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Nouvelle tension diplomatique entre Israël et la Suède

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

À cause de l'échec d'un processus de paix israélo-palestinien en état de mort clinique depuis plusieurs années, les pays de l'Union européenne cachent de moins en moins leur exaspération. Dans ce contexte, les tensions entre la Suède et l'État hébreu ont tendance à se multiplier.

Le torchon continue de brûler entre Israël et la Suède. Le premier n’a pas apprécié de voir le pays scandinave reconnaître l’État de Palestine. La nouvelle sortie de sa ministre des affaires étrangères n’est pas de nature à apaiser les tensions avec l’État hébreu.

Attaques palestiniennes et exécutions extrajudiciaires israéliennes

Le vendredi 4 décembre, devant les membres du parlement de son pays, la ministre suédoise des affaires étrangères a condamné les attaques palestiniennes menées depuis quelques semaines contre des Israéliens aux couteaux ou à la voiture-bélier. Bien qu’elle reconnaît à Israël le droit à l’autodéfense et donc à la protection de la sécurité de ses ressortissants, Margot Wallström a estimé que ce pays n’a pas à recourir aux "exécutions extrajudiciaires" ou à un usage "disproportionné" de la force à l’encontre des Palestiniens impliqués dans ces attaques.

Cette double accusation a provoqué l’ire des autorités israéliennes.

Le porte-parole du ministère israélien des affaires étrangères, Emmanuel Nahshon, a qualifié la déclaration de la Suédoise de "scandaleuse, fallacieuse, impertinente et détachée de la réalité". Pour la faire sentir coupable, il est allé jusqu’à déclarer que le "terrorisme (…) est soutenu par les déclarations fausses et irresponsables (du même) genre" (AFP, 5 décembre). L’ambassadeur israélien à Stockholm, Isaac Bachman, a lui aussi mis son grain de sel dans cette controverse. Il a vanté les "standards moraux (élevés) de son pays dans le domaine de la lutte contre le terrorisme" et ses "succès" en termes "d’évitement des pertes civiles". Pour enfoncer le clou, sur le mode de culpabilisation de la ministre Wallström, il n’a pas hésité à déclarer que "au lieu de mettre l’accent sur le moyen auquel recourt les victimes (israéliennes) pour se défendre contre le terrorisme, il vaudrait mieux condamner le terrorisme et agir pour contrer les terroristes, leurs bailleurs de fonds et ceux qui les incitent à commettre leurs actes" (Voir ces extraits dans Haaretz, 4 décembre).

Comme si ces réactions n’étaient pas déjà suffisantes, le premier ministre et détenteur du portefeuille de la diplomatie israélienne s’est, le 6 décembre, entretenu avec son homologue suédois, Stefan Löfven. Il a, à cette occasion, dénoncé lui aussi la déclaration de la chef de la diplomatie suédoise.

Pour calmer le jeu avec Israël, le département de Mme Wallström a publié un communiqué dans lequel on peut lire, à titre d’exemple, ce qui suit: "Le ministre des Affaires étrangères n’a jamais dit qu’Israël mène des exécutions extrajudiciaires" (sic)! Elle a tout au plus, selon les termes du même communiqué, "fait une déclaration générale sur le droit international et le droit à la légitime défense, et l’importance de la proportionnalité et de la sagesse. Elle faisait allusion aux deux côtés". 

Pour rassurer encore davantage les Israéliens, le premier ministre suédois et sa ministre ont fait une déclaration conjointe où on peut lire que les propos de cette dernière ont été déformés. L’occasion aussi pour eux d’appeler à passer à autre chose puisque "la situation au Moyen-Orient est déjà assez difficile sans avoir à être encombré par des malentendus sur les intentions de personne". Autrement dit: pas besoin de jeter d’avantage d’huile sur un feu déjà allumé dans cette région.

***

Comme on vient de le voir, la nouvelle sortie publique de la chef de la diplomatie suédoise a provoqué l’ire des autorités israéliennes. Elle s’ajoute à des épisodes précédents. Elle va, à coup sûr, alimenter la tension entre les deux pays. Mais, Israël n'est pas le seul État à faire les frais d'une diplomatie scandinave où la question des droits humains est prise en considération. L'Arabie saoudite en sait elle aussi quelque chose...

7 décembre 2015



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La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef de Tolerance.ca
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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