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Pas d’État palestinien pour le candidat Benyamin Netanyahou

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

La veille du déclenchement des élections générales, Benyamin Netanyahou était largement perçu comme le favori du scrutin législatif du 17 mars. C'est de moins en moins vrai, entre autres, à cause des progrès dans les intentions de vote du parti d’extrême droite ''Foyer juif'' de Naftali Bennett. Une situation susceptible de favoriser des dérapages et de pousser le chef du parti Likoud à faire dans la surenchère électoraliste.

Dans une semaine, les Israéliens iront dans les bureaux de vote pour choisir leur prochain gouvernement. Benyamin Netanyahou (1949-) cherche à conserver son poste de premier ministre pour un quatrième mandat. Pour y arriver, il tente de rassurer son électorat de droite nationaliste et de séduire les partisans de la ligne dure vis-à-vis des Palestiniens, dont les colons en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Comment? À l’aide notamment d’une rhétorique musclée face à l’Iran et aux Palestiniens.

Pas de retrait des territoires palestiniens occupés

Dans un communiqué du Likoud, on peut lire: "Au Moyen-Orient, la situation est telle que chaque territoire qui est abandonné par Israël va être directement investi par des forces islamistes radicales et des organisations terroristes soutenues par l'Iran" (Associated Press, 8 mars 2015). Ici, sans les nommer, le parti de droite nationaliste vise le Hamas et le Jihad islamique. Pour être plus explicite, on précise: "Il n'y aura pas de retrait (de Cisjordanie ou de Jérusalem-Est, ndlr) ou de concession (à l’Autorité palestinienne, ndlr). Cela est tout simplement hors de propos" (Idem).

Le candidat Benyamin Netanyahou s’est donc engagé devant les courants de droite nationaliste et d’extrême droite de son pays à garder le statu quo territorial actuel. S’il est réélu, les colons en Cisjordanie, à Jérusalem-Est et sur les hauteurs du Golan syrien devraient rester là où ils sont puisque son gouvernement ne démantèlerait pas leurs habitations. Un engagement censé empêcher le parti d’extrême droite ''Foyer juif'' de Naftali Bennett de gruger encore plus de voix parmi les colons en raison de son rejet catégorique de la solution des deux États.

La déclaration à saveur électoraliste de M. Netanyahou heurte de plein fouet les efforts déployés depuis plusieurs années par la "communauté internationale" en vue de la reprise des négociations entre Israël et l’Autorité palestinienne et leur conclusion d’un accord de paix global et définitif. Une telle entente est censée accoucher d’un État palestinien souverain, viable et vivant en paix et en sécurité avec son voisin hébreu. Cette déclaration va également à l’encontre du discours prononcé juste après son retour au pouvoir en 2009 par un premier ministre qui approuvait devant son auditoire conservateur de l’Université Bar-Ilan l’idée des deux États.

La direction palestinienne n’a pas été réellement surprise par la déclaration du Likoud. Pour son négociateur en chef Saeb Erekat, le contexte régional sert maintenant de justification au maintien de l’occupation et révèle "la politique réelle de Benyamin Netanyahou", un dirigeant qui, à ses yeux, "n’a jamais été un homme de la solution des deux États".

Pour montrer le désaveu américain de la déclaration du parti de Benyamin Netanyahou, le porte-parole du département d’État a déclaré que Washington s’attend à ce que le "prochain cabinet israélien s’engage en faveur de la solution des deux États" (Hareetz, 9 mars 2015).

***

À la lumière du communiqué du Likoud, on peut d'ores et déjà estimer que la fin de l'occupation des territoires arabes par Israël et la naissance d'un État palestinien dans un délai proche ne seront pas en tête des priorités de l'agenda de son chef s'il conserve son poste de premier ministre. Ceci représente en soi un camouflet pour les efforts déployés par le président Obama et son secrétaire d'État Kerry pour ramener les parties israélienne et palestinienne autour de la table des négociations. Une perspective qui promet, d'une part, d'alimenter la tension entre les gouvernements américain et israélien et, d'autre part, de renforcer la position, parmi les Palestiniens, des courants comme le Hamas au détriment du Fatah du président de l'Autorité palestinienne. Du pain béni pour l'Iran...

11 mars 2015



* B. Netanyahou en campagne. Crédit de l'image: la page Facebook du chef du Likoud.


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La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef de Tolerance.ca
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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