Regard sur nous et ouverture sur le monde
Indépendant et neutre par rapport à toute orientation politique ou religieuse, Tolerance.ca® vise à promouvoir les grands principes démocratiques sur lesquels repose la tolérance.
RECHERCHER: 
Chargement
Regard sur nous et ouverture sur le monde
Indépendant et neutre par rapport à toute orientation politique ou religieuse, Tolerance.ca® vise à promouvoir les grands principes démocratiques sur lesquels repose la tolérance.
Observatoire des droits humains
Recevez gratuitement notre Newsletter !

Regard de Nganenu sur les Présidentielles américaines : Les débats

par
Professeur associé, Université de Cleveland, Ohio

En 2008, j’ai porté mon regard sur les campagnes qui constituent un aspect important de la course pour les postes des élus aux USA. On est homme/femme politique véritable au pays de John F. Kennedy et autres Ronald Reagan,  Bill Clinton, quand on a une idéologie, un plan véritable pour le développement de sa communauté, de son état, de sa nation. Plus les offres sont nombreuses et différentes en qualité et en nature, mieux prononcé sera le choix.

Les campagnes sont un lieu non seulement de vente de son programme, mais surtout de soi-même. L’Américain(e) ne donne sa confiance qu’à celui/celle qu’il/elle sait compétent(e), apte à la fonction visée.

Le face à face entre les candidats est une autre mesure sans pareil. Il nous révèle les tempéraments, la mesure humaine de l’homme. Car si lors des campagnes on est seul à parler aux foules du reste éloignées du locuteur, lors des débats on affronte, confronte, et se faisant, on s’étale en étalant sa face cachée, ses hideurs. Le premier des trois débats pour les Américaines de 2012 a mis à nu deux hommes que tout éloigne.

On attendait ce moment depuis les Conventions pendant lesquelles le Démocrate, Barack Obama, et le Républicain Mitt Romney avaient officiellement accepté leurs nominations comme candidats pour la Maison Blanche. On y avait glosé beaucoup pour chacun des candidats, les épouses en tête. Véritables forum des dithyrambes, les Conventions auraient projeté favorablement le candidat démocrate qui, depuis lors, avait le vent en poupe. Le président sortant était en tête de tous les sondages. Ceux-ci constituent la mesure de l’acceptation ici et maintenant de tout politique aux Etats-Unis. Les uns et les autres minimisent leur impact, mais au fond, on jubile ou fulmine selon la direction du vent des sondages. Pendant des semaines, le président Obama avait fait balancer le cœur de ses concitoyens qui, pour la grande majorité, boudaient le millionnaire Romney, né avec un compte bourré de dollars. 

Cependant, depuis le 1er débat, l’Amérique est en émoi. On parle beaucoup de la mauvaise performance d’Obama. On affirme ici et là que l’homme est apparu détaché du devoir. On parle d’un Obama fatigué, pire d’un Obama paresseux au terme de quatre ans de pouvoir, incapable de tenir le débat contre Romney. Obama aurait perdu non sur le fond, mais sur la forme. Depuis le 1er débat Romney aurait le vent en poupe.

Et pourtant, la coudée d’avance qu’enregistre Obama sur Romney s’observe à la fois sur le plan national et à l’échelle des États. Elle est encore plus prononcée dans les États pilotes qui souvent déterminent les victoires aux présidentielles, notamment l’Ohio et la Floride. Cet écrasement n’est dû ni à  l’économie qui tarde à reprendre avec vigueur, ni à l’entrain d’Obama. Plutôt, il est dû aux maladresses d’un cynique fils à papa, millionnaire dès sa conception. Cette maladresse est apparue clairement dans les déclarations privées du candidat Romney qui suggérait que 47 % de ses compatriotes ne sont ni plus ni moins que de pauvres gueux, de minables jouisseurs qui attendent tout de l’État. Pire, lors du débat Romney s’est attaqué à Emo, cet oiseau symbole de la générosité et de l’amour pour les démunis. En déclarant au modérateur, Jim Lehrer, qu’il fermerait PBS, la chaine publique qui diffuse Sésame Street, l’émission pour enfant d’où figure Emo, Romney maculait un peu plus sa candidature.

Reste que la mauvaise performance d’Obama à ce premier débat suscite quelques questions. Est-il encore l’homme de l’espoir ? Est-il le candidat qui finira par sortir l’Amérique des années de galère que le pays traverse depuis la présidence de George W. Bush? Si oui, comment interpréter sa mauvaise performance devant 70 millions de téléspectateurs? A la veille du 2nd débat, ces questions que se posaient à la nation. Mieux, celles fondamentales persistaient : qui d’Obama ou de Romney a une vision les USA de demain ? Qui d’Obama ou de Romney prendra les gouvernails des USA pour le bonheur non de quelques-uns mais de tous? Qui des deux permettra à la classe moyenne de prospérer à nouveau?

Le débat d’hier soir a vu deux pugilistes en action, deux poids lourds de la politique américaine. A peine a-t-on donné la victoire au candidat sortant que déjà, les yeux sont tournés vers le IIIème et dernier débat.

Le IIIème et dernier, j’en suis convaincu, conduira au désaveu de l’un ou à la consecration de l’autre. Quels qu’en soient les résultats pour les présentes présidentielles américaines, les débats nous rappellent le poids de la palabre comme outil efficace pour choisir nos gouvernants.

17 octobre 2012

 



Réagissez à cet article !
Pour écrire votre réaction, nous vous encourageons à devenir membre de Tolerance.ca® ou de vous identifier si vous êtes déjà membre. Vous pouvez poster une réaction sans devenir membre, mais vous devrez compléter vos informations personnelles pour chaque réaction.

Devenir membre (gratuit)   |   S'identifier

L'envoi de votre réaction est soumis aux règlements et conditions de Tolerance.ca®. Vous devez lire Les règlements et conditions de Tolerance.ca® et les accepter en cochant la case ci-dessous avant de pouvoir soumettre votre message.
Votre nom :
Courriel :
Titre :
Message :
 
  J'ai lu et accepté les règlements et conditions de Tolerance.ca®.

© 2013 Tolerance.ca® Inc. Tous droits de reproduction réservés.

Toutes les informations reproduites sur le site de www.tolerance.ca (articles, images, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par Tolerance.ca® Inc. ou, dans certains cas, par leurs auteurs. Aucune de ces informations ne peut être reproduite pour un usage autre que personnel. Toute modification, reproduction à large diffusion, traduction, vente, exploitation commerciale ou réutilisation du contenu du site sans l'autorisation préalable écrite de Tolerance.ca® Inc. est strictement interdite. Pour information : info@tolerance.ca

Tolerance.ca® Inc. n'est pas responsable des liens externes ni des contenus des annonces publicitaires paraissant sur Tolerance.ca®. Les annonces publicitaires peuvent utiliser des données relatives à votre navigation sur notre site, afin de vous proposer des annonces de produits ou services adaptées à vos centres d'intérêts.





Cet article fait partie de

Le point de vue de Gilbert Doho

Gilbert Doho est professeur associé (Associate Professor) au département des Études françaises et le directeur fondateur des Études ethniques, Case Western Reserve University, Cleveland, Ohio.  Il est spécialisé dans le théâtre français du 20ème siècle, dans les études francophones, dans le cinéma... (Lire la suite)

Lisez les autres articles de Gilbert Doho
© Droits réservés. Tolerance.ca® Inc.