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La Bible fait état de la désobéissance d'Adam, le premier homme. Il a mangé le fruit de l'arbre de la connaissance. Il fut condamné au travail. Ce fut aussi la conquête de sa liberté. Au cours des siècles, l'esclavage, pratiqué aussi bien au sein de la démocratie grecque que dans de nombreux autres pays, fut une des formes de travail : brutale, cruelle, inhumaine.
A l'âge industriel, le travail est devenu un pouvoir. Dans le Manifeste communiste, Marx préconise la dictature du prolétariat. On en était bien loin dans le régime stalinien qui a installé la dictature d'une oligarchie et non celle des prolétaires, le qualificatif précis et en quelque sorte noble des travailleurs. La grève est une affirmation de ce pouvoir. Or le chômage prive le travailleur de son pouvoir. Plus encore, il lui fait perdre sa dignité. La dénonciation et la suppression de l'esclavage, du travail forcé, et l'affirmation du droit de grève sont des affirmations non seulement de la nécessité du travail mais tout autant de la dignité de l'homme. Le chômage en est la négation. C'est un fléau qui accable les sociétés industrialisées autant que les pays émergents. Les analyses du mal et des remèdes abondent.
La principale cause du chômage, qui est de plus en plus condamnée, est la séparation de la finance de l'économie, ce qui permet et donne lieu à la spéculation. La mondialisation établit une concurrence entre les bas salaires des pays émergents et ceux des sociétés industrialisées. Les progrès des technologies libèrent les hommes et les femmes de plus en plus de tâches exténuantes et pénibles. Cela culmine par la robotisation dont les résultats sont incalculables. Le robot ne connaît pas la fatigue et ne réclame pas de droits. Son obéissance est totale et du coup élimine le pouvoir du travailleur. Or, l'élimination de la fatigue et de la pénibilité apporte un bien-être aux hommes et aux femmes. Les gouvernements sont libres d'en tirer profit et de rechercher les moyens d'améliorer le bien-être de l'ensemble de la population. Mais si les riches n'en profitent que pour augmenter leurs richesses, le chômage persiste et au lieu d'être un mal à réduire, se transforme en un fléau qui frappe toutes les sociétés et met en question la dignité de l'homme.
Il est temps de réfléchir aux conséquences des avancées technologiques et de trouver les moyens de les utiliser pour améliorer les conditions de la vie quotidienne. Il est temps de mettre un terme à l'atteinte de la dignité de l'homme qui le condamne à l'inutilité.
14 février 2012
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