Nous sommes à la croisée des chemins en ce qui concerne la lutte mondiale contre la tuberculose. Selon de récentes statistiques publiées par par l’Organisation mondiale de la santé, l’incidence de nouveaux cas de tuberculose et de décès attribuables à cette maladie a diminué au cours des dernières années grâce à d'importants investissements dans la lutte contre la tuberculose.
Nous avons aujourd'hui recours à des diagnostiques novateurs, le développement de nouveaux médicaments et vaccins progresse et plus de personnes vivant avec le VIH subissent des tests de dépistage. Cette maladie évitable est aussi devenues fort peu coûteuse à guérir, soit environ 20 dollars par patient.
Malgré cela, on comptait en 2011 environ 8,7 millins de nouveaux cas de tuberculose (dont 13 pour cent de personnes étaient co-infectées par le VIH) et 1,4 million de décès attribuables à la tuberculose. En fait, chaque minute, trois personnes meurent inutilement de la tuberculose, la plupart dans des pays en voie de développement.
Malgré le nombre considérable d’infections et les progrès qui ont été accomplis jusqu’ici, la lutte contre la tuberculose demeure sous-financée. On estime le déficit de financement mondial à trois milliards de dollars par année dans le domaine du contrôle de la tuberculose. Le financement que procurent les bailleurs de fonds internationaux est particulièrement important pour maintenir les gains des dernières années et pour continuer de progresser dans les pays à faible revenu. À l’heure actuelle, à peine 500 millions de dollars américains proviennent des bailleurs de fond internationaux - ce qui ne représente que six pour cent de l’ensemble des besoins en soins contre la tuberculose.
Le Canada a longtemps été un chef de file dans la lutte contre la tuberculose, en finançant l’initiative TB-REACH pour augmenter la détection de cas de tuberculose en 2009 et en soutenant le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Toutefois, la récente décision à l’effet de réduire le budget de l’Agence canadienne de développement international (ACDI) de 319 millions de dollars (plus de huita pour cent) sur trois ans aura des répercussions significatives sur les programmes mondiaux de lutte contre la tuberculose. Le gouvernement canadien a déjà annoncé que dans le cadre de ces compressions, les dépenses multilatérales consacrées à la lutte contre la tuberculose seront réduites de 10 millions de dollars par année à compter de 2013. C'est inacceptable à un moment où les investissements mondiaux dans la lutte contre la tuberculose obtiennent des résultats extraordinaires et qu'il est essentiel de continuer de faire des progrès significatifs dans les régions africaines et européennes qui ne sont pas encore sur la bonne voie pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement, soit réduire de moitié les taux de mortalité de 1990 due à la tuberculose, d’ici 2015.
Le témoignage de Stéphane H...
Stéphane H... (nom fictif) habite dans ce que nous appelons un pays du tiers-monde. Il souffrait, il y a plusieurs années d'une toux persistante.
Il nous explique : Le docteur m’a demandé s’il y avait autre chose qui me dérangeaient. Je lui ai répondu que je transpirais la nuit. Il m’a suggéré de faire une radiographie dont les résultats ont été négatifs donc il m’a donné une prescription pour la toux. Une semaine plus tard, ma toux à recommencé et cette fois-ci je suis allé voir une clinique gouvernementale où ils ont pris un échantillon de mon crachat et m’ont demandé de me rendre à l’hôpital général pour une radio. J’ai suivi les directives, obtenu la radio la journée même et suis retourné à la clinique. Lorsque le docteur a vu la radio et les résultats du laboratoire il a couvert sa bouche et son nez. Il ordonna à une infirmière de me donner une injection et de commencer le traitement de la tuberculose."
Stéphane H... a eu la chance d'avoir accès facilement à des diagnostiques et à des traitements, mais des millions de personnes dans sa situation n'ont pas cette chance, en particulier en Afrique. Lorsque la tuberculose n'est pas détectée, on le sait, le malade à 60 pour cent des chances d'en mourir.
Stephen H... (et ce n'est pas un nom fictif dans ce cas) devrait y songer. Rappelons-lui que le financement fourni par l’ACDI pour les programmes de lutte contre la tuberculose a donné d’incroyables résultats et a eu un grande incidence sur le terrain.
Grâce à l’appui de l’ACDI à l’initiative TB-REACH, un partenariat entre l’Université de Munich et l’Institut national pour la recherche médicale a recours à un laboratoire mobile pour dépister rapidement les cas de tuberculose et de VIH dans les régions rurales éloignées de Mbeya, en Tanzanie. Le projet utilise le nouvel outil de diagnostique révolutionnaire, le test Xpert MTB/RIF. C’est la première fois que ce nouvel outil est utilisé au niveau communautaire dans les centres de santé en milieu rural et dans une camionnette mobile. Le projet a connu un succès incroyable, augmentant le taux de détection des cas de tuberculose de 85 pour cent en 12 mois. Les résultats de recherches publiées par le prestigieux journal médical Lancet Infectious Diseases démontrent que TB-REACH réussi a développer des méthodes innovatrices qui favorisent le contrôle de la tuberculose.
Le 25 novembre 2012