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Tension entre Donald Trump et David Cameron

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

La guerre des mots fait rage des deux côtés de l’Atlantique. Les élites britanniques de différents bords, conservateurs comme travaillistes, sont allées jusqu’à mettre en doute l’intelligence, du moins le savoir, du candidat présumé du Parti républicain à l’élection présidentielle de novembre prochain. Piquant au vif un Trump à l’égo démesuré.

Donald Trump est un richissime magnat de l’immobilier. Il cultive la controverse au service de son ambition politique nationale. Cela a bien servi sa campagne face à ses seize concurrents à l’investiture du Parti républicain. Devenant in fine de facto le candidat présumé de son parti.

Une déclaration ''clivante, stupide et fausse''

La déclaration en décembre dernier de Donald Trump d’interdire aux étrangers musulmans de fouler le sol américain n’est pas passée comme une lettre à la poste, entre autres, en Grande-Bretagne. Il ne fallait donc pas plus pour mettre le feu aux poudres.

Le premier ministre conservateur David Cameron n’a pas mâché ses mots, ni allé par quatre chemins. Il a, devant ses collègues à la chambre des Communes, qualifié la déclaration de l’homme d’affaires de ''stupide, clivante et fausse''. Et de mettre en garde l’intéressé: ''s’il venait dans notre pays, nous serions tous unis contre lui''. Faisant là écho de toutes ces voix hostiles à toute visite officielle de sa part dans leur pays. D’ailleurs, lors d’un débat, sans vote, sur une éventuelle interdiction de l'homme d'affaires d’accès au territoire britannique, plusieurs députés n’ont pas caché ce qu’ils pensaient de lui.

Dans une interview diffusée le lundi 16 mai par ITV, Donald Trump a pour sa part soufflé le chaud et le froid. Il a d’abord rejeté du revers de la main les critiques du locataire du 10 Downing Street. Pears Morgan l’a entendu lui dire, d’une part, qu’il n’était pas stupide: ''Je ne suis pas stupide, ok. Je peux vous l’assurer''. Il lui a, de l’autre, vanté ses mérites d’homme unificateur: ''Je suis un unificateur, contrairement à notre président actuel. Je suis un unificateur''. Il a donc insisté dessus comme si cela était suffisant pour le croire sur parole.

Il a ensuite mis en garde les Britanniques à l’effet qu’à cause de la déclaration de leur premier ministre, il risquait, s’il devenait président, de ne pas avoir une ''très bonne relation'' avec lui. Mais, pour faire beau jeu, il a déclaré: ''J'espère que j'aurai une bonne relation avec lui, mais il ne fait rien pour régler le problème de son côté''. Il faisait là référence au refus du dirigeant britannique de revenir sur sa déclaration ou de faire des excuses.

Comme si cela n’était pas déjà suffisant pour maintenir la tension entre les deux hommes, le controversé politicien américain a, le 20 mai, affirmé, à l’antenne du "Morning Joe" de la chaîne nationale MSNBC, avoir été invité par le premier ministre Cameron à lui rendre visiter dans sa résidence officielle. Ce qui a été rapidement démenti par le bureau de celui-ci (The Hill, May 20).

Même s’il n’est pas revenu sur ses propos concernant Donald Trump, M. Cameron a, le 22 mai, assuré, à l’antenne de la chaîne ITV, qu’il serait "très heureux" de l’accueillir au 10 Downing Street, si son parti l’investissait comme son candidat officiel à l’élection présidentielle de novembre prochain (AFP, 22 mai). Le même privilège serait également accordé au candidat(e) du Parti démocrate.

***

Le premier ministre Cameron ne devrait pas être enchanté de la prise de position de Donald Trump favorable à la sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (BREXIT). Il ne devrait pas non plus le rencontrer lors de sa visite de son pays, le 24 juin, au lendemain de ce référendum, pour inaugurer un golfe en Écosse. Mais, il sait désormais que l’Américain a d’ores et déjà la majorité requise pour être investi comme candidat officiel du Parti républicain. C’est pourquoi il devrait se préparer à l’accueillir dans sa résidence officielle, après la convention du vieux parti en juillet prochain, si évidemment le magnat de l’immobilier y tenait encore.

1 juin 2016



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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