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In Amenas. Conséquences de l’incident sécuritaire

Six jours après la prise d’otages sur le site gazier d’In Amenas le flou est resté total quant aux pertes humaines et au montage de l’opération de libération des otages par les forces spéciales algériennes.

Il a fallu attendre plus 48h00 après son épilogue sanglant pour qu’enfin le pouvoir algérien daigne communiquer finalement le lourd bilan en perte de vie humaine qui s’est avérée dramatique.

Le Premier Ministre algérien, Abdelmalek Sellal, vient de confirmer, ce 21 janvier 2013, que 37 étrangers, de 08 nationalités différentes, ont été tués et que sur les 32 terroristes, 03 ont pu être interpellés.

Ces terroristes islamistes, dirigés par l’algérien Mohamed el-Amine Benchenab, comme le confirme ce responsable algérien, sont bel et bien venus du Nord du Mali. Un long déplacement en toute quiétude qui prouve l’irresponsabilité des services de sécurité algérien matière de surveillance de ses frontières et de son territoire.

Mais au-delà de ce tragique incident sécuritaire, que doit-on en retenir ?

Tout d’abord, cet opération d’envergure sur le territoire algérien, menée par un groupe de terroristes islamistes lourdement armés, constitue une première et dévoile les failles du système sécuritaire algérien.

En effet, l’Agérie, qui se revendiquait comme le maillon fort et incontournable dans la région au niveau du renseignement, du combat contre l'islamisme et de la maîtrise de son territoire, vient de prouver avec la prise d’otages massive d’In Amenas que sa politique sécuritaire est totalement défaillante en raison de son incapacité à protéger adéquatement ses frontières terrestres.

Cette attaque témoigne également des limites d'une politique sécuritaire qui absorbe l'essentiel des capacités de l’Algérie dans le contrôle et la répression des mouvements politiques et sociaux.

De plus, il y a lieu de noter que de tels sites hautement stratégiques sont ultra sécurisés et qu’il est donc étrange que les terroristes islamistes aient pu agir sans être repérés dans une zone découverte et plate comme une table de ping pong.

Une telle facilté de mouvement de ces groupes terroristes islamistes sur le territoire algérien confirme ainsi les dysfonctions et l’incompétence d’un système sécuritaire algérien gangréné par la corruption.

Concernant la riposte brutale des forces spéciales algériennes, avec toutes les conséquences en termes de vies humaines, celle-ci a mis en porte à faux les décideurs algériens avec nombre de ses partenaires occidentaux, notamment Londres, Washington et Tokyo, qui ont fait part de leur irritation face à l'assaut de l'armée algérienne qui ne s'est pas concertée avec eux avant l'attaque, à la notable exception de Paris, qui a tenu et tient à ménager son nouvel allié algérien.

Pour Paris, ne pas froisser l’allié algérien semble être sa priorité diplomatique.

Mais les autorités françaises auraient été plus inspirées en demandant des informations au sujet du déroulement de l'intervention musclée des militaires algériens sur le site et de ne pas la qualifier rapidement de réponses adaptées, comme l’a déclarée le Président François Hollande.

D’ailleurs, les autorités algériennes sont dans une logique politico-idéologique qui privilégie l’élimination des terroristes plutôt que la vie des otages, une méthode héritée de l’ex-URSS et de l’actuelle Russie.

Cependant, en raison de l’impréparation des autorités sécuritaires algériennes comme la décision précipitée de mener l’assaut, mais surtout la facilité avec laquelle les preneurs d’otages se sont emparés du site gazier, suscitent pour le moins une certaine perplexité.

En effet, au cours de la guerre civile des années 90, l’Algérie avait montré les capacités de la sécurité militaire à infiltrer et manipuler les jihadistes.

C’est pourquoi, les théories du complot sont plus que d’actualité, d’autant que cette attaque survient quelques jours à peine après le soit disant volte-face d’Alger qui aurait ouvert son espace aérien aux avions militaires français et occidentaux alors qu’il a été longtemps hostile à toute intervention étrangère, et à fortiori française, au Mali, suscitant la surprise, voire l’indignation d’une population qui l’a appris d’abord par Paris et l’ire d’une frange du centre du pouvoir algérien.

Or, sur ce point, il semblerait que les autorités n’auraient jamais délivré un quelconque accord ou alors, comme à leur habitude, ils auraient renié leurs engagements.

Si on retient la déclaration faite le 20 janvier 2013 par le Ministre de l’Information, Mohand Oussaid Belaid, il semblerait que la décision d'autoriser ou non le survol du territoire algérien par des avions français vers le Mali sera prise par les autorités algériennes «en fonction des intérêts suprêmes de l'Algérie (…)  Dans ce genre de situation, c'est l'intérêt national qui est privilégié et seules les autorités suprêmes du pays jugeront de l'opportunité d'autoriser ou de ne pas autoriser une telle action».

Une déclaration en totale contradiction avec celle du Ministre français des Affaires Etrangères, Laurent Fabius, qui avait annoncé le 13 janvier 2013 que l'Algérie avait autorisé sans limite le survol de son territoire par les avions français engagés dans l'intervention au Mali.

Une déclaration confortée par celle de son Président, Monsieur François Hollande, qui avait aussi indiqué le 15 janvier 2013, depuis Dubaï, que le Président algérien Abdelaziz Bouteflika avait «autorisé le survol de l'Algérie par un certain nombre de nos avions».

Quoi qu’il en soit, en dehors de ces contradictions, de nombreuses informations confirment que les avions Rafale de l’armée de l’air français ont survolé le Royaume du Maroc pour atteindre le Nord Mali et non l’Algérie.

Un reportage en live du magazine «Jeune Afrique» le prouve et démonte la version officielle française quant à l’autorisation de survol par les aéronefs militaires français de l’espace aérien algérien accordée par les autorités d’Alger.

Aucune contestation n’est possible, le document publié par Jeune Afrique montre le Ministre français de la Défense, Jean Yve le Drian, scrutant un plan de vol qui indique le plan de vol des Rafales partant de la base aérienne de Saint Diziers, survolant le Maroc pour atteindre N’Djamena, la Capitale tchadienne. Ce reportage daté du 15 janvier 2013, se déroule pleine salle d’opération du commandement de l’armée française.

Aussi, la thèse selon laquelle l’attaque du site gazier d’In Amenas serait une réponse des terroristes islamistes au soutien de l’Algérie à l’intervention militaire française au Mali vole, elle aussi, en éclat.

Elle releverait plutôt d’un conflit au sein de la nomenklatura algérienne, notammement, à l’intérieur de la hierarchie militaire algérienne, pour une prise de pouvoir qui s’annonce avec le décès programmé de Bouteflika.

Une telle opération, qui nécessite des semaines de préparation, ne peut en aucun cas être présentée comme une action punitive des groupes terroristes islamistes en réaction à l’ingérence flagrante de l’Algérie autorisant l’usage de son espace aérien par l’aviation française.

Son dénouement sanglant, prouve, si besoin est, que ceux qui ont commandité cette prise d’otages ne souhaitaient pas de survivants parmis les preneurs d’otages, à l’exception de ceux qui sont leurs agents infiltrés quitte à ce que de nombreux otages périssent.

Il est certain que l’Algérie n’extradera pas les 03 survivants parmi les preneurs d’otages vers les Etats-Unis pour y être jugés comme le stipule la loi américaine en cas de meurtre d’un de ses ressortissants. Ils seront liquidés afin de ne pas laisser de traces.

En conclusion, le raid des terroristes islamistes sur le sur gazier d’In Amenas et son dénouement sanglant prouvent que le terrorisme islamiste a encore de beaux jours devant lui en Algérie et que les centres d'intérêt du pouvoir algérien ne sont ni la sécurité du pays ni sa place dans le monde mais plutôt la mise au pas du peuple algérien afin qu’il puisse s’enrichir outrancièrement des revenus générés par l’exploitation des ressources d’hydrocarbures.

Enfin, il faut relever que l’Etat algérien ne s’est même pas donné la peine de présenter ses condoléances aux familles victimes, aux Etats dont étaient originaires ou de prendre en charge les frais de rapatriements des dépouilles. Un comportement indigne d’un pays qui se veut être une puissange régionale et continentale.

21 janvier 2013



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