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Observatoire des droits humains

Le programme nucléaire iranien au cœur de la visite de Benyamin Netanyahou en France

par
Rédacteur en chef adjoint, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le programme nucléaire iranien suscite de vives inquiétudes au Moyen-Orient et en Occident. La crainte est que la République islamique mène, sous couvert d’un programme officiel civil, un volet militaire clandestin. Ce que dément Téhéran. Sans convaincre, entre autres, la France ou Israël.

La France est un allié traditionnel de l’État hébreu. Elle a joué un rôle clé dans la dotation de ce pays de capacités nucléaires. Sa communauté juive est de loin la plus importante d’Europe. Si une partie des membres de cette minorité a choisi de s’installer définitivement en Israël, ceux qui demeurent dans le pays de Voltaire sont bien intégrés dans la société et participent pleinement à la vie nationale dans tous les domaines d’activité. Ces éléments historiques et sociologiques donnent aux relations entre ces deux pays une touche passionnelle.

Contexte de la visite en France du Première ministre israélien

Benyamin Netanyahou s’est rendu en visite officielle de deux jours, les 31 octobre et 1er novembre, en France. C’est la première fois qu’il a rencontré le président François Hollande, depuis son élection en mai dernier. Si le dirigeant israélien était un proche de l’ancien président Sarkozy, il ne connaissait pas le nouveau locataire de l’Élysée. Étant de deux familles politiques différentes, les deux hommes ne baignaient pas dans les mêmes eaux…

Pour sa nouvelle visite en France, le chef du gouvernement de l’État hébreu ne pouvait espérer de meilleures conditions chez lui, dans la région et dans le monde. En Israël, son opposition est en miettes. S’il s’est allié avec l’extrême droite d’Israël Beitenou (''Israël, Notre maison'': 15 siège sur 120 à la Knesset) du russophone ministre sortant des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, c’est en prévision des élections législatives anticipées du 22 janvier 2013. Dans l’esprit du chef de la droite nationaliste (Likoud: 27 siège), cette liste électorale commune présente au moins deux avantages importants. D'abord, lui assurer une majorité à la Knesset et donc une stabilité gouvernementale. Ensuite, ''s'acheter'' la loyauté de son allié d'extrême droite en échange d'une promesse de portefeuilles ministériels dans le prochain cabinet. Privant le chef de Kadima (28 députés), Shaul Mofaz, ancien chef d’état-major de Tsahal, de destin national.

Le chef de l’extrême droite sait tout l’intérêt qu’il peut tirer à court et long termes de son alliance avec le favori des sondages du moment. Lui qui se rêve en futur leader de la droite. D'où sa retenue de faire de l’ombre au chef du Likoud. D’ailleurs, pour le moment, les deux hommes s’accordent sur plusieurs dossiers de politique étrangère et le premier d’entre eux s’est assuré de garder la haute main sur les affaires étrangères de son pays.

Au niveau régional, le processus de paix est au point mort. L’Autorité palestinienne est plus affaiblie que jamais et les Palestiniens n’ont jamais été aussi loin d’une réconciliation. La crise syrienne et le dossier litigieux du nucléaire iranien enlèvent toute pression sur Israël pour qu’il fasse des concessions aux Palestiniens en termes de cessation de la colonisation juive des territoires arabes occupés (Cisjordanie et Jérusalem-Est). La campagne électorale américaine a elle aussi apporté l’illustration, s’il en était encore besoin, de la surenchère des candidats démocrate et républicain dans le soutien à l’État hébreu face à toute menace iranienne. Avec l’œil rivé sur l’électorat juif américain.

François Hollande confirme la position française sur le dossier nucléaire iranien

Le dossier du nucléaire iranien est un sujet qui préoccupe au plus haut point la société israélienne. Celle-ci craint qu’une République islamique dotée de la bombe atomique s’en serve contre elle. Même si on peut estimer que cette peur est exagérée ou qu’elle est davantage de l’ordre de la paranoïa que de celui de la rationalité, convenons quand même que plusieurs éléments tangibles ne sont pas rassurants pour l’État hébreu. D’abord, la rhétorique négationniste du pouvoir iranien. Ensuite, les déclarations belliqueuses de dirigeants iraniens, dont le président Mahmoud Ahmadinejad, à l’endroit de ''l’entité sioniste''. Enfin, l’aide multiforme apportée successivement aux ennemis d’Israël: l’OLP d’avant les accords d’Oslo, le Hamas et le Hezbollah libanais. Tous éléments devant servir à séduire l’opinion publique arabe, mais qui ne sont pas de nature à rassurer les Israéliens sur les intentions du régime des mollahs.

Benyamin Netanyahou s'est engagé avec les Iraniens dans une escalade verbale inquiétante. Au point que le président Shimon Perès en personne ainsi que des généraux et d'anciens responsables des services secrets ont cru nécessaire de mettre en garde leur gouvernement contre les conséquences pour leur pays de frappes préventives dites ''chirurgicales'' des installations nucléaires de la République islamique. Mais au lieu d'y prêter une oreille attentive, le Premier ministre a préféré menacer, à plusieurs reprises, l'Iran d’attaque imminente. Après avoir parlé par exemple de la ''surprise d’octobre'', il a fini par la repousser au printemps, voire à l’été 2013. Des menaces prises à la légère par le président iranien lors de son passage, en septembre dernier, à New York pour l’Assemblée générale ordinaire de l’ONU.

Si M. Netanyahou a échoué à obtenir du président américain, pourtant plongé en pleine campagne électorale pour un second mandat, le feu vert d’attaquer ces infrastructures nucléaires ou de fixer une ''ligne rouge'' au-delà de laquelle Washington agirait, il a en revanche vu les débateurs et candidats démocrate et républicain, Barack H. Obama et Mitt W. Romney, verser dans la surenchère dans l’attachement à la sécurité de l’État hébreu et la menace de frapper un Iran en voie de devenir une puissance nucléaire. Deux motifs de satisfaction pour le dirigeant israélien.

C’est fort de ces déclarations d’intention américaines que le Premier ministre israélien s’est rendu en visite officielle de deux jours en France.

Il a abordé pendant une heure avec le nouveau locataire de l’Élysée le dossier du nucléaire iranien et discuté de «détails spécifiques» relativement au renforcement des sanctions. Il savait déjà que Paris privilégie non la voie militaire, mais l’option diplomatique et le renforcement du programme de sanctions internationales à l’endroit de la République islamique pour la contraindre à renoncer à son programme nucléaire. Tout comme Washington et les autres membres du ''Groupe des 5+1'' (les cinq membres du Conseil de sécurité de l’ONU et l’Allemagne). Si ces puissances soupçonnent Téhéran de vouloir se doter de l’arme atomique sous couvert d’un programme nucléaire civil officiel, celle-ci rejette énergiquement un tel soupçon au point où l’Ayatollah Ali Khamenei, le chef réel de l’exécutif iranien, est allé de son argumentaire religieux à l’appui de cette négation. Sans convaincre ces grandes puissances.

En présence de son visiteur, le Président français a demandé à la République islamique de poser «des gestes concrets» attestant de l’abandon de la recherche militaire nucléaire. Pour lui, une puissance nucléaire iranienne «est une menace qui ne peut pas être acceptée par la France». Et de menacer: «Nous avons fait voter plusieurs sanctions et nous sommes prêts à en faire voter d'autres, autant qu'il sera nécessaire». Pour lui, une bombe iranienne serait une menace non seulement pour Israël, mais également pour le reste du monde. Cela dit, il a précisé ne pas s’opposer au développement par ce pays d’une technologie strictement à usage civil.

Le Premier ministre israélien a salué «la fermeté» du dirigeant français.

Un geste pour les Palestiniens…

François Hollande et Benyamin Netanyahou ont également abordé la question du processus de paix israélo-palestinien. Mais ce processus est au point mort depuis septembre 2010. Pour revenir à la table des négociations, le président de l’Autorité palestinienne (AP) exige d’Israël qu'il mette un terme à sa politique d’expansion des colonies juives en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Une exigence que ne saurait accepter la coalition droitière au pouvoir en Israël étant donné le rapport de forces qui lui est favorable, sa conception de l'avenir d'Israël et ses alliances politiques. Elle qui, si elle était prête à procéder à un partage de la Cisjordanie selon sa propre définition des termes de la sécurité d'Israël, ne saurait renoncer à une Jérusalem «unifiée» puisqu'elle serait, à en croire M. Netanyahou, «depuis trois mille ans, la capitale du peuple juif», et, d'averitr: «nous sommes déterminés à ce qu’elle le reste» (Cf. son entrevue du 30 octobre 2012, Paris-Match). Donc, Jérusalem-Est ne serait pas un «territoire occupé» (affirmation contraire au droit international). Pour ajouter le geste à la parole, le gouvernement a annoncé, le 18 octobre, un projet de construction de 1500 nouveaux logements en Cisjordanie, dont 800 dans la seule Jérusalem-Est. Un geste destiné à changer sa démographie.

Même si l'AP exige d'Israël la cessation de la colonisation juive dans les territoires occupés avant toute reprise du dialogue, cela n'a pas empêché M. Netanyahou d'appeller Mahmoud Abbas à passer directement à la table de négociations «sans conditions préalables». Mais pour le leadership palestinien, la colonisation compromet à terme tout projet d’État palestinien viable et durable vivant côte à côte, dans la paix et la sécurité mutuelles, avec l’État d’Israël.

En abordant la question du conflit israélo-palestinien avec M. Netanyahou, le locataire de l’Élysée savait que sa marge de manœuvre était limitée et qu’il ne pouvait donc exercer sur lui la moindre pression significative. Le dirigeant israélien ne tient-il pas toutes les cartes en mains? Ne bénéficie-t-il pas d’un contexte politique favorable puisque les Palestiniens demeurent divisés, l’AP est agonisante et les États-Unis plongés en pleine campagne électorale? Dans ce contexte, on s'attendait à ce que le président Hollande se contente d'assurer un service minimum et donc de sauver les apparences. Mais au lieu de se contenter de réitérer la position traditionnelle de son pays: une paix négociée débouchant sur deux États, le dirigeant français a fait un pas de plus que son prédesseur en faveur d'Israël. Il a affirmé que c'est la négociation avec l’État hébreu qui devrait être la voie d'accession à un État palestinien et non le recours à l’Assemblée générale de l’ONU comme le prévoit la démarche volontariste du président Abbas. Apportant un motif supplémentaire de satisfaction au visiteur israélien.

**

Benyamin Netanyahou a toutes les raisons du monde de se réjouir de sa rencontre avec le nouveau président français. En dehors de quelques divergences sur "le comment", les deux dirigeants cultivent une "communauté de pensée" au moins sur deux questions d’importance pour son pays: le dossier du nucléaire iranien et le conflit israélo-palestinien. L'Iran et l’AP ont dû quant à eux se sentir un peu plus isolés.

3 novembre 2012



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Il y a actuellement 1 réaction.

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Tres bonne analyse
par Siham le 4 novembre 2012

It's such a sad thing that the inside of Israel has been churcning and approaching a critical mass now for years, but the Arab neighbors against whom Israel transgressed several times over, are so busy ver their own petty things, and not seeing the big picture. They don't, and never believed in a temporary truce-like union with one goal in commun all ideologies and beliefs and conflicts set aside. If they knew how to do that, and Israel caught wind of it, they'd be $I-Iitting bricks, but then again, they are known to have long sightedness and millions of spies out there highly places within our very nice governing Arab and Amazigh families.

This said, and I do believe that Iran is building a nuclear arsenal, and I also do not agree with Iran's politics at all nor do I consider a tyrranical Islamist highly sectarian state, not much different from ISrael in terms of the principles of hatred and survivalism it is built on. I would however like to add that it is none of anybody's goddamn business what they're developing for the following reasons

I. Everyone else

  1. 1. Israel is the ONLY state in the region who not only develop nuclears, but it does so publicly, and with the aid of the US and the UK
  2. 2. The USA, the UK and Ms France itself make not only Nuclears but WMDs as well. Nobody's ever raised an eyebrow,
  3. 3. Other than these key states, you still have: South Korea, China, Russia, India and Pakistan ... Have you ecer hear anybody bringing this up in the UN or prposing we attack these countries on these bases or send them committees to watch their every moves?

II. What happened with Iraw in recent history.
GW Bush II got the world afraid of Iraw, a very poor sanctinned country at the time, on grounds of it develo[ing a nuclear system and having its hands on Weeapons of Mass Destructions. To this day,

  1. over a Million Iraqis have died,
  2. Millions of orphans, widows and childness mothers have become to exists.
  3. Millions misplaced and scattered around the work
  4. Hundreds of thousands have been jailed and tortured on false pretenses
  5. Hundreds of thousands were build with severe and serious birth defects caused directly by the world's sanctions to the country, and the US and the US using some of it as sites to dump THEIR nuclear waste.
  6. Sectarian bloody war that doesn't seem like it's ending soon. Surprisingly, said sects were living together in harmony before (relative)
  7. Hundreds f billions in damages
  8. Cowboy-like mentality in complete anarchy in taking matters into the US hands even after the UN said no, and the legal international observers found no evidence of WMDs ... people still and are still paying a hefty price

Funny part ... no Nuclerar, no WMD, and not even a single trace of them was ever found in Iraq ... Iraq is the name of A country ... replaceable with any other country who happened to not be in line with the major powers od today's political and somewhat financial world.

 

I say HANDS OFF IRAN ... we've made one mistake, haven't even fixed it, and already looking for the next victim. Whether I agree with their ideologies or not, this is a purely political and human issue to me. Either we raise hell on everyone who has WMD or a Nuclear arsenal, or we back off all of them and leave it open and free to anyone who wants and can,

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Cet article fait partie de

La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef adjoint

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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