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France: La victoire sans appel de François Fillon à la primaire de la droite

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Ce dimanche, la France avait rendez-vous avec le deuxième tour de la primaire de la droite et du centre. Mais, personne ne se faisait d’illusion sur l’issue de ce processus.

Le conservateur François Fillon (62 ans) était la grande surprise de la primaire de la droite et du centre de ce mois de novembre. On ne le voyait pas venir. On parlait de lui comme du quatrième homme. Mais, il s’est imposé. En trois mouvements. D’abord, il était considéré comme un outsider, quand on a lancé la primaire. Il est ensuite passé au statut de favori la semaine dernière quand il a vaincu ses six rivaux: l’ancien président Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Nathalie Kosciusko-Morizet, Jean-François Copé, Bruno Le Maire et Jean-Frédéric Poisson. Il est parvenu ce dimanche à venir à bout de son dernier rival encore debout, le maire de Bordeaux et ancien premier ministre de Jacques Chirac.

Une primaire sans surprise

Dimanche dernier, on voyait déjà se profiler à l'horizon ce qui allait se produire ce dimanche 27 novembre. L’importante avance de François Fillon et le ralliement, le même soir ou le lendemain, de la plupart de ses rivaux à sa campagne ne laissaient plus aucun doute sur l’issue du second tour du scrutin et donc sur l’identité du futur candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle d’avril 2017. C’est désormais chose faite.

La plus récente mise à jour des suffrages publiée sur le site de la primaire, au moment de mise en ligne de cette chronique, date de ce dimanche à 17h40 (heure française). Selon le dépouillement de 9972 bureaux sur 10229, 4 279 097 personnes ont voté. Ils étaient 4 127 383 électeurs à le faire il y a une semaine. La participation a donc augmenté en quelques jours. 12 664 électeurs ont pour leur part préféré voter blanc ou annuler leurs votes. Là, aussi, on constate l’augmentation du vote protestataire puisqu’ils étaient 9403 à le privilégier il y a une semaine.

L’augmentation du nombre des participants en quelques jours seulement et qui dépasse le scénario le plus optimiste de la haute autorité, qui était chargée de l’organisation de la primaire, dénote une certaine nervosité parmi, entre autres, des électeurs de gauche inquiets d’une présidence Fillon, un candidat qui a joué la carte de la droite dure durant cette campagne. En participant au vote, ils voulaient contribuer à l'empêcher d’écraser son rival, Alain Juppé (71 ans).

Visiblement, la mobilisation des anti-Fillon n’a pas suffi pour renverser la tendance constatée la semaine dernière. Sa base et ses réseaux ont eu raison de ses opposants. Le député de Paris et ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy a nettement battu le maire de Bordeaux. Il a réussi à séduire 2 837 455 votants (66.5%) contre 1 428 978 (33.5%) pour Alain Juppé. Il y a une semaine, MM. Fillon et Juppé avaient respectivement récolté 44,1% et 28,5% des suffrages. Ce dimanche, le député de Paris a récolté presque le double des voix de son rival. Il devient donc le futur candidat de la droite et du centre à l’élection présidentielle d’avril 2017.

***

La primaire de la droite et du centre est maintenant close. Ils peuvent désormais préparer leurs troupes en vue de chasser la gauche de l’Élysée et de Matignon le jour J. Celle-ci est pour le moment divisée. Plusieurs éléments le montrent. D’abord, l’idée d’une primaire de toute la gauche est désormais révolue. Le Parti de gauche, le Parti communiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) l'ont enterré. Une plus restreinte devait avoir lieu les 22 et 29 janvier prochain entre des représentants du Parti socialiste et de ses alliés (les Radicaux de gauche et écologistes en rupture de ban avec EELV), tous regroupés sous la bannière "La Belle alliance populaire." Mais, voilà, Sylvia Pinel a été hier désignée officiellement par son parti, le PRG, comme sa candidate à la prochaine élection présidentielle. Aussi, le premier ministre Emmanuel Valls a déclaré cette semaine réfléchir à l’éventualité de se présenter à cette primaire contre son président François Hollande. Avec cette dispersion des forces de la gauche et l'unité de la droite derrière son nouveau chef, la prochaine élection présidentielle promet de donner plus que des sueurs froides à la gauche en général et au Parti socialiste en particulier.

27 novembre 2016



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France 2017
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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