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Thomas Mulcair veut conquérir l’Ontario

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

La campagne électorale fédérale est entrée dans sa dernière phase. Les sondages se suivent et dressent depuis les deux dernières semaines un portrait peu rassurant pour les troupes néodémocrates. Il reste donc peu de temps devant leur chef Mulcair pour essayer de redonner de l'élan à la campagne néodémocrate. D'où le besoin de séduire une importante province comme l'Ontario.

L’Ontario représente à elle seule plus du tiers des sièges à la chambre des Communes, soit 121 des 338 sièges. C’est dire son importance pour les chefs des trois principaux partis aspirant à gouverner le pays au lendemain du 19 octobre. D’où la présence ce dimanche du chef néodémocrate dans le sud-ouest de cette province.

''Arrêter Harper''

Dans le cadre de la campagne électorale en cours, Thomas Mulcair a fait une tournée dans le sud de la province de la libérale Kathleen Wynne. Cette visite a débuté à Brantford et l'a mené dans cinq autres villes: Waterloo, Stratford, London, Sarnia et Essex.

A Brantford, des dizaines de partisans ont accueilli M. Mulcair. Sur les pancartes, on pouvait lire le slogan: ''Arrêter Harper''. Il était accompagné de Marc Laferriere, son candidat dans la circonscription Brantford-Brant. Pour humaniser davantage son image, l’une de ses sœurs était également du voyage. Elle a pris la parole pour dire de son frère que c’est son ''héros''. À Waterloo, il était accompagné de sa candidate et trois fois conseillère municipale Diane Freeman. Le NPD a évalué le nombre des partisans qui ont accueilli M. Mulcair à Stratford à cinq cent personnes.

Le choix de ces villes n’est pas dû au hasard. Elles sont situées dans des circonscriptions détenues par des conservateurs et que les néodémocrates aimeraient leur ravir. En s’en prenant à l’accord de Partenariat transpacifique (PTP), le chef néodémocrate a cherché à s’attirer les faveurs, entre autres, des producteurs laitiers et des entrepreneurs et travailleurs du secteur automobile qui sont nombreux à  vivre dans cette partie de l'Ontario. Ces derniers sont très inquiets de faire éventuellement les frais de cet accord commercial négocié à Atlanta, en Géorgie, derrière des portes closes, par le gouvernement Harper et les représentants d’onze pays: États-Unis, Mexique, Chili, Pérou. Australie, Nouvelle-Zélande, Malaisie, Brunei, Singapour et Viêt Nam.

Thomas Mulcair a accusé son adversaire Stephen Harper de négocier ''en catimini'' un accord qui va, selon lui, brader les fermes familiales du pays et les emplois bien rémunérés du secteur manufacturier. Il a lancé sur un ton ferme à l’adresse du premier ministre sortant: ''Les fermes familiales qui sont là depuis des générations, voire des siècles, ont droit à un système de gestion de l'offre qui protège l'avenir de ces fermes et le gagne-pain de ces familles. C'est de ça qu'il s'agit, M. Harper, de familles à travers le Canada''.

Le chef néodémocrate a affirmé que seul son parti se tient debout pour faire face aux conservateurs et défendre les intérêts de la population face au PTP. Il est allé jusqu’à menacer de déchirer un tel accord et de préciser au passage ne pas se sentir ''lié'' par ses termes: ''Si nous sommes élus le 19 octobre, nous ne serons pas liés à une entente secrète négociée par M. Harper''.

Des engagements qui n’ont pas dû déplaire à cette partie des Ontariens et Québécois inquiets de cet accord commercial d’importance.

***

À deux semaines du jour du scrutin, la campagne de Thomas Mulcair continue d'avoir du plomb dans l'aile. Plusieurs sondages ont déjà mesuré l'effritement des appuis de son parti parmi l'électorat. Son message ce dimanche atteindrait-il le but recherché, à savoir de contribuer à inverser une tendance défavorble et donc à redonner de l'élan à sa campagne? Un prochain Nanos pourrait nous apporter des indications à ce propos.

4 octobre 2015



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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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