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Nations unies: Donald Trump pour un veto américain à une résolution anti-colonies israéliennes

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

L'Égypte est le premier État arabe à avoir signé un accord de paix avec Israël. Il constate que la colonisation des territoires palestiniens occupés est un obstacle à la conclusion d'un accord de paix entre les Palestiniens et l'État hébreu. Un statu quo intenable.

Le président désigné Donald Trump ne s’en est jamais caché. Il est un partisan inconditionnel de l’État d’Israël. La droite nationaliste et l’extrême droite ont bien accueilli son élection. Elles y ont vu un bon présage pour l’intérêt de leur pays et sa politique coloniale. D’ailleurs, après l’élection de l’Américain, le gouvernement de Benyamin Netanyahou a relancé un projet de construction de 500 logements à Jérusalem-Est.

Donald Trump ne veut pas de la résolution anti-colonies israéliennes

Malgré l’illégalité de son occupation des territoires palestiniens depuis la guerre des Six-Jours en juin 1967, Israël continue d’y construire de nouvelles colonies quand elle ne les élargit pas. Les négociations de paix devant en principe mener un jour à la création d’un État palestinien indépendant, souverain, viable et vivant en paix à côté de l’État hébreu (solution des deux États), n’ont jamais dissuadé aucun des gouvernements israéliens successifs, de gauche, de droite ou d’extrême droite, à mettre un terme, du moins freiner l’expansion des colonies de peuplement. Autrement dit, pendant que l’État hébreu négociait avec l’Autorité palestinienne les contours du futur État palestinien, il rendait pratiquement impossible sa création.

Pour donner une chance à la relance des négociations de paix entre les parties israélienne et palestinienne, de plus en plus de voix se sont élevées pour appeler Israël à mettre un terme à sa politique de colonisation des territoires palestiniens, du moins à la geler. En vain!

Le report répété du sommet international de Paris sur la relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens, à cause du refus de l’État hébreu d’y participer, est un signe supplémentaire de la mort clinique du processus d’Oslo. N’oublions pas que Benyamin Netanyahou a promis en campagne de tout faire s’il est reporté au pouvoir pour empêcher la création d’un État palestinien et qu’une partie au moins de son gouvernement aimerait annexer la totalité de la Cisjordanie.

Dans ce contexte de fin de facto du processus d’Oslo, le représentant de l’Égypte, un État allié d’Israël, a déposé, mercredi soir, un projet de résolution devant le bureau du Conseil de sécurité des Nations unies. Le Caire demande qu'Israël "cesse immédiatement et totalement toutes ses activités d'installation dans les territoires palestiniens occupés, y compris à Jérusalem-Est." Selon l’Égypte, ces colonies "mettent gravement en péril la viabilité de la solution à deux Etats" qui ferait coexister Israël avec un Etat palestinien.

Le projet égyptien exige donc l’arrêt immédiat et total de l'implantation de colonies israéliennes de peuplement en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est.

Le premier ministre israélien s’est servi de son compte Twitter pour demander au président Barack Obama que les États-Unis "mettent leur veto à la résolution anti-israélienne au Conseil de sécurité de l'ONU jeudi." Son ambassadeur aux Nations unies Danny Danone n’a pas mâché ses mots à ce propos. Il a, dans un communiqué, qualifié le projet de résolution de "partiale et anti-israélienne" et de "sommet de l'hypocrisie". Il a également estimé que son adoption "ne ferait que récompenser la politique palestinienne d'incitation (à la haine, ndlr) et de terrorisme."

Un membre de la coalition de droite dure et d’extrême droite de Benyamin Netanyahou, le ministre de la Sécurité intérieure Gilady Redan (Likoud), a fustigé le projet égyptien et l'a qualifié de "sommet de l’hypocrisie" (selon le site Wall). Une appréciation que ne partage nullement le chef du parti de gauche Métrez. Zenana Galon a non seulement salué le projet, mais y a vu une "bouée de sauvetage" pour les efforts de paix.

Le président désigné Donald Trump a pris acte de l’appel de Benyamin Netanyahou lancé à Barack Obama. Il a à son tour demandé au président sortant d’opposer un veto au projet de résolution égyptien. Dans un communiqué publié sur sa page Facebook, le Républicain a déclaré: "Comme les États-Unis le disent depuis longtemps, la paix entre les Israéliens et les Palestiniens ne peut venir que de négociations directes entre les parties, et non à travers des conditions imposées par les Nations unies." Et de conclure: "Il faut mettre un veto à la résolution étudiée au Conseil de sécurité des Nations unies."

***

Donald Trump n’a donc pas déçu les attentes de ses sympathisants en Israël. La question était de savoir si Barack Obama allait-il prêter une oreille attentive à l’appel de son successeur désigné ou au contraire il allait demander à sa représentante Samantha Power au Conseil de sécurité de l’ONU de s’abstenir de voter, donnant une chance au projet égyptien d’être adopté. Mais, coup de théâtre, le même pays qui avait hier présenté la proposition de résolution a demandé aujourd'hui aux quinze membres du Conseil de sécurité, à quelques heures seulement de leur réunion, de reporter le vote. Mais, ce désistement ne signe pas pour autant l'arrêt de mort de cette proposition de résolution. Le président égyptien Abdel Fattah El-Sissi a donc cédé aux fortes pressions de l'Américain Donald Trump et de l'Israélien Netanyahou. Son revirement soudain ne devrait pas redorer un blason déjà largement terni aux yeux des opinions publiques égyptienne et arabe.

22 décembre 2016



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Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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