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Iran: Enjeu et contrainte de la visite officielle le 2 mars de Benjamin Netanyahou à Ottawa

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Rédacteur en chef, Tolerance.ca, membre de Tolerance.ca®

Le Premier ministre israélien, M. Benjamin Netanyahou, s’est rendu en visite officielle à Ottawa, le 2 mars 2012. Une étape sur son voyage à Washington. Cette visite cherche à accentuer la pression sur l’administration américaine relativement au dossier du nucléaire iranien.

Depuis l’opération dite ''Plomb durci'' (2008) contre la bande de Gaza, Israël n’a cessé de voir son isolement diplomatique prendre de l’ampleur. Le coup de froid avec son allié traditionnel turc n’a rien arrangé aux relations internationales de l’État hébreu. L’avènement du Printemps arabe a lui aussi aggravé cette situation de vulnérabilité. Rendant son environnement stratégique encore moins hospitalier. D’où la valeur ajoutée qu’apportent ses relations diplomatiques et économiques avec un allié de choix comme le Canada.

Une visite officielle à l’ombre de l’affaire du nucléaire iranien

Le vendredi 2 mars, Benjamin Netanyahou a effectué une visite officielle au Canada. C’est la seconde fois qu’il rencontre M. Stephen Harper. Un Premier ministre qui a témoigné de son amitié à son homologue israélien et de la solidité de l’alliance stratégique des deux pays.

Cette visite du Premier ministre israélien a eu lieu quelques jours seulement avant de rencontrer à Washington le président américain, le 5 mars.

À la sortie de sa rencontre avec M. Harper, M. Netanyahou s’est servi de sa tribune à Ottawa pour réitérer le message qu’il répète depuis les années 1990, à savoir que la République islamique représente une menace à la paix et la sécurité internationales. Il a également mis en garde la ''communauté internationale'' contre deux tentations. La première, de laisser «cette menace se matérialiser». Autrement dit, de faire de l’Iran une puissance nucléaire. Une éventualité que les sourcilleux gardiens de la doctrine Ben Gourion de sécurité nationale ne sauraient tolérer, comme l’avaient montré d’abord, le 7 juin 1981, l’opération ''Opéra'' contre le réacteur irakien Osirak, ensuite, le 6 septembre 2007, l’opération de destruction du noyau du réacteur syrien d’Al-Kibar. En cherchant à empêcher ses voisins d’accéder au club restreint des puissances nucléaires, l’État hébreu cherche à conserver le monopole de l’arme nucléaire au Moyen-Orient. Un état de fait censé lui garantir une puissance de feu dissuasive dans une région hostile. Ce qui est en soi un indice de vulnérabilité stratégique.

La seconde tentation contre laquelle le Premier ministre israélien a mis en garde la ''communauté internationale'', c’est de voir la République islamique se servir de pourparlers généraux sur son programme nucléaire avec le groupe 5 + 1 pour gagner encore plus de temps, en attendant d’atteindre le point de non-retour, une phase au-delà de laquelle toute frappe militaire des installations nucléaires deviendrait inopérante.

Si Israël et l’Occident soupçonnent l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire, la République islamique persiste quant à elle dans sa négation d’une telle visée et déclare au contraire que ses ambitions sont strictement pacifiques et civiles.

À l’instar des autres pays occidentaux, le Canada craint que Téhéran cherche à se doter de l'arme nucléaire. D’ailleurs, M. Harper n’a pas hésité à réitérer, en présence de son homologue israélien, que son cabinet a été «clair sur les dangers d'un Iran doté d'armes nucléaires».

Mais si cette déclaration conforte la position de l’invité de marque, l’insistance du Premier ministre canadien sur les pressions de «la communauté internationale (et donc le Canada, ndlr) sur le régime iranien pour qu’il renonce à son programme d’armes nucléaires et permette immédiatement des inspections internationales de tous ses sites nucléaires, et se conforme aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies», cette déclaration n’est pas de nature à plaire à M. Netanyahou qui est venu chercher un appui sans équivoque de la part de celui considéré, en Israël, comme le Premier ministre canadien le plus fidèle à l’État hébreu.

Cette déclaration canadienne exprime la crainte d’Ottawa (et du reste de l’Occident) de voir l’allié israélien lancer des raids préventifs contre les installations nucléaires iraniennes. C’est pourquoi s’il a insisté sur ''l’amitié'' entre les deux pays et assuré son homologue de la solidité des liens bilatéraux et du droit israélien à se défendre, M. Harper a en outre fait montre de l’autonomie de la décision de son pays en cas de guerre préventive israélienne contre l’Iran.

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En effectuant sa visite officielle au Canada, le Premier ministre israélien voulait, semble-t-il, envoyer un message à l’administration Obama à l’effet qu’il n’est pas isolé. Ne bénéficie-t-il pas de l’appui d’un allié clé de Washington? Mais la déclaration de l’allié en question ne sonne-t-elle pas comme une mise en garde contre toute précipitation militaire israélienne?

14 mars 2012



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La Chronique de Aziz Enhaili, rédacteur en chef de Tolerance.ca
par Aziz Enhaili

Aziz Enhaili est spécialiste du Moyen-Orient, de l’islam et de politique étrangère. Il est contributeur irrégulier au volet «voisinage» du groupe Europe2020. Il s’agit d’une unité européenne dédiée à la recherche dans le domaine de prospective internationale. Il  a contribué à trois... (Lire la suite)

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