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Le crédit d’impôt permanent à la rénovation domiciliaire de Stephen Harper

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le premier ministre sortant sait qu'il ne pourra gouverner le pays de nouveau sans l'appui d'une partie au moins de la classe moyenne. Les autres chefs de partis savent eux aussi que c'est elle qui, plus que toute autre classe sociale, détient la clé du 24 Sussex. D'où toutes ces promesses faites par Stephen Harper et les autres chefs pour la séduire. 

La campagne électorale ressemble aux fêtes de Noël. Pendant cette période, il arrive souvent aux électeurs de se demander qui des candidats va faire plus de promesses que les autres. Même un candidat important comme le premier ministre sortant n'a pas pu résister à cette tentation. Il a, dès la troisième journée de campagne, fait sa seconde promesse économique.

Un crédit d'impôt à la rénovation domiciliaire

Stephen Harper se trouvait à Toronto, au district de North York, dans la circonscription de son ministre des finances Joe Oliver, le mardi 4 août, quand il a fait sa seconde promesse électorale d’ordre économique. La veille, il avait promis de bonifier le crédit d’impôt pour la création d’emplois d’apprentis s’il était réélu. Au moment de faire cette promesse, il se trouvait dans une usine de Spectra Premium, une compagnie de fabrication et de distribution de pièces d’automobile de la région de Montréal.

À Toronto, il a promis aux Canadiens, en cas de sa réélection, de rendre permanent un crédit d’impôt à la rénovation domiciliaire de 15%. Si elle entrait en vigueur, cette promesse permettrait à une famille moyenne de recevoir, chaque année, un crédit d’impôt de 1000 à 5000 dollars, soit un gain maximal de 750$ pour les contribuables qui voudraient rénover leur résidence principale ou secondaire.

Selon un communiqué publié sur le site du parti de M. Harper, ce crédit représente trois avantages. D’abord, le maintien et l’augmentation de la valeur d’une maison. Ensuite, l’amélioration de la qualité de vie de la famille canadienne moyenne. Enfin, faire d’avantage d’économie. Cette promesse s’inscrit dans la vision conservatrice qui veut que c’est le contribuable et non le gouvernement qui est le mieux placé pour savoir ce dont il a besoin.

Le chef conservateur a déclaré, à Toronto, que ce crédit d’impôt serait dans l’intérêt des propriétaires de maisons et du secteur privé: "ce crédit d’impôt permettra la création d’emplois, des emplois de qualité et bien payés, et aidera les commerçants". Cette promesse rappelle la mesure temporaire adoptée en 2009 par son gouvernement pour stimuler l’économie canadienne au moment où le monde traversait une grave crise financière. Selon M. Harper, cette politique a profité à plus de trois millions de Canadiens.

Selon les estimations des conservateurs, si elle entrait en vigueur, cette promesse coûterait chaque année aux contribuables la coquette somme d’un milliard et demi de dollars. Mais, n’allons pas trop vite en besogne. Si elle était adoptée, il faudrait attendre jusqu’au prochain mi-mandat, soit en 2016-2017, et à condition que l’état financier du gouvernement le permette, pour pouvoir la mettre en place: "Nous nous assurerons qu’une telle mesure serait possible et soutenable avant de la mettre en place", a déclaré M. Harper en point de presse. Mais, avec la récession actuelle, le prochain gouvernement pourrait-il vraiment se permettre l’adoption d’une telle promesse? Le doute est permis.

Le chef néodémocrate Thomas Mulcair s’est quant à lui montré sceptique à propos de cette promesse. Il a reproché au premier ministre sortant le fait d’avoir supprimé en mars 2012 le programme de crédit d’impôt à la rénovation domiciliaire dit ÉcoÉnergie Rénovation-Maison. Il s’agit d’une politique lancée en avril 2007. Elle offrait des subventions pouvant atteindre 5000 dollars. Elle permettait à un propriétaire d’une maison d’accroître son efficacité énergétique et en prime de réduire le coût de la facture énergétique du ménage.

***

Stephen Harper a donc, le mardi 4 août, ajouté une nouvelle promesse électorale à celle de la veille au niveau économique. Avec un chef libéral qui se veut le champion de la classe moyenne, cette promesse est destinée à le concurrencer sur ce terrain. Mais, qu'en pense cette partie de l'électorat?

8 août 2015



** Stephen Harper au district de North York à Toronto au troisième jour de la campagne. Crédit de l'image: sa page Facebook.


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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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