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Le torchon brûle encore entre Donald Trump et le maire Sadiq Khan

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le républicain controversé Donald Trump et le nouveau maire de Londres, Sadiq Khan, se livrent à une guerre de mots. Leur duel, par médias interposés, est loin d’être épuisé.

Tout sépare le milliardaire Donald Trump du nouveau maire de Londres, Sadiq Khan. Le premier a misé sur des leviers comme la division, l’isolationnisme, la peur, la haine, la violence, la calomnie, le sexisme, etc. Une politique de division qui lui a permis d’éliminer de la course, l'un après l'autre, ses seize adversaires républicains et de s’imposer in fine comme le candidat présumé du parti conservateur. Les membres de minorités culturelles, musulmanes en tête, font partie des cibles de cette politique cynique. Le maire de Londres a pour sa part tablé sur une politique d’ouverture. C’est cette approche positive qui lui a permis de défaire la campagne de division et de peur du conservateur Zac Goldsmith.

Faire le jeu des groupes extrémistes

Le candidat Trump a déclaré son intention de bannir l’entrée des étrangers musulmans aux États-Unis. Une déclaration qui lui a attiré les foudres dans son pays et aux quatre coins du monde. Prenant acte de la déclaration islamophobe du républicain, Sadiq Khan l’a qualifié d’"ignorant" (de l’islam) et son propos de dangereux pour la sécurité nationale des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Des propos qui ont heurté la sensibilité de celui qui s’est fait une spécialité de l’insulte, de la calomnie et de l’attaque personnelle contre tous ceux qui osent lui résister. Même un ancien candidat républicain à l’élection présidentielle et ancien prisonnier de guerre (le sénateur John McCain) n’y a pas échappé: "J’aime bien (les soldats) qui ne se font pas capturer".

À l’antenne de l’émission Good Morning Britain diffusée le 16 mai à ITV, Donald Trump a saisi l’occasion de son entretien avec Piers Morgan pour se vider le cœur, entre autres, à propos du nouveau maire de Londres. Il a d’un côté qualifié sa "déclaration (de) très impolie (…)". Il l’a de l’autre traité d’"ignorant" pour l’avoir critiqué: "C’est lui qui ne connaît rien". "Il ne me connaît pas, ne m'a jamais rencontré, (et donc) il ne sait pas qui je suis". Il lui a par la même occasion lancé le défi de passer un test d’intelligence (IQ test); une façon de mettre en doute son intelligence. Pour enfoncer le clou, il a lancé cette mise en garde: "dites-lui que je me souviendrai de ces déclarations. Ce sont des propos très désagréables".

Les réactions du magnat de l’immobilier montrent que les propos de M. Khan l'ont heurté et contrarié au point de perdre son sang-froid et d'être en colère.

Alors que le candidat présumé de Parti républicain crie sous tous les toits combien il est "rassembleur", le maire de Londres y voit un homme qui sème la division et dont les idées sont dangereuses non seulement pour la sécurité nationale de son pays, mais également pour celle de la Grande-Bretagne. Comment? En alimentant la propagande de groupes extrémistes, État islamique en tête.

Pour montrer qu’il est ouvert d'esprit et bon joueur, M. Khan a mis à profit son intervention à l’antenne de l’émission Good Morning Britain pour inviter M. Trump à le visiter à Londres pour lui présenter les membres de sa famille, son épouse Saadiya et ses deux filles, Anisah et Ammarah, ses amis et voisins. Histoire de voir de visu la vie quotidienne d’une famille musulmane moyenne, la diversité culturelle, religieuse et ethnique des Londoniens et le respect qu’ils ont les uns pour les autres. Une pédagogie par l'exemple pour essayer de faire revenir l'Américain sur sa déclaration controversée. 
***

Les parcours des deux hommes politiques sont contrastés. Pour arriver là où il se trouve actuellement, Donald Trump s'est servi, de manière cynique et sans la moindre hésitation, de différents registres de la politique de division. Avec le succès que l'on sait pour cet homme du passé qui porte la voix de ces Américains blancs, désespérés et en colère contre l'establishment dominant. De son côté, Sadiq Khan s'est hissé à la tête de la plus importante ville britannique parce que sa politique d'ouverture et son message positif ont touché et donc séduit différents groupes ethniques confiants en leurs capacités et avenir ensemble.

1 juin 2016



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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