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Fête des mères : pour une reconnaissance des multiples facettes de la maternité

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Le magazine américain Time est cœur d'une polémique. Et pour cause, la couverture d’un numéro récent montre une jeune maman qui allaite son enfant âgé de 3 ans. Ainsi donc, d’innombrables voix se font entendre.  Qu’on le veuille ou non, cette publication relance le débat sur l’allaitement. En effet, cette polémique n’est que la pointe de l’iceberg. Au-delà de cet aspect des choses,  il y a un enjeu majeur : le rôle de la mère dans le développement de son enfant.  Mais en réalité, le problème est beaucoup compliqué qu’il n’y parait…

Parallèlement à ces faits, il convient de mentionner que c’est toute la question des habiletés maternelles qui est  pointée du doigt. C’est bien connu : il s’agit d’un débat vieux comme le monde. Pour toutes sortes de raisons, les femmes se retrouvent au banc des accusées.

En fait, toutes ces polémiques pourraient se résumer par les questions suivantes : qu’est-ce qu’une « bonne mère » ? Quels sont les critères à prendre en compte pour « apprécier » les compétences d’une mère ? Qu’est-ce qu’une mère doit faire pour assumer convenablement ses responsabilités ?

 

Un profond malaise

Malgré leurs différences apparentes, toutes ces controverses sur l’allaitement sont liées à la place de la femme dans la société. Voilà le vrai problème qui  se présente sous diverses formes pour aboutir au même résultat : la catégorisation des personnes. Le schéma se présenterait don de la manière suivante : les « bonnes épouses »,                 « bonnes mères », et rajouter tous les qualificatifs que vous voulez, formeraient le groupe des « heureuses élues ». En passant, il faut rappeler la complexité des concepts employés, mais surtout, les  paradoxes qui émergent des  représentations que l'on se fait sur tel ou tel autre aspect de la vie.

En effet, nous campons sur nos positions en connaissance de cause : pour avoir baigné dans les eaux troubles du mariage durant plus d’une décennie, nous pouvons dire que les perceptions des femmes sont variables. Ne dit-on pas qu’il faut de tout pour faire un monde ? Les parcours de vie des femmes sont différents, ce n’est que normal ! Par contre, ce qui est anormal, c’est le fait de vouloir faire croire à toutes les femmes qu’elles doivent coûte que coûte convoler en justes noces et y rester  jusqu’à ce que la mort survienne. Un tel raisonnement est une grossière erreur.

En tout cas, analysons les situations au cas par cas. Certaines  femmes s’épanouissent dans la vie de couple, c’est une bonne chose. Mais n’oublions pas les autres cas : d’autres s’abrutissent dans le mariage, d’autres encore passent par des épreuves avant de trouver chaussures à leurs pieds : il n’y a rien de dramatique !

Cette façon de faire qui consiste à promouvoir un seul « modèle » est irréaliste. Il faut remettre les pendules à l’heure et se référer à la réalité, la vraie réalité, non pas celle qui consiste à ignorer totalement les expériences spécifiques des femmes.   À n’en point douter, ces diktats renforcent les préjugés réducteurs et enferment la population féminine dans un  « moule » préétabli : elles naissent, grandissent et meurent comme des citoyennes de seconde zone. Les images véhiculées par les considérations strictement partisanes sont à prendre avec des pincettes…

Bref, le débat sur l’allaitement au sein, qui défraie présentement la chronique, vient à point nommé pour à approfondir nos réflexions à l’occasion de la Fête des mères.  Il est plus que temps que l’on cesse de juger les femmes sur des critères aussi arbitraires que le mariage. 

Et qu’en est-il de la relation entre la mère et l’enfant ?

De mère à fille : quand donner naissance à une fille devient un « déshonneur »

Qui est responsable du sexe de l’enfant ? Il n’y a pas d’unanimité sur le rôle des parents dans la conception. Bien que de nombreuses découvertes scientifiques aient été réalisées, les influences culturelles et  les croyances religieuses pèsent lourd dans la balance au moment de faire des choix idéologiques.

Le constant est clair : lorsqu’on parle de « l’héritage génétique » des nourrissons, les « doctrines » sont nombreuses pour expliquer et décrire cette « séquence biologique ». S’il est un sujet qui divise profondément l’opinion publique, c’est bien celui-là. Une chose est certaine : plusieurs facteurs expliquent ces divergences de vues.

La thèse scientifique est connue :

« Nous savons que la femme possède deux chromosomes X et que l’homme est porteur d’un X (transmis par sa mère) et d’un Y (transmis par son père). Les spermatozoïdes sont porteurs d’un seul chromosome, X ou Y. Sur les 23 chromosomes que les deux parents lèguent à leur enfant, l’un se distingue des autres. Il va déterminer le sexe de l’enfant à naître. La mère apportant toujours le chromosome X, c’est le père qui détermine le sexe de l’enfant, selon que le spermatozoïde fécondant est porteur d’un X ou d’un Y. » (1)

En tout cas, les scientifiques affichent clairement leur position. Ont-ils pour autant réussi à convaincre tout le monde ?  Pas si sûr car, dans certaines contrées de la planète, cette affaire continue de malmener les méninges des mères.

N’ayons pas peur des mots : aujourd’hui encore, ce sont des faits vécus ! C’est l’une des raisons pour lesquelles certaines femmes remuent ciel et terre pour « rechercher »  un fils, quitte à mettre leur santé en danger...

Le constat est patent, beaucoup de gens pensent que la procréation est un don divin et que, par conséquent, le sexe du nouveau né est décidé par le Dieu. À ces différentes perceptions s’ajoute une troisième, celle qui à tendance à rejeter la responsabilité de la création du sexe de l’enfant à la mère. Et le terme rejeter, il faut le noter, revêt ici une importance très significative car il décrit convenablement le « chemin de croix » de plusieurs mères qui ont porté en leur sein des filles. Sous certains cieux, selon certaines coutumes africaines par exemple, la naissance d’une fille est accueillie avec peu d’enthousiasme. Si la femme qui ne devient pas mère est jugée « inapte » au mariage, celle qui accouche d’une fille est, elle aussi, « sur la sellette » parce qu’elle ne donne pas des                      « héritiers » à son mari.

Pour conclure : tous les aspects de la vie des femmes sont passés au crible, minutieusement décortiqués, pour tenter de justifier les discriminations à leur égard. Retenons que pour une mère, qui a porté la vie durant plusieurs mois,  la maternité est une étape significative dans son cheminement. Quel que soit son sexe, garçon ou fille, reconnu ou rejeté, un enfant reste un  « acolyte » avec qui la mère a développé des liens bien avant sa venue au monde. Divorcée, séparée ou mariée, une mère demeure en tout temps proche de sa progéniture.

Au regard des faits évoqués plus haut, nous profitons de la Fête des mères pour souhaiter une bonne fête à toutes les mères. Selon les pays, cette fête n’est pas célébrée à la même date, mais nous adressons notre message à toutes les femmes.

Nous avons une pensée particulière pour une femme exceptionnelle, la veuve Sathoud Monique, notre maman. Tout au long de notre vie, elle a été pour nous une véritable source d’inspiration. Après une formation d’enseignante, sans pratiquer sa profession elle est retournée sur les bancs de l’école pour devenir infirmière. Notre maman a toujours travaillé ardemment pour continuer d’acquérir des connaissances. Alors que notre papa était préfet d’une région et qu’elle occupait déjà un poste, cette brillante femme n’a pas hésité de nous laisser pour aller poursuivre sa formation dans une autre localité. Il faut rajouter que tout cela se faisait avec la bénédiction de son mari, notre papa qui fut un fervent défenseur de l’émancipation de la femme.

Jusqu’à ce jour, notre mère marque d’une empreinte indélébile toutes nos activités. Elle veille sur sa progéniture. La naissance de notre premier enfant s’est déroulée en sa présence. En tant qu’infirmière, elle nous transmettait ses compétences professionnelles et son expérience dans la maternité est une valeur ajoutée qui nous sert encore aujourd’hui.

Lorsque nous avons eu nos deux enfants au Canada, depuis Pointe-Noire au Congo, elle suivait nos accouchements étape par étape. Bien qu’étant absente physiquement de la salle d’accouchement, elle participait, à sa manière, à ces événements et nous prodiguait des conseils au fur et à mesure que nous avancions vers l’accouchement. Puisque nous options pour des accouchements naturels, ces affectueuses attentions produisaient l’effet de la péridurale. Ainsi, entre les contractions, nous pouvions entendre les encouragements de notre maman. Les bienfaits psychologiques de cet amour maternel furent des stimulants pour affronter les épreuves de l’accouchement.

Et ce n’est pas tout : lorsque nos activités nous emmènent loin Montréal, notre ville de résidence, Maman Nicky « gère » nos déplacements. Elle nous appelle régulièrement dans les pays où nous nous trouvons pour prendre des nouvelles. Plusieurs exemples pourraient s’ajouter, mais faute d’espace, nous nous arrêtons à ceux mentionnés plus haut.

Il n’existe pas de mots suffisamment forts pour nous permettre de lui traduire notre reconnaissance. Nous l’aimons d’un amour inconditionnel et nous essayons dans la mesure du possible de suivre ses conseils… dans la mesure du possible…

Bref, nous disons simplement : BONNE FÊTE MAMAN CHÉRIE ET MERCI POUR TOUT !

Nous avons aussi des pensées particulières pour nos sœurs, Yolande, Félicité et Stéphanie, bonne fête des mères à vous !  Nous n’oublions pas nos amies et nos proches, nous ne citerons pas des noms car elles sont nombreuses.

BONNE FÊTE À TOUTES LES MAMANS DU MONDE !!!

 

Note 

« Hérédité et chromosomes », www. savoir.fr

Photos

(1) Le président Fulbert Youlou célébrant le mariage de Monique et Victor Sathoud. Victor Sathoud occupa différents postes minitériels dans le gouvernement de l'Abbé Fulbert Youlou. 

(2) Ghislaine Sathoud et sa maman 

13 mai 2012



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Cet article fait partie de

La Chronique de Ghislaine Sathoud
par Ghislaine Sathoud, écrivaine

Originaire du Congo-Brazzaville, Ghislaine Sathoud, activiste des droits humains, vit et travaille au Canada. Son cursus académique s’est déroulé au Congo, en France et au Canada. Elle est diplômée en sciences politiques et en relations internationales. Dans son pays de résidence... (Lire la suite)

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