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Charte des valeurs. Ce qu’on n’ose pas dire sur le port du voile

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Je veux vous raconter quelques événements dont j'ai été personnellement témoin en ce qui touche les demandes d'accommodements de certains membres de la communauté arabo-musulmane. Et ce dans le cadre des fonctions que j'ai occupées au sein de la direction de plusieurs écoles de Montréal.

Je suis retraité du monde de l'enseignement depuis juillet 2009. Je viens d'une famille de 12 enfants dont 7 ont été enseignants ou directeurs d'école, comme moi-même. J'ai une formation d'orthopédagogue et j'ai enseigné au primaire dans des classes spéciales durant 14 ans. Puis j'ai demandé à travailler dans des classes régulières durant 7 ans.  Après 21 ans dans l'enseignement, j’ai occupé des postes de direction dans des écoles de la Commission scolaire de Montréal (CSDM).  J’ai été pendant trois ans adjoint à l'école Félix-Leclerc (450 élèves) dans Côte des Neiges. 4 ans  comme directeur de l'école Notre-Dame-de-la-Défense (300 élèves), dans la Petite Italie. J'ai fini ma carrière comme directeur, à l'école des Cinq-Continents (600 élèves en deux pavillons) dans Côte des Neiges.

J'ai occupé le poste d’adjoint à l'école Félix-Leclerc, située aux frontières d'Outremont, lors des attentats sur les tours du World Trade Center en 2001. Il y avait à l'école une forte communauté arabo-musulmane. Nous avions aussi quelques élèves juifs, en provenance de l'ex-URSS ou de pays de l'Est. La tension était palpable entre ces deux communautés. 

Il fallait voir les parents tout autour de la cour d'école, surveiller les
enfants pour que les enfants arabes ne soient pas maltraités par les autres ou, pour que les enfants juifs ne se fassent pas intimider par les jeunes arabes. On se serait cru transporté au Moyen-Orient. Comme adjoint, responsable de la discipline, j'ai dû convaincre les parents, un par un, de faire confiance aux surveillants pour maintenir la paix dans la cour d'école.

C'est dans cette école que j'ai vu des parents arabes demander que leur enfant change de classe parce que l'enseignante était une Haïtienne. Naturellement nous n'avons pas accordé cet ‘’accommodement’’. Notre astuce était de demander aux parents de nous faire leur demande par écrit, en énumérant les motifs de la demande de transfert. Aucun n'osait mettre sur papier sa demande à caractère raciste !

Une autre mère arabe exigeait que sa fille reçoive le service du transport scolaire pour se rendre à notre école. Après vérification, je lui ai fait remarquer que jamais sa fille n'obtiendrait ce service car elle habitait juste en face de l'école Bedford. Elle m'a rétorqué que sa fille ne pouvait fréquenter cette école car il s'y trouvait beaucoup trop de Noirs.

Comme nous avions des places disponibles à l’école Félix-Leclerc, j'ai dû accueillir sa fille en lui disant qu'elle serait peut-être assise parmi des petits noirs, même à notre école. Jamais je ne lui ai accordé l'accommodement du transport scolaire.

Pour décongestionner les écoles primaires du quartier Côte-des-Neiges, la Commission scolaire de Montréal construit une toute nouvelle école, l’école Lucile Thysdale, juste à côté de l'école secondaire Lavoie. Pour remplir cette nouvelle école, un territoire
a été délimité tout autour, grugeant sur les territoires des écoles
primaires voisines.

Nous avions donc la responsabilité d'informer certains de nos parents, que leurs enfants allaient être déplacés vers cette nouvelle école. Voilà qu'un père arabe s'est présenté pour protester de façon intempestive. Il s'adressait à moi, même si je lui indiquais que l'école avait une directrice, -ma patronne-, une personne d'expérience et très compétente à laquelle il fallait s’adresser.

Il n'en démordait pas, il s'adressait à moi, comme si ma directrice n'avait pas existé, alors qu'elle était à côté de moi. Sur un ton vindicatif, sinon irrespectueux, il nous interpellait à haute voix, nous invectivait et nous menaçait. Il exigeait que ses filles restent à notre école. J'ai dû le rencontrer au moins à 3 reprises dans mon bureau. Il nous traitait de racistes qui ne déplaçaient que les "enfants arabes". Je lui expliquais que les déplacements se faisaient en fonction du nouveau territoire, à partir des codes postaux. Bien qu'il ait menacé de poursuivre l'école et la commission scolaire, jamais nous n'avons cédé à ses menaces.

À un moment donné dans mon bureau, alors qu'il répétait ses exigences, son épouse, une femme voilée, a dit quelques paroles. Il s'est tourné vers elle en vociférant : "Tais-toi ! Tu parleras lorsque je te le dirai." Je me suis tourné vers elle, en l'invitant à me dire ce qu'elle avait sur le coeur. Elle m'a exprimé ses sentiments. À partir de ce moment-là, j'ai remis la monnaie de sa pièce à ce monsieur, en ne regardant que son épouse, même lorsqu'il s'adressait à moi !

Une femme d'une gentillesse extraordinaire m'a marqué à l'école
Félix-Leclerc par sa bonté, sa générosité et son dévouement. Elle était
d'origine tunisienne, mère de 2 garçons (8 ans et 11 ans). En arrivant au Québec, son mari a exigé qu'elle porte le voile. Elle a refusé, car elle ne l'avait jamais porté en Tunisie. Après plusieurs chicanes familiales, elle s'est séparée. Elle m'a dit que son ex disait à ses fils que "leur mère était une putain"  parce qu'elle ne portait pas le voile.

J'ai convoqué les 2 garçons à mon bureau pour leur dire que leur mère était la meilleure mère du monde ! Que très peu de femmes portaient le voile au Québec et qu'elles n'étaient pas des putains pour autant. Que leur père était très mauvais de parler ainsi de leur mère. Elle allait mourir, quelques années plus tard, suite à un cancer de l'estomac, rongée sans doute par la peine et par les menaces et les insultes de son mari.

Cette dame était une des nombreuses femmes musulmanes (tunisiennes, marocaines, algériennes, libanaises, syriennes) qui ne portaient pas le voile et qui étaient épanouies et bien intégrées à la société québécoise. Quelle ne fût pas ma surprise, un beau jour, de voir une suppléante voilée se présenter pour la remplacer. C'était une Québécoise de souche qui était tombée amoureuse d'un musulman en même temps qu'elle était tombée sous son emprise, de toute évidence. Croyait-elle donner la leçon à toutes ces merveilleuses femmes musulmanes de naissance, qui s'étaient libérées de ce "vêtement" qui n'était en fait qu'un signe de soumission, beaucoup plus qu'un signe de croyance religieuse ?

J'en aurais pour des heures encore à vous écrire des dizaines d'exemples d'accommodements "déraisonnables" dont j'ai été témoin dans mes autres écoles.

Les Québécoises de souche, comme mesdames Françoise David,
Christine St-Pierre ou Julie Miville-Dechêne, qui s'opposent à la Charte et à des balises pour mettre un terme aux demandes d'accommodements, soit ne savent pas ce dont elles parlent, soit elles se sont laissées convaincre par des femmes voilées soumises, que c'était suite à un choix personnel libre qu'elles portaient le voile alors que d'est bien plutôt suite à des pressions familiales, parentales, maritales, sociales ou religieuses. Mais aucunement un  choix libre et réfléchi.

Je vous signale 3 contradictions dans le port du voile :

1° Le port du voile serait suggéré aux femmes musulmanes, afin de ne pasattirer l'attention sur elles, par modestie ou par pudeur concernant leurs atouts féminins. Ne réalisent-elles pas que, dans nos sociétés occidentales, comme très peu de femmes sont voilées, c'est en portant le voile qu'elles attirent l'attention sur elles. On les remarque tout de suite dans la rue, dans les parcs, dans les supermarchés, dans les salles d'urgence ou dans les services publics alors qu'on ignore où sont les athées, les bouddhistes et les chrétiennes. 

On repassera pour la discrétion.  Surtout lorsque leur voile devient une décoration flamboyante ou un étendard (comme l'invitée de l’émission Tout le monde en parle de dimanche 29 septembre 2013, à Radio-Canada.)

Leur geste est plutôt un geste de provocation, pour affirmer haut et
fort leur appartenance culturelle et religieuse islamiques, dans nos
sociétés modernes occidentales. Imaginez si à chaque fois que nous croisons une femme voilée, les chrétiens faisaient un signe de croix, pour leur signifier qu'elles vivent dans une société de tradition chrétienne ! Elles en éprouveraient peut- être, à leur tour, un certain inconfort, tout comme nous devant leur voile.

2° Si le voile est porté pour cacher les atouts féminins (chevelure, gorge, nuque fine, poitrine généreuse) pourquoi des petites filles qui ont entre 5 et 11 ans dans nos écoles primaires, portent-elles le voile ? 
Que cachent-elles ? Ce serait leur choix libre à 5 ans, 6 ans, 7 ans, 8 ans ou 9 ans, alors qu'elles ne sont pas pubères ? On repassera pour la liberté de choix !

On commence déjà, à cet âge à leur laver le cerveau et à les préparer à être bien soumises, rendues à la puberté.

3° Si c'est un choix libre, pourquoi lorsqu'elles décident de ne pas porter le voile, sont-elles exclues de leur famille ou de leur communauté ? Pourquoi deviennent-elles la cible de menaces et d'intimidation ? Pourquoi certaines, qui veulent vivre à l'occidentale, sont-elles victimes de crime d'honneur ici et ailleurs ?

Vous avez dit choix libre mesdames Françoise David, Christine St-Pierre et Julie Miville-Dechêne. Honte à vous de maintenir vos consoeurs musulmanes sous l'emprise de préceptes religieux obsolètes datant du Moyen-Âge, imposés par des imams machos qui ne veulent surtout pas perdre le contrôle sur  les femmes de leur communauté.

On repassera pour la "libération de la femme" ici et ailleurs.

11 novembre 2013
 



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Il y a actuellement 6 réactions.

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Bravo
par Michel Guérin le 13 novembre 2013

Bravo pour votre texte. Vous êtes quelque part, sans qu'en fait vous vous en rendiez compte une sorte de résistant; Moi j'habite la France; Ce que vous décrivez arrive à Paris et ça devient catastrophique. Il y a des gens qui acceptent toutes les petites demandes faites par des musulmans qui vont de l'aménagement des menus dans les cnatines quand ce n'est carrément pas l'abandon de la viande, certains veulent changer les noms de fêtes pour ne pas offusquer certains .. Et ainsi de suite : la liste de récriminations est sans fin et l'un étant acceptée, ils passent à la suivante .. Sans relâche. la vérité c'est que étant dans des pays tolérants nous faisons de efforts pour les intégrer (alors que ça devrait être l'inverse) et notre tolérance se retourne petit à petit contre nous. A ce rythme dans 20 ans nous auront la charia en France. Une chose est sûre, il faut dire haut et fort : l'Islam produit des gens complexés et frustrés surtout vis à vis de la sexualité. Que faire : il faut plus de gens qui osent dire haut et fort les limites à ne pas dépasser; Il faut dire haut et fort que nous ne céderont pas. Et ce malgré leur manie récurrente utilisée en permanence : se plaindre et invoquer le racisme à tout bout de champ. Cordialement. Michel Guérin . Paris

En réponse à Luc LEMOINE
par DEVISMES le 13 novembre 2013

Merci pour cette analyse fine, sincère et lucide. Je suis moi-meme tunisienne, fille d'un père - à quelques détails près, l'identique de votre cursus professionnel - un papa auprès de qui j'ai grandi loin de toute emprise démagogique et religieuse .. Un papa éclairé, laique, cultivé, concret et libre .. J'ai enduré - jeune/novice - un mariage tunisien qui m'a couté des années d'oppression sociale et familiale - dans son sens large -, sans parler des agressions et violences conjuguales en toutes ses formes. Mon crime, c'est de miroiter une femme non archaique, qui se cultive, qui lit, qui décide de son temps libre entre soutien scolaire au profit d'enfants démunis et activités artisitques. C'était çà mon crime, sur la base duquel on me traitait de non soumise, mécréante, libre, limite libertine.. Fidèle à mon père, et davantage à mon éducation, fidèle en vérité au bon sens et au discernement.. J'ai osé quitter ce mari et sauver mon bébé - à l'époque en cours de gestation - J'ai été limite bannie par la majorité, mais j'ai fait front comme j'ai pu, et je m'en suis sortie - non sans séquelles - mais forgée et déterminée à écrire de moi-meme ce qu'il en reste de mon destin .. Aujourd'hui, je suis loin, je mène ma vie auprès de mon époux actuel, un homme - non tunisien, encore moins arabe - qui a su voir en mon humble personne, non pas tout juste la méditerranéenne, mais davantage une femme libre et accomplie.. Mon bébé - ce pionnier - a suivi la trajectoire de sa maman, et j'en suis doublement fière. Je lui permettrais de toutes mes forces les jalons qui feront de lui un homme libre, épanoui, équilibré, lucide et sain d'esprit, respectueux des femmes qui feront partie de sa vie ou de son futur parcours. Aujourd'hui, du haut de ses 16 ans, il me ravit, et ne cesse de me surprendre.. Je garderai précieusement votre article pour le plaisir de le relire, de le méditer en profondeur, de le faire connaitre à mon fils, et surtout de poursuivre le combat .. Puisse votre retraite soit fructueuse, porteuse de sérénité, de partage, de bonne santé et de bonheur .. Amitiés, Leila
Sommes-nous réellement au 21ème siècle ?...
par DEJARDIN le 14 novembre 2013

Bravo, vous avez osé parler de ce problème en soulignant tout l'hypocrisie cachée derrière des principes religieux.

Et que des femmes parlent de liberté et de choix quant au port du voile, c'est tout simplement révoltant et incompréhensible. On peut se demander si elles savent de quoi elles parlent ?... Honte à elles.

Approuvé à 100%
par Marc Boissonneault le 19 novembre 2013

Vous avez tellement raison pour les remarques que vous faites et vous ôsez dire tout haut ce que la majorité des Québécois pensent tout bas.Incroyable tout le mérite que vous avez d'avoir été dans l'enseignement dans la grande région de Montréal.là où toutes les races de la planète sont presque présentes.Vous vous êtes tenu debout pendant toutes ces années et une chance que vous avez fait ça de cette façon,car vous n'auriez jamais passé au travers,la profession qui demande tellement de vouloir.Peut importe la race de celui qui demeure au Québec,c'est à lui a s'ajuster à nos façons de vivre.Demain si on va en Chine,en Arabie,en iran,en Inde,etc.on devra faire comme eux font.On devrait même mettre cette charte encore plus sévère et dire à tous ces immigrés,que si ca ne fait pas leur affaire,notre façon de vivre,on peut leur payer un voyage allé seulement dans leur pays d'origine.C'est à prendre ou à laisser.Pas de compromis.Voici mon analyse et encore merci et bravo à tous ceux qui s'affirme comme Monsieur Luc Lemoine.

Voir toute les versions pas juste les negative qui vous arrange...
par imane le 6 décembre 2013

C'est pas pcq certaine le porte par obligations quelle le sont toute..et ce nest pas vrai quelle sont toute exclus..vous avez vue quelque cas...ce nest pas la majorité...et en plus celle qui ne voulais pas le porter ne la pas porter ...et pour votre questionnement des jeune fille qui le porte...elles imites leurs mere comme les petites filles qui mette des talon haut ou du maquillage pour ressembler a leurs mere... et pour vos exemple d'arabo musulmane...les femmes que vous avez rencontrer son des raciste..on sentends que ce nest pas lier a une communauté mais c bien un mauvais caractere tout simplement...et pour ma part ce nest pas des accomodement que vosu avez citer mais bien des cas de personnes raciste...faut pas tout melanger... Au lieu de voir que des mauvais exemple sur le voile,interesser vous a des femmes qui le porte par choix...car OUI il y en a...moi la premiere....et non la derniere....Et ceux qui dise ..si on va chez eux on fait comme eux...ca se voit que vous netes jamais aller au maroc... Faut pas prendre un pays intolerant comme exemple de notre societer mais bien un pays accueuillant...

Merci M. Lemoine
par Robert Dumont le 4 février 2014

Merci de votre témoignage éclairant. Les ennemis de la charte ne pourront plus plaider l'ignorance.

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