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Michelle Obama qualifiée de ''singe''

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

L’Amérique post-raciale, disaient les commentateurs américains au soir de l’élection du premier président noir de l’histoire de leur pays. Huit ans plus tard, elle reste une utopie. Les minorités raciales en savent quelque chose.

La campagne présidentielle américaine de cette année a été particulièrement sale. Les propos, entre autres, xénophobes du candidat républicain Donald J. Trump ont ouvert la boîte de Pandore. La parole raciste qui était encore reléguée à la marge du discours politique a retrouvé une place à son centre et s’est banalisée. C’est pourquoi nombre de politiciens (et de citoyens ordinaires) n’hésitent plus à les tenir, sans complexe, quitte à s’en excuser en cas de condamnations vigoureuses.

"Singe en talons"

Elle s’appelle Pamela Ramsey Taylor. C’est par elle que le scandale est arrivé. Sur sa page Facebook, on pouvait lire: "Ce sera rafraîchissant d'avoir une Première dame élégante, belle et pleine de dignité à la Maison Blanche. J'en ai marre de voir un singe à talons." Mme Taylor était au moment de la publication de ce message la directrice de la Clay County Development Corp., un organisme à but non lucratif qui reçoit des subsides de l’État de Viriginie occidentale et du gouvernement fédéral et offre en échange des services aux personnes âgées et aux démunis du comté. Elle a exprimé ici sa joie de voir le

candidat républicain Donald Trump devenir le 45e président des États-Unis et qualifié Michelle Obama, la première dame, épouse du président sortant et Afro-Américaine, de "Singe en talons."

Comme si cela n’était pas déjà très grave, Beverly Whaling en a rajouté. Elle s’est réjouie du message de son amie Pamela, avec ce commentaire: "Tu me fais plaisir, Pam" ("Just made my day Pam"). Mme Whaling est la mairesse de Clay, une petite commune de Virginie occidentale de 9244 habitants (selon le recensement de 2013).

Les messages des deux femmes sont rapidement devenus viraux et la Toile s’est emballée. Voyant la tempête se déchaîner, les deux amies ont supprimé leurs messages. Elles ont également nié qu’elles soient racistes et affirmé qu’elles ne cherchaient qu’à exprimer leur joie de l’élection du candidat républicain et de l’arrivée de sa famille à la Maison Blanche. Mais, elles ont senti la nécessaité de présenter leurs excuses à tous ceux et celles qui se seraient, selon elles, sentis blessés par leurs propos.

Mais, cela n’a pas suffi à calmer la colère et le dépit de tous ceux qui ont qualifié leurs commentaires de racistes.

Devant le tollé suscité par leurs propos controversés, Pamela Ramsey Taylor et Beverly Whaling devaient s’attendre à en payer le prix. Sauf si elles avaient mal évalué la situation. Le couperet est rapidement tombé. Elles ont perdu leurs postes.

Les édites et les habitants de Clay n’avaient pas besoin de ce scandale pour faire la Une des médias et le buzz sur la Toile en cette période de transition à la Maison Blanche. D’ailleurs, ils se sont défendu d’être des "racistes."

***

Qualifier les noirs de "singe" n’est pas quelque chose de nouveau pour la culture américaine. Déshumaniser les Afro-Américains de la sorte faisait déjà partie des moyens utilisés à l’époque de l’esclavage et de la ségrégation pour se donner bonne conscience et éviter de se poser les questions qui fâchent. Mais, le boumerang suscité par les propos des deux femmes de Clay est un bon signe. Il montre que ce genre de commentaires est rejeté par au moins une partie de la société américaine. Cela dit, il lui reste du chemin à faire avant de pouvoir rejeter pour de bon ce genre de stéréotypes dégradants pour une de ses minorités. Cela ne peut se produire sans agir sur la culture américaine. Une oeuvre qui est loin d'être aisée ou simple.

20 novembre 2016



** Le post scandaleux. Crédit de l'image: WSAZ3.


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Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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