Tolerance.ca
Regard sur nous et ouverture sur le monde
Indépendant et neutre par rapport à toute orientation politique ou religieuse, Tolerance.ca® vise à promouvoir les grands principes démocratiques sur lesquels repose la tolérance.

Dubaï et l’affaire Marte Dalelv

par
Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Grâce à la mondialisation et à la révolution de communication, le monde s’est rétréci. Désormais, l’ici et l’ailleurs se rejoignent virtuellement au point de donner l’impression de se confondre. Et le choc des images et des cultures ne peut être que percutant quand il est question d'une affaire hallucinante.

Dubaï est un de ces endroits qui font rêver plus d’un aux quatre coins du monde. Niché à côté de la rigoriste Arabie saoudite, cet Émirat a des allures de Suisse du golfe Persique. Plusieurs candidats à l’aventure dubaïote y voient un eldorado où il fait bon vivre et où on peut faire fortune en peu de temps. Mais, ce rêve peut du jour au lendemain se révéler un cauchemar. La Norvégienne Marte Dalelv en connaît quelque chose.

Le calvaire de Marte Dalelv

Marte Dalelv est une norvégienne âgée de 24 ans. Au moment des faits, elle travaillait comme designer de l’intérieur pour ''The One Total Home Experience'', la franchise dubaïote de la compagnie Al Mana Interiors W.L.L.

Le 6 mars, lors d’un voyage d’affaires, un de ses collègues, un Soudanais de 33 ans, l’aurait violé.

Trois jours après avoir porté plainte contre son présumé violeur, la police l’a inculpé pour trois chefs d’accusation: relations sexuelles en dehors du mariage, parjure et consommation d’alcool. Comme si cela n’était pas suffisant, son employeur, Wissam Al Mana (époux de Janet Jackson), n’a pas attendu longtemps avant de la licencier, à l'ombre de cette affaire de moeurs.

Le 17 juillet, elle est condamnée à 16 mois de prison pour ''comportement indécent''. Son présumé violeur a écopé quant à lui d’une réclusion de 13 mois, soit trois mois de moins que sa présumée victime, pour les mêmes motifs!

Le 19 juillet, la jeune femme a fait appel de sa condamnation et a été entendue.

En apprenant la nouvelle, la Norvège était sous l’état de choc. Son ministre des affaires étrangères s’en est ouvert aux autorités dubaötes. Son ambassade à Dubaï a non seulement réussi à la faire sortir de prison, en attendant les procédures d’appel, mais lui a également trouvé un refuge auprès d’une église norvégienne à Dubaï.

Pour la soutenir, différentes initiatives ont vu le jour, dont une page Facebook demandant sa libération. En quelques jours, cette page a récolté l’appui de plus de 53 357 personnes. (1)

Le 21 juillet, coup de théâtre! Marte Dalelv est graciée par les autorités de Dubaï et autorisée à rentrer dans son pays. Elle peut également rester dans l’Émirat, si tel est son désir, et y retourner à tout moment. Son présumé violeur est lui aussi gracié...

La fin heureuse du calvaire de la jeune femme est un motif de satisfaction pour elle et pour tous ceux qui s’étaient mobilisés pour son élargissement. Les éléments de son pardon peuvent être interprétés comme un moyen tout trouvé par les autorités dubaïotes pour sauver leurs relations avec la Norvège.

***

L’affaire Marte Dalelv fait très mal à l’image de Dubaï (et avec elle celle de tous les Émirats arabes unis, dont elle fait partie). Elle envoie un message inquiétant notamment aux expatriés. Elle en donne aussi l’image d’une entité où l’hypocrisie règne en maître. Le décalage entre les cultures juridiques de Dubaï et de la Norvége dans le domaine des moeurs sexuelles en donne une image d'entité archaïque et misogyne. Avec le risque de cultiver désormais de l'émirat l’image d’un lieu dangereux pour les femmes en général et les occidentales en particulier.

28 juillet 2013



1) La page de soutien: https://www.facebook.com/releasemarte


Réagissez à cet article !
Il y a actuellement 2 réactions.

Poster une réaction
Québec, paradis des menteuses
par Hermil LeBel le 29 juillet 2013

La capacité d'indignation des Québécois relativement aux injustices vécues à l'autre bout du monde n'a d'égale que la souveraine indifférence qu'ils manifestent lorsque ces mêmes injustices se produisent dans leur propre cour. Aiunsi, au Québec, un père de famille fut expédié en prison parce que sa conjointe l'avait trompé avec un amant de passage qui lui avait laissé une 'sucette' dans le cou. En rentrant au domicile familial, cette femme appela la police pour se plaindre de violence conjugale et les policiers, en toute complicité avec la menteuse, procédèrent à l'arrestation du conjoint sans même se donner la peine de photographier la 'sucette' en question pourtant notée dans le rapport rédigé sur les lieux.

Remise a l'heure
par Paul le 31 juillet 2013

Comme beaucoup de journaux occidentaux, vous faites des raccourcis et ne rapportez pas tous les faits. Surtout pas ceux en defaveur de la presumee victime. Les relations sexuelles consenties hors mariage ainsi que l'ivresse sont passibles de prison. A un certain moment de l'affaire, Marte a admis les 2 et a admis qu'il n'y avait pas eu viol, car finalement son comportement avait ete tel que le viol devenait tres difficile a prouver. PERSONNE ne sait si viol il y a eu. C'est la tout le casse-tete auquel la justice emiratie a du faire face. Face au tapage mediatique, la decision de gracier Marte a ete prise. Mais l'affaire n'est pas resolue pour autant. 

Poster une réaction
Pour écrire votre réaction, nous vous encourageons à devenir membre de Tolerance.ca® ou de vous identifier si vous êtes déjà membre. Vous pouvez poster une réaction sans devenir membre, mais vous devrez compléter vos informations personnelles pour chaque réaction.

Devenir membre (gratuit)   |   S'identifier

L'envoi de votre réaction est soumis aux règlements et conditions de Tolerance.ca®. Vous devez lire Les règlements et conditions de Tolerance.ca® et les accepter en cochant la case ci-dessous avant de pouvoir soumettre votre message.
Votre nom :
Courriel :
Titre :
Message :
 
  J'ai lu et accepté les règlements et conditions de Tolerance.ca®.
Suivez-nous sur ...
Facebook Twitter