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Malala Yousafzai fait don de son prix à la reconstruction des écoles de Gaza

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Plusieurs sociétés ont pris l’habitude de voir dans les enfants des sujets passifs de leur histoire. Des pans entiers de l’éducation et de la culture ont d’ailleurs comme rôle d’ancrer cette habitude dans les jeunes esprits au point de vouloir en faire un réflexe. Mais, la prise de parole par un enfant est susceptible de lui faire prendre conscience de son pouvoir et ainsi de le transformer profondément au point d’en faire un acteur de changement social.

Les dix-sept ans de Malala Yousafzai ne l’ont pas empêché de devenir une icône mondiale. Sa lutte pour l’éducation des jeunes filles dans la Vallée de Swat au Pakistan a failli lui coûter la vie. Elle symbolise à la fois la lutte contre l’extrémisme et l’engagement en faveur de l’accès à l’éducation des enfants en général et des jeunes filles en particulier dans son pays et à travers le monde. Cette lauréate du Prix Nobel de la paix pour l’année 2014 a reçu plusieurs distinctions internationales. La dernière en date est le prestigieux Prix des Enfants du monde (le World’s Children’s Prize for the rights of the child).

Après le Prix Nobel de la paix, place au Prix Nobel des enfants

Comme l’indique le site web de l’organisme fondé en 2000 et qui le décerne (http://worldschildrensprize.org), le "Prix des Enfants du monde" a comme vocation de "contribuer à un monde plus humain dans le respect des droits des enfants". C’est un important programme destiné à la formation des jeunes à des thèmes comme "les droits de l’enfant, la démocratie, l’environnement et l’amitié universelle". Depuis 2000, 36,4 millions d'enfants ont bénéficié de cette formation. Son siège social est situé à Mariefred, au sud de la capitale de Suède. Ce réseau regroupe 59.748 écoles, soit 29,3 millions d’élèves. Ces écoles dites ''Amies Universelles'' sont réparties dans 110 pays à travers le monde.

C’est à ces enfants que revient chaque année, après les sessions de leur formation, le choix de l’heureux (ou des heureux) récipiendaire(s) du Prix des enfants du monde (PEdM) en fonction d’actions exceptionnelles en faveur des droits des enfants.

Cette année encore, en date du 28 octobre, ces millions d’enfants ont voté pour choisir le récipiendaire de leur prix, une distinction prestigieuse souvent qualifiée par les médias de Prix Nobel des enfants.

C'est au Prix Nobel de la paix 2014 Malala Yousufzai et à deux autres personnes, John Wood et Indira Ranamagar, qu'est revenu le PEdM de cette année. L’Américain Wood a été récompensé pour son engagement de 15 ans en faveur du droit des enfants à l’éducation. La Népalaise Ranamagar l’a été pour sa lutte durant 20 ans en faveur des enfants détenus au Népal. Malala Yousufzai l’a été dans son cas pour son combat courageux en faveur du droit des filles à l’éducation. Les trois nouveaux élus se sont ajoutés à une liste déjà riche des noms de 39 prédécesseurs.

Comme l’indique un communiqué de presse de l’organisme qui accorde ce prix, c’est la première fois qu’une même personne est lauréate la même année du Prix Nobel de la paix et du Prix des enfants du monde. Même une personnalité de la trempe de Nelson Mandela avait dû attendre douze années d’intervalle pour obtenir enfin la consécration des enfants du monde.

Un don de 50 000 dollars pour la reconstruction des écoles de Gaza

Une fois à Mariefred pour la remise de sa nouvelle distinction prestigieuse, le Prix Nobel Malala a prononcé un discours remarqué devant un public visiblement conquis d’avance. Et pour cause!

L’adolescente pakistanaise s’est montrée sensible au sort des enfants palestiniens: "d’innocents enfants palestiniens souffrent de manière terrible et depuis longtemps" du conflit avec Israël. C’est pourquoi "nous devons tous travailler pour s'assurer que les garçons et les filles palestiniens, et tous les enfants partout dans le monde, reçoivent un enseignement de qualité dans un environnement sûr, car sans enseignement, il n'y aura jamais la paix".

À cette occasion, elle a annoncé son intention de reverser la totalité du montant de sa récompense, soit 50 000 dollars, à l’UNRWA (l’Agence de l’ONU qui vient en aide aux réfugiés palestiniens) pour aider à la reconstruction de 65 écoles de la bande de Gaza détruites par l’armée israélienne lors du conflit de l’été. Pour rappel, ce conflit a, entre autres, causé la mort de 2100 palestiniens, des civils pour la plupart (dont plus de 500 enfants), et de 74 israéliens, des militaires pour la plupart.

Elle a également déclaré que: "Cet argent va être consacré dans sa totalité à la reconstruction d'écoles pour les enfants à Gaza, je pense que cela va assurément aider ces enfants à poursuivre leur scolarité, à obtenir un enseignement de qualité".

Le commissaire général de l’UNRWA Pierre Krähenbühl, s’est réjoui de l’annonce de Malala Yousufzai et l’a chaleureusement remercié dans un communiqué de presse.

***

L'histoire de Malala Yousufzai est celle d'une petite fille qui a pris la parole et réalisé par la même occasion combien une telle initiative peut changer une vie et en faire un acteur de changement non seulement dans son pays, mais également à travers le monde. C'est ce potentiel de transformation sociale et culturelle porté par la prise de parole qui explique le fait qu'elle se trouve cette fois, une fois de plus, parmi des personnalités internationales, dont Nelson Mandela. C'est cette même démarche qui pourrait inciter d'autres, enfants ou adultes, à prendre exemple sur elle, prendre la parole en faveur d'une cause juste de leur choix et devenir ainsi des acteurs du changement. Tout un casse-tête en perspective pour les ennemis du changement.

3 novembre 2014



* Discours de Malala Yousufzai au World’s Children’s Prize for the rights of the child / http://worldschildrensprize.org


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La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef de Tolerance.ca
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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