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Nkosazana Dlamini-Zuma : première femme à diriger l’Union Africaine

Depuis un bon nombre d’années, le débat sur les inégalités de genre en matière de représentation féminine aux postes stratégiques et décisionnels redouble d’ampleur. Si les organisations vouées à la cause des femmes accélèrent la cadence  pour  pointer du doigt les conséquences sociales des discriminations sexistes, force est d’admettre que les acteurs internationaux, eux aussi, comprennent la nécessité de s’attaquer vigoureusement à ce phénomène. Un phénomène qui, comme le montrent si bien de nombreux experts dans leurs analyses, constitue un frein majeur pour le développement d’une société.

L’Union Africaine, une organisation régionale regroupant plusieurs pays, s’adapte aux tendances actuelles en affichant clairement sa volonté de renforcer le rayonnement du leadership féminin. Cependant, on peut à juste titre se poser la question suivante : la mobilisation sur la réduction des écarts entre les sexes apporte-t-elle des changements tangibles au sein de cette institution ?

Il est difficile de répondre avec certitude à cette question. Quand vient le temps d’évaluer l’évolution de la condition féminine — si évaluation il y a — , le point essentiel, c’est d’aller au-delà des apparences, de produire des analyses sur la forme et le fond et de rechercher  l’impact des mesures prises sur la population ciblée.

Une chose est sûre, la prise en compte des questions ayant attrait à l’égalité des sexes  fait son petit bonhomme de chemin  et s’intègre dans les politiques et pratiques internes de l’Union Africaine. Le processus de reconnaissance du rôle de la femme dans le développement —  entamé depuis un certain temps — se poursuit tant bien que mal. Jusqu’où ira-t-il ? L’avenir nous le dira…

Pour l’instant, en tout cas une mince lueur d’espoir semble se dessiner. La récente élection de la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, qui s’est déroulée ce 16 juillet 2012, peut être considérée comme une avancée dans la lutte contre la confiscation des droits des Africaines.  Quelles seront les prochaines étapes ?

L’Union Africaine et les droits des femmes

Rappelons d’emblée que l’Union Africaine adopta en 2003 un Protocol relatif aux droits des femmes en Afrique. C’est lors du Sommet de la dite organisation tenu à Maputo, au Mozambique, le 11 juillet 2003, qu’a eu lieu cet événement historique. Soulignant en passant que ce Protocole est un complément de la Charte Africaine des droits de l’homme et des peuples. Disons que, grosso modo,  cet instrument juridique vise à soutenir la promotion et la protection des droits des femmes.

Au regard des objectifs énoncés, nous ne pouvons qu’applaudir une telle initiative. C’est bien connu : pour toutes sortes de raisons, les droits des Africaines sont bafoués, et ce, tant dans la sphère privée que dans la sphère publique ! Prenons par exemple le cas des violences à l’égard des femmes, elles s’exercent dans l’intimité familiale et surtout, oui surtout, celles-ci s’expriment aussi sous les yeux de l’opinion publique mondiale. Lorsqu’il y a des crises politiques, le viol est utilisé comme une arme. Aujourd’hui encore des pratiques inhumaines perdurent : les populations innocentes, faut-il le rappeler, payent un lourd tribut aux guerres !

L’actualité du continent africain  envoie un message très clair et précis : cet organisme continental a vraiment du pain sur la planche. Quel est le parcours de Madame Nkosazana Dlamini-Zuma, la remplaçante du Président sortant, le Gabonais Jean Ping ?

 

Nkosazana Dlamini-Zuma : une politicienne expérimentée

L’Union Africaine (UA) est née sous les cendres de son ancêtre, la défunte Organisation de l’unité africaine (OUA),  qui fut active de 1963 à 2002. Fait important à mentionner : c’est la première fois qu’une femme accède à ce poste de responsabilité. Il est plus temps que des faits similaires se reproduisent afin d’éradiquer le fléau qui accorde un caractère « extraordinaire » à des réalités qui seraient « normales »  si les mentalités voulant que les femmes soient perçues comme des citoyennes de seconde zone n’existaient pas.

Le président français François Hollande parle d’une « présidence normale ». Empruntons ce slogan pour rendre  « normale »  l’accessibilité des femmes dans des milieux dits traditionnellement masculins.

À propos de ceux-ci, la présidente de l’Union Africaine « n’atterrit » pas en zone inconnue. La politique est un bastion masculin, mais notre héroïne a, assurément, trouvé sa place.  

Membre du Congrès national africain (ANC), le parti de Nelson Mandela, cette femme dotée d’une vaste expérience politique occupa  tour à tour en Afrique du Sud les postes de Ministre de la santé, Ministre des Affaires étrangères et Ministre de l’intérieur. 

Toutes ces expériences lui donnent des compétences transférables pour assumer ses responsabilités dans son nouvel emploi.

Pour conclure, un rappel s’impose : l’Union Africaine vise, entre autre objectifs, à protéger la souveraineté des États. Or, dans certaines régions du contient, des conflits provoquent l’exode massif des milliers de personnes qui fuient les zones de combat. Mais ce n’est pas tout : d’innombrables voix s’élèvent pour dénoncer l’ingérence des puissances étrangères dans les affaires intérieures de certains États…

Ces contestations populaires s’amplifient au fil des années. Quant à savoir si elles sont fondées sur des données vérifiables ou si ces rumeurs sont des fausses allégations, cette volonté d’éclaircir ces soupçons persistants n’est pas l’objet de notre réflexion.  Ce qui retient notre attention,  c’est le rôle de premier plan que doit jouer cette institution pour préserver la paix. Sur ce point précis, retenons ceci : respecter les droits des femmes est un principe prioritaire à respecter pour réussir l’implantation des processus de paix.

L’arrivée d’une femme à la tête de l’Union Africaine accélérera-t-elle l’acquisition d’une politique solide sur l’égalité des sexes ? Bref, nous ne pouvons qu’espérer que l’élection de la nouvelle présidente soit suivie de d’autres gains visant le même but : permettre à la population féminine africaine, qui est majoritaire, de participer pleinement aux prises de décisions collectives.  

 

Le 16 juillet 2012.

 

 

 

 

 

 

 



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La Chronique de Ghislaine Sathoud
par Ghislaine Sathoud, écrivaine

Originaire du Congo-Brazzaville, Ghislaine Sathoud, activiste des droits humains, vit et travaille au Canada. Son cursus académique s’est déroulé au Congo, en France et au Canada. Elle est diplômée en sciences politiques et en relations internationales. Dans son pays de résidence... (Lire la suite)

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