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Changement à la tête de la diplomatie américaine

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Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le chapitre libyen du ''Printemps arabe'' s'est invité, de manière inattendue, dans le choix du nouveau chef de la diplomatie américaine. Le Grand Old Party s'est servi des événements de Benghazi pour tenter de marquer des points dans la lutte qu'il mène contre l'administration démocrate et affaiblir politiquement le président Obama.

Hillary R. Clinton a quitté son poste de secrétaire d’État avec en fin de compte un bilan contrasté. Mais, après les faux pas du début, elle s’est d'un autre côté ajustée aux contraintes de la politique étrangère de son pays. Sa succession s’est révélée moins aisée que prévu.

Benghazi m‘a tuer…

Avant même le début de la campagne présidentielle américaine de 2012, tout le monde savait que l’ancienne First Lady n’était pas intéressée à demeurer à son poste de chef de la diplomatie de son pays. Le locataire de la Maison Blanche devait donc lui trouver un successeur. Dans les couloirs de la Maison-Blanche, du Congrès et de l’établissement médiatique, un nom revenait alors tellement souvent que plusieurs croyaient déjà que la messe était dite...

Susan Elisabeth Rice (1964) est une diplomate d’origine Afro-américaine. Cette protégée de l’ancienne secrétaire d’État de William Clinton, Madeleine Albright, a commencé en 1993 sa carrière au sein du Conseil de sécurité nationale à la tête de la division ''Organisations internationales et maintien de la paix.'' Quatre ans plus tard, elle est désignée sous-secrétaire pour les affaires africaines.

Après l’élection de 2008, celle qui était conseillère principale en politique étrangère du candidat démocrate est désignée ambassadrice des États-Unis à l’ONU.

À son poste onusien, plusieurs lui ont reproché, entre autres, un conflit d’intérêts (et donc) un préjugé favorable à l’endroit du gouvernement de Paul Kagamé à Kigali. Mais les néoconservateurs devaient jubiler de la voir enfourché les habits du ''croisée '' contre les régimes tyranniques à Tripoli et Damas. Elle était à l’avant-scène de toutes les initiatives américaines au Conseil de sécurité pour arracher à l’ONU la résolution 1973 faisant de l’espace aérien libyen une zone d’exclusion aérienne, avec comme objectif déclaré de protéger la population et les zones civiles de la chasse du régime Kadhafi. Mais si l'interprétation ''libérale'' de cette résolution par l’OTAN a suscité le dépit de Moscou et de Pékin (et leur ''vengeance'' dans le dossier syrien), elle a en revanche accéléré la chute du régime autoritaire de ce pays.

Le long règne de Mouammar Kadhafi (1969-2011) a en fin de compte accouché d'un vide institutionnel propice à toutes les menées aventureuses... Et pour cause! Tout ou presque dans ce pays tournait autour de ce putschiste. Et tout devait concourir à la sauvegarde de son monopole du pouvoir. Le moindre soupçon d’appartenance à une formation politique ou à une organisation sociale était suffisant pour mériter la potence, du moins croupir pour une longue période dans les geôles de la Jamahiriya.

Les islamistes radicaux et les groupes djihadistes locaux ont profité de ces difficultés et du vide créé par la chute du régime Kadhafi pour s’installer ou prospérer dans ce pays. C’est dans ce contexte confus et volatile que des éléments liés ou proches d’Al-Qaïda ont su profiter de la colère de nombre de Libyens en raison d’une bande annonce d’une vidéo islamophobe, ''Innocence des musulmans'', pour attaquer à l’aide de roquettes la représentation diplomatique américaine à Benghazi. Ils ont non seulement détruit l’édifice, mais également tué quatre fonctionnaires, dont l’ambassadeur Christopher Stevens.

Cinq jours plus tard, l’ambassadrice américaine à l’ONU a estimé que cette attaque n'était «pas forcément un attentat terroriste», mais plutôt le résultat d'une «manifestation spontanée ayant dégénéré». Mais s'il a suffit seulement de quelques jours à la Maison-Blanche pour reconnaître le caractère «terroriste» de cette attaque, il fallait en revanche dans le cas de la diplomate attendre la fin de l'élection présidentielle pour qu'elle reconnaisse enfin son erreur d'appréciation.

Sur fond d’une campagne électorale difficile pour le président sortant, les Républicains voulaient lui porter des coups.  C'est pourquoi ils ont tenté d’utiliser cet épisode libyen pour réduire à néant les chances de sa réélection. Mais, c’était sans compter avec la pugnacité du leader démocrate et des faiblesses de son adversaire conservateur. Mais la défaite des Républicains n'a pas entamé leur ''enthousiasme.''

À les en croire, l’ambassadrice Rice aurait volontairement voulu induire en erreur le pays relativement à l’attentat de Benghazi, et ce pour ne pas ternir le bilan du gouvernement Obama en matière de politique étrangère, à quelques semaines de l’élection du 6 novembre. Pour se porter à sa défense, les Démocrates ont estimé qu’elle ne pouvait dire autre chose vu le contenu erroné des rapports de la CIA mis alors à sa disposition.

Près de cent représentants et sénateurs républicains ont demandé au président Obama de sursoir à son projet de nomination de l'ambassadrice à la tête de la diplomatie américaine. Comme si cela n'était pas suffisant, deux éminents sénateurs, le candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2008 John McCain et Lindsey Graham, ont averti qu’ils s’y opposeraient le cas échéant. Dans ce contexte politique, il ne fallait pas s’attendre à voir l'ambassadrice succéder à Hillary R. Clinton.

Prenant acte de cette opposition, l’ambassadrice a renoncé à briguer le poste de ministre des Affaires étrangères. Épargnant ainsi à son patron l’embarras de plier devant l’adversité sénatoriale conservatrice. Et de sauver au passage son poste aux Nations unies. Un lot de consolation non négligeable d’un point de vue symbolique et politique. Il est possible que ce signe ''sacrificiel'' de la part de l'ambassadrice soit, un jour, récompensé sous forme d'une promotion au niveau de l'appareil de sécurité nationale.

Et le nouveau Secrétaire d’État est… John Kerry

Le retrait de la candidature de Susan Rice a levé l’avant-dernier obstacle devant la nomination d’un poids lourd de la classe politique américaine: John Kerry (69 ans). Ce patricien est vétéran de la guerre du Vietnam et candidat démocrate malheureux en 2004. Il est sénateur du Massachusetts depuis 1985 et président depuis 2009 de la puissante commission des affaires étrangères du Sénat.

C’est lui qui a permis à un jeune sénateur de l’État de l’Illinois, du nom de Barack Hussein Obama, peu connu à l'époque, de prononcer le discours d’ouverture de la Convention démocrate de 2004. Faisant de lui quasi instantanément une figure nationale. Quatre ans plus tard, il a endossé la candidature du charismatique natif d’Hawaï. Au grand dam d’Hillary R. Clinton, candidate malheureuse à la nomination démocrate. Pour préparer le leader démocrate à débattre avec le républicain Mitt W. Romney, il a tenu, face à lui, le rôle de celui-ci. C’est lui encore qui s’est chargé, en prévision de la campagne présidentielle, de tourner en ridicule le programme en politique étrangère de l’adversaire conservateur.

En sa qualité de président de la Commission des affaires étrangères sénatoriale, le président Obama l’avait chargé de plusieurs missions délicates à l’étranger. C’est pourquoi on le voyait à l’œuvre à Kaboul, à Damas (avant le début de la révolte populaire), à Islamabad…

**

Au sein du Sénat, la candidature de John Kerry semble largement consensuelle. D’ailleurs, lors d’une conférence de presse, le sénateur John McCain a laissé tomber à propos de son collègue, sur un ton de blague, un «M. le secrétaire d’État»… Avec sa nomination, le processus de remaniement de l’équipe de sécurité nationale du gouvernement Obama sera enclenché et la centralisation de la décision en politique étrangère renforcée. Ce dernier aspect ne manquera pas de mécontenter plus d’un critique du style centralisateur du président démocrate.

5 janvier 2013



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