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Colin Powell votera pour Hillary Clinton en novembre prochain

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Plus on se rapproche de la date fatidique du 8 novembre, plus les sondages se succèdent et annoncent pour la plupart la défaite de Donald Trump. Pour justifier ses retards derrière son adversaire démocrate, le candidat républicain parle d'un vaste complot ourdi par les médias et la machine démocrate pour lui voler sa ''victoire.'' Un argument qui est loin de convaincre en dehors de ses partisans purs et durs. Le ralliement de plusieurs figures de son propre parti à la candidature d'Hillary Clinton montre les limites de la nouvelle théorie de complot de l'équipe de campagne de M. Trump.

À 14 jours de l’élection présidentielle du 8 novembre prochain, le candidat Donald Trump n’arrive pas à unir les Républicains derrière lui. Son style narcissique et sa rhétorique agressive font peur aux Républicains modérés et aux indépendants. Ils lui ont aliéné, entre autres, plusieurs figures de l’establishment du GOP au point de les pousser à décider d’appuyer son adversaire démocrate. Du jamais vu!

Colin Powell rejoint les #NeverTrump

En juillet, Cleveland avait accueilli la Convention nationale des Républicains. Ils s’attendaient à voir le controversé magnat de l’immobilier devenir leur candidat officiel. Une issue qui n’enchantait pas tout le monde. D’où l’appel #NeverTrump lancé par les opposants à sa candidature. Mais, leur échec n’a pas empêché plusieurs membres de l’establishment du Parti républicain de se déclarer ouvertement hostiles à la candidature du New Yorkais quand ils ne l’ont pas, à l'instar de l'ancienne secrétaire d'État Condoleezza Rice, appelé purement et simplement à mettre un terme à sa campagne. Avec le succès que l’on sait…

Colin Powell est la dernière personnalité républicaine de premier plan à venir en renfort aux #NeverTrump.

Colin Powell est un général quatre étoiles. Il est à la retraite. Il était le conseiller à la sécurité nationale du président républicain Ronald Reagan, chef d’État-Major des armées sous le républicain George H.W. Bush et le démocrate Bill Clinton et secrétaire d’État du républicain George W. Bush. C’est également un des architectes de la guerre d’Irak de mars 2003. Pour convaincre les Américains d’accepter le projet néoconservateur d’envahir ce pays, il a mis à profit son prestige militaire. Fort de cet atout, il a présenté aux Nations unies les ''preuves'' des armes de destruction massive possédées alors par Saddam Hussein. Il a également accusé le maître de Bagdad de collaborer avec le réseau Al-Qaïda. Il reconnaîtra lui-même dix ans plus tard que c’était ''100% bullshit,'' pour reprendre ses propres termes fleuris. Autrement dit: il a menti, en connaissance de cause, à son pays et au reste du monde. Cet épisode a écorné son image aux yeux de plusieurs citoyens américains. Sans parler des désastres causés par cette guerre. L’invasion de l’Irak a causé la mort de plus d’un million d’Irakiens, détruit la fabrique irakienne, déstabilisé la région et créé le vide dont ont profité Al-Qaïda et le futur État islamique pour prendre de l’expansion.

Si cette guerre était à l’origine voulue, dès le début des années 1990, par ses promoteurs néoconservateurs du PNAC (Project for a New American Century) pour notamment renforcer la sécurité de l’État d’Israël, la neutralisation de l'Irak par les boy's de G.W. Bush a non seulement rendu un grand service à la République islamique d’Iran, mais également renforcé le pouvoir régional de ce régime islamiste hostile à Israël et aux États-Unis et qui n’hésite pas à se servir du terrorisme d’État ou de groupes supplétifs pour déstabiliser ses voisins et les affaiblir, dont nombre d’alliés des États-Unis. C'est dire le coût exhorbitant de cette aventure guerrière pour la sécurité des États-Unis et de nombre de leurs alliés dans la région.

Le mardi 25 octobre, M. Powell se trouvait à un événement à l’invitation de l’Association du Long Island. Un regroupement du milieu des affaires qui a fêté cette année son 90e anniversaire en présence du gratin politico-financier de New York. Il y était invité pour faire, devant 1000 politiciens et chefs d’entreprise du Long Island, un discours intitulé: ''L’avenir des États-Unis. Les principaux défis du prochain président de notre pays''. Il a mis à profit cette occasion pour annoncer qu’il votera, le 8 novembre prochain, pour la candidate démocrate.

Tout en faisant l’éloge des qualités d’Hillary Clinton en termes de tempérament, d'''endurance,'' de compétences et de longue expérience professionnelle, des qualités qui l’ont, selon lui, préparé à l'exercice de la fonction de commandant en chef des forces armées et de présidente des États-Unis, il a descendu en flammes un Donald Trump qui ne serait pas qualifié pour devenir le prochain chef de l'État. Il lui a reproché son manque d’expérience en termes d’affaires publiques et surtout son message négatif. À l’en croire, ce dernier ''insulte l'Amérique chaque jour ou presque.''

Colin Powell a donc fait son choix: il est #WithHer.

Sur son compte Twitter ‏(@HillaryClinton), la première concernée a rapidement salué la déclaration du général: ''Proud to have the endorsement of General Powell, a decorated soldier and distinguished statesman.'' Chose inhabituelle: le candidat républicain est demeuré à l’heure où nous mettons en ligne cette chronique silencieux comme une carpe. On se serait attendu de sa part, comme à son habitude, à ce qu’il dégaine et tire sur le général dénigreur. Peut-être que cette fois il a accepté d’écouter ses conseillers et rester sur le message du jour: éliminer l’Obamacare en cas d’élection. Un sujet auquel il a consacré plusieurs tweets hier et aujourd’hui.

***

Colin Powell n’est donc plus fâché contre Hillary Clinton. Peut-être son sens de la fidélité à une amitié vieille de plus de 20 ans et la crainte pour son pays que lui inspire un président Trump sont pour quelque chose dans sa décision. S’il est vrai qu’il avait, il y a quelques mois,  qualifié celui-ci de ''honte et de paria sur la scène internationale,'' il reste que voir une haute figure de l’establishment militaro-sécuritaire du Parti républicain apporter publiquement son soutien à l’élection de l’adversaire démocrate est une mauvaise nouvelle pour une campagne républicaine qui ne va nulle part et pour un Donald Trump qui a de plus en plus tendance à se réfugie dans un monde imaginaire. Une réaction qui en soi augure mal pour la suite des choses pour lui.

26 octobre 2016



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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