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Les médias utilisent souvent le terme «communauté internationale» lorsque vient le temps d'exprimer une prise de position ou un jugement sur une organisation, un pays ou un groupe de pays. Au Québec, le terme s'est par exemple retrouvé à 30 reprises dans les pages du Devoir en avril; il s'est aussi retrouvé le même mois à 17 reprises dans les pages de La Presse et à 15 reprises dans celles du Soleil de Québec et du Montréal Gazette.
Le terme « communauté internationale » n'a aucun fondement juridique. Il ne regroupe ni l'ensemble des habitants, ni l'ensemble des pays du globe. Dans la plupart de ses utilisations, en fait, il exclut tout simplement des pays réfractaires aux intérêts ou politiques états-uniennes. Même qu'il lui arrive souvent d'exclure la majorité des pays et des habitants de la planète.
Au lieu d'être un terme rassembleur, « communauté internationale » est un terme trompeur à l'emploi des États-Unis et de leurs quelques États vassaux, parmi lesquels on retrouve bien sûr le Canada, pour se définir avantageusement par rapport à des pays ou à des groupes de pays jugés menaçants. Il représente aussi, chose plus choquante encore, les vues d'organisations militaires, comme l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord, ou économiques, comme l'Organisation mondiale du commerce, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, organisations qui sont toutes soustraites au processus démocratique et toutes inféodées aux États-Unis et, dans une moindre mesure, aux autres membres du G8.
Les journaux, par souci de rigueur, devraient cesser d'utiliser ce terme mensonger et nous expliquer précisément à quels États ou quelles organisations ils font référence dans leurs textes. Une nouvelle comme « La communauté internationale a accusé l'Iran... » pourrait bien en réalité devenir « Les États-Unis, appuyés par la Grande-Bretagne, le Canada et Israël, ont accusé l'Iran... ».
Bien connaître le rôle déstabilisateur de pays comme les États-Unis et ses partenaires à l'égard d'autres pays nous permettrait de mieux comprendre l'exploitation et la paupérisation des masses. Cela nous permettrait aussi de mieux connaître le monde dans lequel nous vivons et d'agir efficacement en vue de sociétés plus démocratiques et égalitaires, d'abord chez nous, mais aussi ailleurs dans le monde.
Le 3 mai 2012
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