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Islam: Le maire de Londres Sadiq Khan et la "faveur" de Donald Trump

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Donald Trump se sert dans sa campagne de la peur. Il exploite de manière cynique et machiavélique la colère d’une partie de la majorité blanche, insatisfaite du bilan économique de Barack Obama et inquiète pour son avenir dans un monde globalisé, pour attiser la haine en son sein contre des minorités accusées d’être responsables de tous les maux ou presque. Outre-Atlantique, au bord de la Tamise, l’ambiance est autre. La campagne positive de Sadeq Khan lui a permis de vaincre la stratégie à la sauce Trump du conservateur Zac Goldsmith.

Au fil des primaires, Donald Trump a réussi, petit à petit, à pousser, l’un après l’autre, ses seize adversaires conservateurs à quitter la course. Il est désormais le candidat présumé du Parti républicain à l’élection présidentielle du 8 novembre prochain. Durant cette campagne, il n'a pas caché son islamophobie. À ce propos, il a multiplié les déclarations controversées. S’attirant les faveurs de milieux islamophobes et cultivant par la même occasion l’anxiété des Américains musulmans.

Donald Trump ''l’ignorant''

Après son élection le 5 mai comme nouveau maire de Londres, Sadiq Khan (45 ans) a déclaré au journaliste Mark Leftly du magazine Time (10 mai) qu’il ne pourrait se rendre aux États-Unis si d’aventure Donald Trump en devenait le nouveau président. Il faisait là allusion à la déclaration faite en décembre dernier par le magnat de l’immobilier et mainte fois répétée depuis et qui voudrait, une fois devenu président, empêcher tout étranger musulman de fouler le sol américain. Les seules exceptions à cette mesure radicale et non-diplomatique seraient, selon lui, les chefs d'État et les participants à des compétitions sportives. Cette position n’est pas passé inaperçue. Elle a d’ailleurs suscité un tollé aux États-Unis et dans le reste du monde.

Pour M. Trump, cette interdiction devrait servir à lutter contre le terrorisme. À ses yeux, les musulmans sont suspects et cultivent la haine pour son pays. "Jusqu'à ce que nous soyons en mesure de comprendre ce problème et la dangereuse menace qu'il représente, notre pays ne peut être victime d'horribles attaques par des gens qui ne croient qu'au jihad, et n'ont aucun sentiment de raison ou de respect pour la vie humaine", a-t-il affirmé, sans sourciller, en communiqué de presse.

Suite aux propos du maire de Londres rapportés par Time, Donald Trump a déclaré au New York Times: "Il y aurait toujours des exceptions" et qu’il serait donc prêt à lui accorder un traitement de faveur. Une offre qualifiée de "ridicule" avant d’être rejetée par le premier concerné lors d’une entrevue accordée à la journaliste Christiane Amanpour (CNN, 11 mai).

Le nouveau maire de Londres estime que Donald Trump ignore ce qu’est l’islam (CNN, 11 mai). À son avis, cette vision se nourrit de l’ignorance et représente un grand risque pour la sécurité des États-Unis et celle de son propre pays. Comment? L’aliénation des musulmans modérés en Occident et un peu partout à travers le monde serait le meilleur cadeau à offrir aux extrémistes puisqu’elle pourrait renforcer leur mainmise et rendre moins sûre la sécurité des deux grands alliés occidentaux.

Contrairement à un Donald Trump nourri aux clichés culturels éculés d’un islam qui serait incompatible avec les valeurs libérales de l’Occident, l’enfant d’immigrants pakistanais et avocat des droits humains a affirmé que lui-même, un musulman, et son élection franche sont l'illustration du contraire et le meilleur antidote à la propagande jihadiste qui cible les jeunes occidentaux. Pour être un peu plus clair et rassurer les conservateurs américains (et les Occidentaux en général), il a affirmé que: "c'est possible d’être musulman et de vivre en Occident. Il est possible d’être musulman et d’aimer les États-Unis".

***

Le dirigeant travailliste n’a donc pas attendu longtemps avant de livrer le fond de sa pensée à propos des idées controversées du républicain Trump. Il y voit le contraire de l'image ouverte qu'il se fait des États-Unis et qu’il dit aimer tant. Mais, il essaye de se rassurer à l'idée qu'il ne sera pas élu en novembre prochain (il ne le souhaite pas, en fait). De son côté, le sénateur Bernie Sanders ne devrait pas apprécier le fait que M. Khan soutienne ouvertement la candidature et l'investiture de sa rivale Hillary Clinton à son détriment.

12 mai 2016



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USA 2016
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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