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Conflit étudiant. Qui profite de la violence ?

par Yvan Roy

Citoyens, citoyennes

Suite aux évènements de violence lors de la manifestation étudiante du 25 avril 2012, j’aimerais soulever un point qui à ma connaissance n’a pas été évoqué depuis le début de cette grève étudiante surtout depuis ce climat explosif de ces dernières manifestations qui ont dégénéré dans la violence.

Je suis très déçu de constater que plusieurs journalistes se contentent de nous relayer les déclarations des uns et des autres sans pour autant expliquer tous les enjeux de ce conflit aux citoyens et sans y porter leurs raisonnements. En effet, peu de journalistes abordent les informations de façon objective en apportant une analyse se référant à des faits récents ou à des antécédents d’ici ou d’ailleurs, ou à des études portant sur les conséquences d’une hausse des frais de scolarité et de l'accessibilité à des études supérieures pour des étudiants issus d’un milieu modeste ou défavorable. Est-ce de la paresse intellectuelle de la part de nos médias d’informations ?

Maintenant j’aimerais que chacun prennent le temps de sortir leurs dictionnaires pour lire ou relire la définition du mot “violence”, car il semble qu’on ne cesse de jouer sur les mots depuis quelque temps, ce qui est très agaçant face à cette démocratie de façade. En lisant la définition du mot “violence” dans mon Petit Robert, j’ai cru comprendre que la violence ne se limite pas seulement à des gestes de brutalités physiques contre des individus ou du mobilier urbain, mais qu’il existe plusieurs formes de violences et d’oppressions qui sont tout autant, sinon plus insupportables.

Cette fin de non recevoir des revendications des étudiants de la part de notre gouvernement est clairement un abus de pouvoir de l’État et d’oppression politique inacceptable digne de Harper. Pourquoi personne ne dénonce cette forme de violence étatique dans nos médias ?

Il me semble que c’est une vision très simple, celle de faire porter tous les actes de violences sur le dos des étudiants. Il faut se rappeler que les étudiants sont des jeunes et qu’ils en sont à leurs premiers engagements politiques dans cette société. Leur manque d’expérience et leur émotivité peuvent les laisser se faire influencer plus facilement par les impulsions des éléments irresponsables dans la foule qui provoquent les autorités à déclarer une manifestation illégale et à réclamer l’intervention des forces policières.

Souvent l’escalade de la violence devient incontrôlable lorsque les manifestants sont témoins de répressions policières qu’ils peuvent juger dans l’instant comme étant disproportionnées, brutales et injustes. C‘est alors que les conditions les plus dangereuses se révèlent lors des manifestations ou l’excitation sauvage est au sommet de la colère.

Il me semble compréhensible dans ces conditions que certains manifestants se laissent emporter dans des gestes condamnables. Ces moments de débordements ne sont pourtant pas le propre de la jeunesse. Des individus et des mouvements collectifs de tous âges se sont déjà emportés de la sorte dans des mouvements compulsifs de la foule. La répression étatique n’a jamais fonctionné de façon définitive, elle a toujours fini par céder et elle cédera à nouveau. Par contre, les manifestations sociales ont souvent fait avancer les droits humains, les moeurs et la société vers des conditions humaines meilleures. N’est-ce pas le souhait ou le désir des étudiants et de chacun de nous qui est étouffé, celui de vivre dans un monde plus juste ?

Qui profite de la violence ?

Certes, certains de ces actes criminels sont posés par de jeunes étudiants, mais il ne faut pas oublier que de nos jours plusieurs manifestations sont infiltrées par des “casseurs”.

Nous commençons à être familiers avec les revendications et les méthodes tactiques des groupes d’indignés, d’anarchistes, d’alter-mondialistes ou d’anticapitaliste a qui on a fait régulièrement porter le blâme des dégradations et des violences lors de plusieurs manifestations passées, mais il existe d’autres groupes qui peuvent trouver un avantage à provoquer de la violence lors d’une manifestation, la rendant ainsi illégitime et tentant du même coup de la discréditer et de la salir face à l’opinion publique. Ces violences pourraient aussi servir à des groupes d’extrême droite qui ne souhaitent pas l’engagement de l’État pour des causes sociales, des groupes d’extrême droite qui militent pour une baisse des impôts et la suppressions des droits et des acquis sociaux.

Il s’est déjà avéré que certaines manifestations ont été infiltrées par des forces policières en civil, qui ont reçu des ordres supérieurs de provoquer “la casse” et les premières violences afin de rendre illégitime la manifestation en cours et de pouvoir écourter la manifestation par l’intervention des forces policières. Même les étudiants qui sont contre la grève pourraient causer des dégradations pour les mêmes raisons.

Il est facile de se vêtir de vêtements noirs, se décorer d’un joli petit “carré rouge”, d’aller à la quincaillerie se procurer un pot de peinture rouge, d’emplir ses poches de quelques cailloux trouvés dans je ne sais trop quel nid de poule et de se parer de mauvaises intentions dans une manifestation. Sans preuve réelle, aucun groupe ne peut porter les accusations de violences et de dégradations causées par des individus dont leurs identités, leurs intentions ou leurs appartenances à un mouvement idéologique quel qu’il soit, demeurent inconnues.

Quand je pense à tous les problèmes auxquels notre société doit faire face aujourd’hui, alors que tous ces scandales de corruptions se dévoilent, peut-on encore croire à la bonne foi de ce gouvernement ?

Dans ce climat de détérioration sociale, il est impératif que le gouvernement prenne ses responsabilités et engage de véritables discussions avec les étudiants en ce qui concerne les hausses des frais de scolarité et la gestion des universités. Le 22 avril j’étais à la manifestation du Jour de la terre, cette manifestation était très conviviale, pacifique et respectueuse et j’ai remarqué que nous étions fortement majoritaires à porter le “carré rouge” en guise de solidarité parmi les plus de 200 000 manifestants présents pour une terre humaine et en santé. Serait-ce le début d’un printemps érable ?

28 avril 2012

 



* Image : wikipedia.org


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Conflit étudiant. Qui profite de la violence ?
par Dalton le 1 mai 2012

M. Yvan Roy,

Violence : contrainte exercée sur une personne par la force ou l’intimidation.

Violence : faire violence à la loi, lui donner un sens forcé.

Boycotter : pratiquer le boycottage, c’est mettre en quarantaine.

Injonction : ordre précis, formel d’obéir sur-le-champ.

Ordonnance : décision émanant d’un juge unique.

Vous cautionnez, et vous êtes en droit de le faire, des Rouges en oubliant le droit des Verts.

Quand on ne peut pas faire respecter une ordonnance ou une injonction de la cour, nous avons comme société un sérieux problème de démocratie.

Vous faites mention de « casseurs » durant les manifestations des boycotteurs et que leur présence en serait une, d’incontrôlable. J’aimerais vous faire remarquer que ces fameux casseurs ont été filmés au sein des dites manifestations en train de revêtir leurs habits de casseurs aux, su et vu, des manifestants. Nous pourrions facilement en déduire qu’ils étaient bienvenu pour la casse et que cela faisait l’affaire des Rouges.

Ce boycottage étudiant, est un faux débat qui cache un agenda caché d’un amalgame d’idéologies gauchistes et toutes ces idéologie veulent leur part de visibilité sur la plate-forme médiatique que ce conflit étudiant engendre.

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