Apollinaire Singou-Basseha est une figure marquante du paysage culturel congolais. Il est à la fois un témoin et un acteur de la littérature congolaise. Autrement dit, cet homme passionné par son travail est une source digne de foi qui relate les faits en gardant son objectivité…
En effet, depuis un quart de siècle, il s’implique pleinement et entièrement dans la promotion du livre et de la lecture. Au Congo-Brazzaville, celui-ci intervient de diverses manières pour allier les deux passions qui l’animent : le journalisme et la critique littéraire.
Son émission littéraire présentée à la radio nationale bénéficie d’une reconnaissance auprès des auditrices et auditeurs. C’est certainement la raison pour laquelle le présentateur a décidé d’offrir un bonus à son public. Il vient de mettre sur le marché un ouvrage qui présente des entretiens inédits réalisés avec Henri Lopes, Sony Labou Tansi, Matondo Kubu Turé, Alain Mabanckou, Ghislaine Sathoud et Henri Djombo.
À l’occasion de la sortie de ce livre, que nous recommandons à ceux et celles qui veulent découvrir ou redécouvrir les lettres congolaises, nous avons voulu aller à la rencontre de l’auteur.
1) Comment vous est venue l’idée d’écrire ce livre ?
L’idée d’écrire ce livre m’est venue, je crois, quand j’ai rencontré le premier écrivain, quand j’ai commencé à côtoyer le milieu des écrivains. C’est depuis que j’ai commencé à produire les émissions littéraires. J’ai, presque, reçu à mes émissions tous les écrivains congolais. Et surtout lorsque j’ai commencé à approfondir mes études de littératures à l’université Marien Ngouabi dans les années 80. Aussitôt, j’ai eu envie de réaliser des documents de critique littéraire, en comparaison avec les autres pays d’Afrique. J’avais compris qu’il en manquait au Congo. C’était alors pour moi une opportunité à saisir. Parce que dans les entretiens avec les auteurs, je comprenais leurs motivations, leurs intentions et, en plus, je découvrais ce qui les mettaient en mouvement dans l’écriture. Pourquoi ils avaient fait ce choix.
2) Quels étaient vos principaux critères de sélection des personnes qui y figurent ?
J’ai suivi ces auteurs depuis leurs premiers écrits. Et à chaque publication de leurs ouvrages j’étais à leur rescousse. J’ai donc suivi leurs mouvements, leurs actions, leurs parcours et le choix pour ce premier ouvrage m’a était facilité. Le critère de sélection c’est leur présence littéraire tout simplement et ils ne se sont pas limités là. Ils ont continué et continuent toujours à écrire. Vous savez ce n’est pas aussi facile pour publier un livre. Si jusqu’‘ici ceux-là continuent à écrire et publier. C’est qu’ils y croient et ont de la persévérance, car je dirai même que le travail de l’écrivain est comme le travail de soldat.
3) Pouvez-vous nous parler brièvement de votre émission littéraire ?
Tout à fait ! C’est une émission hebdomadaire qui fait le point des littératures sur le plan national et international, de chroniques, de vient de paraitre, et qui donne une place à un créateur des œuvres d’esprit. Cette émission a était créée depuis 1984 et a connu beaucoup d’appellations à cause des humeurs des directeurs de production et programmes qu’on change presque à chaque deux (2) ans : « dialogue des arts », « panorama littéraire », « culture et medias », « autour d’un auteur » « redire les mots », « un clin d’œil », enfin « Bref ! Culture ».
4) Depuis d’innombrables années, vous êtes impliquez dans la vie culturelle. Vous êtes donc un témoin important, un observateur digne de foi qui apportait et apporte encore sa contribution, et ce, de diverses manières, pour renforcer la visibilité de la littérature congolaise. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Je suis sur la scène culturelle depuis des années. j’ai commencé d’abord par le théâtre avec MATONDO KUBUTURE et BATANTOU-OUMBA dans les Ngounga, ensuite je suis allé chez Sony Labou Tansi. Malheureusement, je n’étais pas monté sur scène. Mon travail s’était arrêté seulement sur les exercices vocaux. Question de m’entrainer sur les codes vocaux c’est ce qui m’a permis de bien dire les récits, nouvelles, poésies et autres textes dans le cadre des chroniques et de » redire les mots « une émission d’évocation littéraire diffusée à 21h30 chaque lundi à l’époque.
Grace aussi Tati Loutard et Sony Labou Tansi, j’ai intégré l’union des écrivains congolais (UNEAC) et j’ai assumé les fonctions de président de l’union des écrivains, artiste et artisans congolais de l’ Arrondissement 1 Makelekele, secrétaire général du cercle littéraire FERDINAND MOUANGASSA, président de l’union des écrivains de la ville de Brazzaville, aussi j’ai collaboré dans les journaux de la place et revue culturelle, en qualité de critique littéraire tels que Mweti, la semaine africaine, la rue meurt, Congo-Magazine, les Dépêches de Brazzaville, Magazine Bingo, Amina, Notre Librairie, Africultures, directeur de publication du journal l’autre regard… Et depuis toujours, c’est-à-dire, 1984 j’anime des émissions culturelles et littéraires à Radio Congo, chaine nationale.
5) Avez-vous d’autres projets en cours ?
Beaucoup de projets. Je publie en 2013, Regards croisés sur la littérature congolaise de 1950 à 2000. Un panorama littéraire complet pouvant permettre aux chercheurs et étudiants de découvrir les auteurs congolais ; paroles d’éternité suivi de l’évocation littéraires.
6) Avant de conclure notre entretien, pouvez-vous nous présenter votre ouvrage ?
Confidence et révélation littéraire est un ouvrage bâti autour de six(6) acteurs congolais afin de permettre aux lecteurs de saisir la portée et la complexité de leur discours, leur jeu narratif et passion créative, c’est-à-dire une sorte d’approche littéraire pouvant permettre à tous ceux qui le liront de comprendre les envies et convoitises qu’anime un auteur avant de prendre le stylo et la feuille pour accoucher ce dont il est capable de dire, de narrer.
7) Peut-on affirmer que vous avez suivi le cheminement des personnes présentées dans cet ouvrage durant des années ?
Je crois, si ma mémoire est bonne, que c’est depuis les années 77 que je côtoie le milieu des écrivains et artistes congolais. J’ai presque suivi la plupart des écrivains depuis leurs débuts et entrée dans le domaine de l’écriture, depuis leurs premiers écrits, jusqu’aux derniers …
8) Pour clore notre entretien, avez-vous un dernier mot pour nos lectrices et lecteurs ?
Je crois qu’il faudrait encore travailler, travailler dur jusqu’à ce que je ne puisse pas tomber dans l’oubli, pour être soi-même, exigent et rigueur afin de continuer le témoin que Jean Baptiste TATI LOUTARD nous a laissé. Je crois qu’il faudrait travailler, travailler dur pour faire connaitre la littérature congolaise, travailler dur avec plus de conviction, plus de détermination pour ne pas étouffer la pensée de génération en génération.
Le 29 novembre 2012.