Denise Bernhardt est l’auteure de plusieurs ouvrages. L’un d’eux, le plus récent, qui vient juste de paraître s’intitule « Que l’Espérance Demeure ». C’est une œuvre à quatre mains écrite avec le poète Haïtien Webert Charles. Soulignons en passant que l’écrivaine, qui a obtenu de nombreux prix, est également déléguée pour Haïti de la Société des Poètes français.
1) Pouvez-vous vous présenter en quelques mots?
Je suis née poète, si on peut dire, à 11 ans j’étais publiée dans « le Républicain Savoyard « et le Dauphiné Libéré « mais ce n’est qu’en 1997 que j’ai publié mon premier recueil à La Librairie Racine à Paris, à Saint Germain des Prés . Suivirent une douzaine de plaquettes et de grands Prix. En 2004 je fis la rencontre sur un forum, de jeunes poètes haitiens, Duccha (Duckens Charitable ) et James Noel, ce qui fut un grand tournant dans ma vie littéraire. A coté de la poésie haitienne, toute autre me paraissait fade et sans saveur .Etant déléguée pour Haiti de la Société des Poètes Français, je fus amenée à écrire en Duo, avec Duccha et Yves Romel Toussaint,enfin avec Webert Charles . Ces échanges étant des plus enrichissants. Nous avons donc publiés 5 recueils en Duo, avec ces amis.
2) Vous venez de publier un ouvrage avec l’auteur Haïtien Webert Charles, quelle est la genèse de votre projet d’écriture ?
J’étais disponible, depuis « Tremblements de cœur » avec Yves Romel Toussaint, et nous avions tous les deux envie d’écrire. Nous avions échangé des poèmes par internet (Facebook parfois ) et j’avais pu me rendre compte de son talent , de son calme ,de sa gentillesse, Ce qui est important dans ce genre d’aventure amicale.Je ne sais plus lequel a lancé « et si nous écrivions ensemble, ? » mais le OUI fut spontané, de part et d’autre.
3) De quoi est-il question dans ce recueil de poésie ?
Il est question des douleurs de l’exil, de tristesse et de nostalgie, et bien sur de la beauté de l’amour sans laquelle nous ne pourrions vivre.
4) Comment s’est déroulée la rédaction de l’ouvrage ? Aviez choisi ensemble les thèmes à aborder ?
Notre plan était assez simple, je vis en France, et Webert à Port-au-Prince, un dialogue poétique s’est établi, par internet, comme une correspondance. Un poème répondait à un autre ,et nous avons gardé en grande partie l’ordre chronologique, que par la suite mon ami de plume, composa en chapitres. Nous avons choisi les grands thèmes dont l’exil, la douleur insulaire, mais rien de rigide dans le cours de l’écriture, nous étions libres.
5) L’éloignement géographique a-t-il eu un impact négatif sur l’avancement de votre projet ?
Non pas du tout, si ce n’est le désir souvent de nous connaître, de se voir, se parler, toutes choses naturelles entre deux personnes qui s’apprécient et font œuvre commune .L’éloignement est au contraire source d’inspiration, puisque tout se passe entre deux cœurs entre deux âmes, rien d’extérieur ne venant perturber nos échanges.
6) En lisant la quatrième de couverture de votre livre, les mots suivants ont retenu mon attention : « des blessures ouvertes ». Quelles sont-elles ?
En effet c’est notre préfacière Marie -Alice Théard qui emploie cette expression .Tout enfant d’Haiti est un survivant , des guerres ,des dictatures , des catastrophes naturelles, et l’esclavage est une blessure qui ne se refermera jamais. Il doit affronter l’existence avec une énergie décuplée étant donné les grandes difficultés dans lesquelles son pays se débat toujours. Ce qui est facile chez nous est presque insurmontable dans les ¾ du monde
Notre pâle Europe, est un pays riche, mais ce n’est pas là le point G du bonheur. Nous avons tous nos regrets et nos manques.et la vie passe si vite.
Avez-vous quelque chose à ajouter pour conclure notre entretien ?
Je dois remercier Webert Charles de m’avoir fait l’honneur d’écrire avec moi, de m’avoir donné les beautés de son esprit, de son cœur, et je souhaite le succès à notre recueil le bien nommé car il faut dans notre monde tourmenté
Denise Bernhardt, Sociétaire des Poètes Français, Montmorency le 15 Octobre 2012 (France )
Déléguée pour Haiti
Le 18 octobre 2012.