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Une visite réussie à Washington pour Justin Trudeau

(French version only)
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Editor-in-chief, Tolerance.ca, Member of Tolerance.ca®

Le lundi 13 février, le premier ministre canadien Justin Trudeau a effectué sa première visite officielle aux États-Unis depuis l'élection du président Donald J. Trump. L'occasion pour lui de défendre les intérêts du pays et non de faire la morale au nouveau locataire de la Maison Blanche.

Plus la date de la visite du premier ministre Justin Trudeau à Donald J. Trump s’approchait, davantage l’inquiétude grandissait au pays. L’imprévisibilité du président américain, les visions opposées du monde des deux dirigeants et les enjeux économiques cruciaux pour les relations entre les deux pays y étaient pour beaucoup. C’est fait maintenant. M. Trudeau s’est envolé dans la matinée à destination de Washington.

Plusieurs rencontres au programme d’une visite réussie pour Justin Trudeau

À bord de l'avion de Justin Trudeau qui a décollé de l'aéroport international Macdonald-Cartier à Ottawa, il y avait sa chef de cabinet Katie Telford et les ministres Chrystia Freeland (Affaires étrangères), Harjit Sajjan (Défense), Ralph Goodale (Sécurité publique), Marc Garneau (Transports) et Bill Morneau (Finances).

Crédit de l’image: la page Facebook de Donald J. Trump.

Une fois arrivés à l'aéroport international Dulles, en Virginie, ils se sont rendu au 1600 Pennsylvania Avenue. Le président Trump attendait de pied ferme Justin Trudeau à l’extérieur de l’aile ouest de la Maison Blanche. Il l’a accueilli avec le sourire. Comme c'était leur première rencontre, les deux hommes n'étaient pas à l'aise. Ils se jauchaient. C’est la seconde visite sur les lieux pour M. Trudeau. Sa première était en mars 2016 quand Barack H. Obama l'avait invité.

Une fois à l’intérieur, les deux dirigeants se sont retrouvés en tête à tête au bureau Ovale. Nombre de médias et d’agences de presse étaient autorisés à s’y retrouver le temps de prendre des clichés de photos et d’immortaliser les poignées de mains des deux hommes, avant d’être invités à quitter les lieux pour les laisser discuter d’enjeux comme le commerce, la croissance, l’emploi, la classe moyenne, l’intégration économique des deux pays, les grands travaux d’infrastructures, la sécurité nationale. En évitant les sujets qui fâchent, dont les réfugiés, les deux hommes ont cherché à trouver un terrain d’entente grâce à la carte de l’économie et de la promotion de l’égalité des femmes dans le monde des entreprises.

Les deux dirigeants ont par la suite participé à une table ronde avec des femmes chefs d’entreprises des deux pays. Le thème: les femmes entrepreneures. La fille du président américain, Ivanka, était là elle aussi. Elle était assise à gauche du premier ministre et semblai ravie d’y être. Chacune des dix participantes a pris quelques minutes pour se présenter et parler de son entreprise. Le Canada était représenté par Monique Leroux, présidente du conseil d'administration d'Investissement Québec et ancienne présidente du Mouvement Desjardins, Julie Sweet, chef de direction de Accenture North America, Elyse Allan, présidente et chef de la direction de General Electric Canada, et la chef de direction de TransAlta Corp Dmentawn Farrell. Du côté américain, on peut citer, entre autres, le nom de la chef de direction de GM Mary Barra qui était représentée par Carol Stephenson.

L’hôte de la table ronde a rappelé encore une fois à qui l’aurait oublié qu’il avait embauché beaucoup de femmes à des postes de direction dans son empire, la Trump Organization. Justin Trudeau a pour sa part vanté les qualités et les mérites du leadership féminin dans le monde des affaires. Ils ont également abordé la question des obstacles systémiques rencontrés par les femmes dans le domaine des affaires et dans le milieu de travail.

Crédit de l’image: le compte Twitter du PMcanadien.

Les deux dirigeants ont saisi cette occasion pour faire l'annonce du lancement du Conseil canado-américain pour l'avancement des femmes entrepreneures et chefs d’entreprises. Il sera composé de dix femmes chefs d’entreprises, cinq canadiennes et cinq américaines. Les Canadiennes sont: Monique Leroux, Elyse Allan, Dawn Farrell, Linda Hasenfratz (Linamar Corp.) et Tina Lee (T&T Supermarket Inc.). Les membres américaines de ce conseil sont: Annette Verschuren (NRStor Inc.), Tamara Lundgren (Schnitzer Steel Industries, Inc.), Julie Sweet (Accenture) Mary T. Barra (General Motors) et Indra Nooyi (PepsiCo.).

Cette initiative a comme ambition de favoriser la croissance des entreprises détenues par des femmes chefs d’entreprises pour qu'elles contribuent à la croissance économique, à la concurrence et à l'intégration des deux économies. Ivanka devra y jouer un rôle clé. Son père y trouvera son compte avec sa réputation sulfureuse de misogyne depuis la dernière campagne électorale américaine et qui lui aliène une partie du peuple américain; sans parler du reste du monde. Cette rencontre a duré 35 minutes. Elle s’est déroulée autour de l’emblématique table du cabinet à l’aile ouest de la Maison Blanche.

Crédit de l’image: le compte Twitter d’Ivanka Trump.

Après cette table ronde, Ivanka Trump a publié un message sur Twitter avec une photo où on la voit assise dans le siège du président au bureau Ovale entre son père et le premier ministre Trudeau. Elle a écrit: ''Une bonne discussion avec deux dirigeants du monde à propos de l’importance d’avoir des femmes assises à la table!'' (''A great discussion with two world leaders about the importance of women having a seat at the table!''). Cette photo n’a pas fait que des heureux sur les réseaux sociaux.

Après la rencontre avec ces femmes d’affaires, M. Trudeau a été à un dîner offert à son honneur par son hôte. Juste après, les deux hommes ont tenu dans une Salle Est (East Room) bondée leur point de presse conjoint. C’était dans l’après-midi. S’il y avait autant de journalistes, c’était peut-être parce qu’ils s’attendaient à un choc entre deux dirigeants aux visions opposés sur des questions comme l’accueil des réfugiés syriens, l’un leur avait ouvert les bras il y a un an et l’autre y voit un cheval de Troie terroriste. L’un est libre-échangiste alors que l’autre est protectionniste. Mais, ils en étaient pour leurs frais. On dirait qu’ils avaient manqué la déclaration faite la veille par le premier ministre où il disait que les Canadiens ne s’attendaient pas de lui qu’il aille à Washington pour faire la leçon au gouvernement américain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le président américain a essayé de rassurer son visiteur à propos du volet canado-américain de l’accord de libre-échange entre son pays, le Canada et le Mexique (ALÉNA). Tout en promettant que la relation entre les deux pays sera ''vraiment bonne, meilleure même que tout ce qu’on a vu dans le passé,'' il lui a dit que ce qu’il recherche ce sont quelques ''ajustements mineurs'' à l’ALÉNA et ce ''pour le bénéfice des deux pays'' face au Mexique. Un voisin méridional des États-Unis vu par Donald J. Trump comme une menace à l’économie américaine et un abuseur de cet accord au détriment de son pays. ''La situation est beaucoup moins grave que ce qu'on a avec le Mexique. On veut rendre le commerce plus équitable avec le Mexique. La relation qu'on a avec le Canada est remarquable et on va continuer de l'améliorer,'' a déclaré le dirigeant américain.

Les deux dirigeants ont mis l’emphase sur la ''relation exceptionnelle'' qui unit les deux pays, grâce notamment à une relation commerciale bénéfique pour les deux alliés. Pour rappel, selon les chiffres du ministère de Freeland, plus de 400 000 personnes et 2,4 milliards de dollars en biens et services traversent la frontière chaque jour. Mentionnons aussi que, selon la même source, les échanges bilatéraux entre les deux pays ont totalisé plus de 885 milliards de dollars en 2015. Sans parler de ces millions d’emplois de qualité dans 35 États de l’Union qui dépendent de ces échanges. C’est dire les conséquences négatives qui résulteraient du changement des règles en vigueur.

Le même esprit d’entente de cette conférence de presse se retrouve dans la lettre du communiqué conjoint des deux dirigeants dévoilé rapidement et qu’on peut consulter notamment sur le site du premier ministre canadien. Les deux hommes ont mis l’accent sur ce qui rapproche leurs pays. Ils se sont également entendus pour stimuler la croissance économique des deux côtés de la frontière.

Après cette conférence, le premier ministre s’est rendu au Capitole pour rencontrer à tour de rôle le président de la Chambre des représentants, le républicain Paul Ryan, et le leader de la majorité républicaine au Sénat, Mitch McConnell.

 

Crédit de l’image: le compte Twitter de PMcanadien.

Ces deux rencontres ont été les deux dernières étapes de la première visite officielle de Justin Trudeau des États-Unis depuis l’élection de Donald J. Trump.

***

Justin Trudeau peut se dire mission accomplie. Il a réussi son premier contact avec le nouveau président américain. C’est très important pour la suite des choses. Il a également fait bonne impression à Washington. Aussi, avoir une alliée de taille au sein du cercle rapprochée de Donald J. Trump, c’est un coup génial. Avec Ivanka dans son camp, il peut faire entendre sa voix à travers celle qui murmure à l’oreille de son père. Cela dit, il reste beaucoup de travail à faire pour éviter au pays de faire les frais des ''ajustements mineurs'' du volet canado-américain de l’ALÉNA. Ne l’oublions pas: le diable se cache dans les détails. Sans oublier une possible taxe sur l’importation et des mesures protectionnistes que pourraient prendre Washington, ce qui heurterait l’économie canadienne de plein fouet.

13 février 2017



** La conférence de presse conjointe. Crédit de l'image: la page Facebook de Donald J. Trump.


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The Justin Trudeau Era
By Aziz Enhaili

Aziz Enhaili is an expert on the Middle East, of Islam and Foreign policy. He is a contributor on irregular basis to the ‘’Neighbouring countries’’ of the European Union, a unit of Europe2020, a groupe dedicated to prospective studies. He is... (Read next)

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