza (The New Yorker, 27 juillet), il a dit tout le bien qu’il pensait du secrétaire général d’alors de la Maison-Blanche. Steve Bannon, le stratège en chef de M. Trump et suprématiste blanc, a eu lui aussi sa part des attaques et insultes grossières du nouveau venu. Comme l’avait déclaré en conférence de presse la nouvelle porte-parole de la Maison-Blanche Sarah Huckabee Sanders, le président Trump trouvait les propos de M. Scaramucci "inappropriés" pour un directeur de communication de la Maison-Blanche. Ces jours étaient donc comptés à ce poste.

Le second développement survenu et qui était indépendant de la volonté de l’ancien collaborateur de Wall Street était l’arrivée du nouveau secrétaire général de la Maison-Blanche. John Kelly est un général quatre étoiles des Marines. Il était jusque-là secrétaire de la sécurité intérieure. Au moment d’annoncer la nouvelle de sa nomination sur Tweeter, le président Trump n’a pas tari d’éloges sur lui.

Pour un général habitué à la discipline militaire et qui a été chargé de remettre de l’ordre dans une Maison-Blanche loin d’être bien ordonnée, un bulldozer comme le nouveau directeur de communication faisait désordre et pouvait donner, à lui et à d’autres, du fil à retordre. Il était donc mieux de s’en séparer rapidement. Ses jours étaient donc comptés. C’est désormais chose faite. Mais, qu’adviendra-t-il du poste récemment créé pour Anthony Scaramucci?

***

Qui dit mieux? En onze jours, Donald J. Trump a nommé et congédié un collaborateur de premier plan. Cette décision survient à un mauvais moment pour lui. Il a subi plusieurs revers législatifs et en politique étrangère. Cela donne, en six mois d’exercice, l’image d’une présidence qui ne va nulle part et d’un président qui n’a que la prétention des bons instincts politiques que lui prêtent ses partisans.

31 juillet 2017



** Anthony Scaramucci au bureau Ovale de la Maison-Blanche avec le président Trump. Crédit de l'image: sa page Facebook.


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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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