Ce fut un très grand plaisir pour moi d’assister, ce jeudi 14 juin 2012, à la réception d’Amin Maalouf à l’Académie Française. Historien, romancier, essayiste, Amin Maalouf, écrivain de langue française, est né au Liban. Il vit à Paris depuis une quarantaine d’années. Ses ouvrages : Les Croisades vues par les Arabes et Léon l’Africain l’ont fait connaître en France où il reçut de nombreux prix et distinctions.
Ses autres romans et essais furent très bien reçus par la critique et le public. Traduit en plusieurs langues, il est reconnu universellement. Libanais, son pays occupe une grande place dans ses écrits. Ce qui ne l’a pas empêché de traiter des thèmes et des problèmes universelles, notamment dans son essai Les identités meurtrières.
Comme l’exige la règle de l’Académie, il a consacré son discours de réception à celui dont il occupe désormais le fauteuil : Claude Lévy-Strauss. Il fut à la fois émouvant et d’une grande érudition. L’œuvre de ce grand écrivain et anthropologue lui est proche et familière. Il s’identifie à ses prises de positions humanistes. Comme lui, il a parcouru divers pays, dans sa vie et ses écrits et s’est penché sur les différences, ce qui lui a permis d’atteindre l’universel.
Lévy-Strauss a décrit, voire révélé en profondeur, le Brésil. Il a étudié l’histoire et les cultures des Amérindiens. Je ne résiste pas, à ce propos, de faire état d’une conversation avec lui, lors d’une de ses visites à Ottawa. « Quand vous vous promenez en Colombie Britannique, vous pouvez écouter des Hérodote vivants. Il faudrait saisir la chance de les reconnaître » L’hommage d’Amin Maalouf est l’un de ses plus beaux textes.
C’est Jean-Christophe Rufin qui fut l’académicien qui présenta Maalouf. Romancier, médecin, diplomate, Rufin a lui aussi évoqué ses parcours du monde dans ses ouvrages. Il a magnifiquement souligné la richesse de la pensée de Maalouf qui a su surmonter les complexités et les vicissitudes en demeurant fidèle à ses origines.
Ni Maalouf, ni Rufin n’ont ignoré, dans leurs discours, les problèmes qui déchirent le monde aujourd’hui aussi bien au monde arabe qu’en Europe. L’Orient et l’Occident semblent s’affronter. Pour eux, il s’agit tout autant de rencontre et d’échange.
La réception d’un Libanais à l’Académie Française est un événement qui confirme la présence universelle de la culture française. L’espoir d’un monde apaisé et fraternel persiste.
17 juin 2012