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Quatre candidats pour la mairie de Montréal

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Les scandales de corruption et de collusion avec les milieux criminels ont fait beaucoup de tort à l’image de l’élite municipale montréalaise. Contribuant à alimenter le cynisme au sein de la population et l’instabilité de son leadership. Mais, cela n’a pas empêché un nombre important de candidats de tenter leur chance cette année

Ils sont quatre principaux candidats à briguer le poste de maire de Montréal. Trois hommes et une femme: Denis Coderre (1963-), Richard Bergeron (1955-), Marcel Côté (1942-) et Mélanie Joly (1979-).

Le pouvoir comme programme

Denis Coderre est un ancien ministre libéral fédéral. L’ancien premier ministre Jean Chrétien lui avait permis de faire ses classes ministérielles (Immigration et Sports). Pour pouvoir se présenter comme candidat cette fois, il a démissionné de son poste de député fédéral. Il est familier des médias traditionnels et des réseaux sociaux et ne passe pas inaperçu dans sa circonscription. Il est porté à aller vers les gens et à leur mettre la main sur l’épaule, tout en les saluant. Avec un grand sourire!

Son bannière ''Équipe Denis Coderre'' a su couvrir 101 des 103 circonscriptions. Mais, une bonne partie de ses candidats est issue de la défunte ''Union Montréal''. Une formation municipale emportée dans la tourmente des scandales de corruption et de collusion avec des milieux criminels. D’ailleurs, le retrait de son candidat dans l'arrondissement de Saint-Léonard, Robert Zambito, en pleine campagne n'a pas été une bonne nouvelle pour lui. Même type de mésaventure pour Mme Joly.

Seul ''Projet Montréal'' a fait mieux en termes de mobilisation puisqu’il a couvert toutes les circonscriptions. À ce titre, les deux autres candidats-vedette ont fait piètre figure (97 candidats pour l’équipe de Marcel Côté et 58 personnes pour celle de Mélanie Joly).

Mélanie Joly est la révélation de cette élection. Cette jeune avocate a fait sensation. Elle a fait preuve d’un indéniable savoir-faire communicationnel. En quelques semaines, elle a non seulement réussi à se faire connaître du public, mais à occuper la deuxième position, après le favori des sondages. Ce qui s'est soldé par le déclassement d'un chevronné de la scène municipale montréalaise. La campagne a eu l’air d’un duel Coderre/Joly.

Mais, au moment où Montréal a le plus grand besoin d’un nouveau type de leadership, un leader plus grand que nature et capable de secouer le château et rompre avec les pratiques d’un passé en partie controversé, ces deux candidats ont manqué d’audace. Derrière la multitude de leurs promesses électorales, on a de la peine à retrouver la trace d’une ligne directrice, une vision cohérente, un rêve mobilisateur et dans lequel les Montréalais pourraient se reconnaître au-delà de la diversité de leurs appartenances et affinités.

Le programme de M. Côté souffre du même biais. Son savoir en économie et en gestion ne lui a pas été de grande utilité à ce niveau. Ses mesaventures n'ont pas non plus aidé sa cause.

Contrairement à ses adversaires, Richard Bergeron marque ici un point. Il maîtrise ses dossiers. Plus important encore: il a une vision cohérente qui s’articule autour d’une idée-force: une ville verte. Il se peut que sa longue expérience municipale l’ait aidé à la forger au fil du temps passé à l’hôtel de ville. Mais, son talon d’Achille reste principalement le coût financier de ses ambitions.

***

Denis Coderre est le favori des sondages. Une tendance lourde de la campagne. Si la tendance se maintient, il peut être le prochain maire de Montréal. Dans ce cas de figure, serait-il en mesure de rectifier ou de revoir sa copie? Histoire de mettre l'accent sur un nombre limité de priorités, de recentrer le message et de donner de la cohérence à sa proposition? De son côté, M. Bergeron se résignerait-il dans cette hypothèse au rôle de l'opposition?

2 novembre 2013



* http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hotel_de_ville_de_montreal_from_n-w.jpg


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par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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