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Cinquantenaire de la Journée internationale de la femme africaine : un combat pluriel


(French version only)

Le débat houleux sur l’égalité des sexes dans plusieurs régions du monde, qui a éclaté depuis fort longtemps déjà, ne cesse d’alimenter les discussions. Même son de cloche du côté de l’Afrique : contrairement à ce que beaucoup croient, bien des gens — pas forcément pour les mêmes raisons — s’intéressent au combat des femmes. Les contestations sont étalées au grand jour et le développement de cette pratique est en plein essor. Atteindra-t-elle son apogée ? La seule certitude, c’est que le sujet n’est pas clos.  

Et pour cause : les grandes dissemblances entre les hommes et les femmes dans divers aspects de la vie quotidienne dérangent. Ces écarts, à eux seuls, poussent cette couche sociale marginalisée à  se rabattre sur les lois pour tenter d’éradiquer les discriminations.                 

Hormis cette dimension purement légale, il s’agit avant tout d’une volonté de se départir de certaines perceptions réductrices : celles qui consistent à « catégoriser » les femmes en se fondant sur des considérations injustes.  

Il apparaît crucial à l’occasion de la Journée internationale de la femme africaine, dont nous célébrons cette année le cinquantenaire de son institution, qui est célébrée annuellement le 31 juillet, de réfléchir à cette problématique.

Force est de constater, hélas, qu’un demi-siècle après, les luttes demeurent à une étape embryonnaire.  Des avancées existent, on ne peut pas nier ce fait. Cela ne signifie pas pour autant que les femmes en tirent réellement profit. N’oublions tout de même pas que certaines d’entre elles — la majorité d’entre elles ? —  sont encore lacunaires. Et ça, il suffit d’être attentif et objectif pour constater cette réalité affligeante.

En effet, ayons aussi l’honnêteté de reconnaître qu’entre les textes et la réalité, il existe un grand fossé. Au jour le jour, les femmes sont encore confrontées à des discriminations. Quant aux violences à leur égard, elles sont omniprésentes, surtout dans la vie familiale. Mais pas seulement. Ailleurs aussi. Notamment dans le cadre professionnel…

Il reste une question essentielle : comment renforcer la protection des droits des femmes ?

Des discriminations inadmissibles

La question posée précédemment résume bien les préoccupations actuelles sur la condition féminine. Il faut remonter à une période bien lointaine pour comprendre l’oppression exercée sur les Africaines. Quelle que soient les initiatives menées, les tâches à accomplir sont immenses pour parvenir à « embellir » les avenues sinueuses de la condition féminine.  En fait, il ne peut pas en être autrement…

Dans l’Afrique ancestrale, on le sait, le parcours des femmes était jalonné de nombreux obstacles. L’on sait aujourd’hui que le droit à la scolarisation des filles a été obtenu au prix de moult sacrifices.  De nos jours, cet engagement continue car la question de l’éducation des filles mobilise toujours les énergies, et avec raison !

Il faut souligner que malgré le fait que cette problématique ait été intégrée comme l’une des priorités des Objectifs du Millénaire du développement, l’égalité n’est pas encore acquise. Cette égalité dans l’éducation tant réclamée sera-t-elle atteinte un jour ? Les ambitions affichées dans les déclarations ne sont pas toujours prises en compte. Poser cette question n’est aucunement une manière de sombrer dans le pessimisme, loin de là.

En effet, la réalité montre bien que dans les villes africaines, beaucoup de filles abandonnent les études pour se marier. Plusieurs Africaines, en Occident et en Afrique, ne peuvent pas travailler à l’extérieur du foyer conjugal  parce que leurs époux pensent que l’épanouissement professionnel d’une femme est une menace pour la  « stabilité »  du mariage. Des épouses malheureuses, victimes de toutes sortes d’abus, « s’agrippent » au mariage parce que le célibat et le divorce sont réprimandés dans les mœurs.  

Certains clament haut et fort que le combat des femmes est un déni des valeurs ancestrales, justifiant ainsi leur volonté de s’opposer à l’émancipation féminine. D’autres, en revanche, rejettent avec force ces arguments. Depuis des temps immémoriaux — et cette tendance ne faiblit pas — cette confrontation perdure.  La raison de cela : le besoin irrépressible d’exiger le respect  de la dignité humaine.

Des besoins immenses

Au fond, ce qui compte pour les Africaines, c’est qu’elles aient des droits. Des droits identiques à ceux de leurs congénères masculins. Bien sûr, c’est écrit noir sur blanc dans les documents juridiques.  Et ce n’est pas tout : comme chacun le sait, les déclarations des dirigeants politiques abondent dans le même sens.

Une chose est sure, au-delà de la dimension légale et du discours officiel, il est indispensable que les militants, tous sexes confondus, qui s’intéressent à ces enjeux puissent observer des progrès tangibles. À bien regarder, il y a de forts contrastes qui doivent servir de repères lors des évaluations du chemin parcouru concernant les droits des femmes.  En d’autres mots, la concordance entre les textes et le vécu des citoyens  est une condition sine qua non pour reconnaître l’existence des lois.

Un autre sujet fait débat : l’intégration des femmes dans les secteurs dits non traditionnellement féminins.

En tout cas, oui, on peut conclure que le travail réalisé en amont encourage à la persévérance. Mais attention : rien n’est gagné pour l’instant. Lors de l’inauguration de la Commission de la Santé de la Femme dans la Région africaine, Ellen Johnson Sirleaf, la Présidente du Libéria affirmait :

« Le moment est venu d’intensifier nos efforts, en partenariat avec d’autres institutions multilatérales et bilatérales, et d’aborder  la question de la santé des femmes, de l’égalité des genres et des droits humains, afin d’obtenir un résultat rapide et tangible en Afrique. » (1)

Nous espérons que ce message sera entendu. Par ailleurs, plusieurs autres voix tirent la sonnette d’alarme, réclament encore et toujours l’amélioration des conditions de vie des Africaines.

Quelles sont donc les recommandations à suivre pour faire avancer la condition féminine en Afrique ? Quels mécanismes faut-il mettre en place pour que les Africaines établies dans des pays occidentaux n’aient pas à vivre des drames, des violences tues et subies ? Comment emmener ces femmes à « dompter » la peur du rejet de la communauté d’origine pour dénoncer les violences ? Comment faire comprendre aux personnes immigrées que la réussite de  l’intégration professionnelle d’une épouse n’est pas incompatible avec ses responsabilités familiales ? Comment intégrer dans les mentalités que garder une compagne « prisonnière », refuser qu’elle occupe un emploi pour la maintenir dans une dépendance financière est une violation de la liberté ?

Les chantiers sont nombreux, n’est-ce pas ? Qu’il s’agisse des Africaines qui vivent dans leur contrée d’origine ou de celles établies dans les sociétés occidentales, toutes sont rattrapées par des mentalités anciennes. Des mentalités qu’il faut absolument combattre. Voilà ce qu’il ne faut jamais perdre de vue. Cela peut s’avérer décourageant pour ceux et celles qui s’engagent activement dans la lutte contre les discriminations.

En guise de conclusion

Tout compte fait, la problématique de l’égalité des sexes est beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît.  Les contradictions apparaissant dans les discours  ne constituent que la partie visible de l’iceberg. Se fondant sur une approche globale, les personnes qui prônent l’égalité réelle entre les hommes et les femmes poursuivent, avec les moyens du bord, leurs revendications. Jusqu’où ? Où en est-on  et où va-t-on ?  

Mais, chose certaine, dans cette histoire,  il faut s’attendre à de nombreux rebondissements. En réalité et bien malheureusement, ceux-ci ne seront pas toujours en faveur de la promotion des droits humains.

Cependant, ce qui est réconfortant, c’est de constater que ce sujet est sur toutes les lèvres : voilà un indice important qui sert de baromètre pour jauger l’évolution du débat.

Qu’on le veuille ou non, cela confirme qu’un vent de changement est entrain de souffler.  Du moins, c’est ce que l’on espère….

Bref, c’est dans l’air du temps…

 

Note :

1) OCDE, « Investir en faveur des femmes et des filles – Stratégie pionnière vers la réalisation des OMD», www.oecd.org

 

Le 26 juillet 2012.

 

 



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Ghislaine Sathoud's Column
By Ghislaine Sathoud, écrivaine

Ghislaine Sathoud was born in Pointe-Noire in Congo Brazzaville. She works and resides in Canada.

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