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Le but commun des Tunisiens est de faire avancer leur économie

par Amine Ghali

Londres – Un an après la chute de l’ancien régime, la Tunisie réalise une transformation politique sans précédent. Un gouvernement de transition a mené le pays vers l’élection d’une assemblée constituante couronnée de succès. Un nouveau gouvernement a déjà été nommé, marquant ainsi la deuxième phase du processus de transition focalisée sur la rédaction de la constitution et la réforme de l’économie.

Cependant, afin que cet élan se poursuive, il faut que les hommes au pouvoir choisissent d’inclure tous les acteurs nationaux afin de relever ensemble les défis de la nation.

Alors que ces développements politiques ont lieu, la réalité des problèmes économiques croissants et de l’instabilité sociale représentent un souci grandissant. Les nouvelles économiques récentes inquiètent non seulement les politiciens, mais aussi le public tunisien en général.

La banque centrale a annoncé un taux de croissance de zéro pour 2011 (une baisse d’environ 4% au cours de ces dernières années), plus de 80 compagnies internationales ont quitté le pays et les investissements ont décliné de façon significative. Cette vue d’ensemble de la réalité économique se traduit par un taux de chômage sans précédent, affectant un million d’individus, environ 20 pour cent de ceux en âge de travailler. Ce qui a pour conséquence un plus grand nombre de Tunisiens vivant dans la pauvreté.

Cette situation a provoqué l’organisation de quelques rassemblements et manifestations menées par les chômeurs, en particulier par les diplômés universitaires. Ces actions ont parfois pour conséquence la fermeture d’usines, résultant ainsi en pénurie de biens. L’emploi a donc été mis au premier rang des débats durant la campagne électorale, chacun des candidats proposant son plan pour venir à bout du ralentissement économique.

Il est maintenant de la responsabilité du gouvernement nouvellement élu de réaliser les promesses faites et de sortir le pays de cette spirale descendante.

Le nouveau gouvernement est dirigé par Ennahda (Renaissance), un parti islamique qui a gagné 40 pour cent des votes au cours des élections de cet automne et qui a formé une coalition avec deux partis laïques. Dans le système pluraliste de la Tunisie, tous les partis ayant reçu un pourcentage de votes sont aussi représentés dans l’Assemblée constituante.

Durant les élections, de nombreux partis ont proposés des solutions hâtives, et souvent manquant de réalisme, aux problèmes économiques. Toutefois les problèmes de l’économie tunisienne sont principalement structurels et doivent être abordés à ce niveau fondamental.

Ceci signifie renforcer les industries du pays de telle sorte qu’elles puissent employer plus de personnel qualifié, cela signifie améliorer les infrastructures dans les régions sous-développées afin d’attirer les investissements étrangers directs, cela signifie réformer le secteur du tourisme afin de modifier l’image de la Tunisie, actuellement perçue comme « destination pour petit budget » et cela signifie aussi développer une stratégie nationale pour le secteur agricole.

Améliorer l’économie tunisienne ne doit pas être un problème partisan. Toutes les parties prenantes nationales, ainsi que les organisations internationales telles que la Banque africaine de développement, la Banque mondiale, l’Union européenne, doivent être consultées et doivent participer à cet effort gigantesque.

Il est de la responsabilité du gouvernement de coalition d’inciter les principales parties prenantes à s’engager activement dans le processus de réforme. On ne peut envisager un effort couvert de succès sans la participation de l’importante et influente Union générale tunisienne du travail, de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat ainsi que des diverses associations pour le tourisme, l’agriculture, l’ingénierie et la banque, pour n’en citer que quelques-unes.

Cependant, beaucoup de ces groupes nationaux ne sont pas d’accord avec l’approche d’Ennahda de politiser la réforme économique. Ennahda doit donc commencer à dialoguer avec eux afin de résoudre, de façon collaborative, les problèmes économiques, ce qui permettra aux leaders de développer des solutions. De façon similaire, les parties prenantes doivent avoir la volonté de s’engager avec Ennahda.

Comme le gouvernement actuel n’aura autorité que pour les 12 à 18 mois prochains, ce qui grosso modo représente le temps nécessaire pour développer la nouvelle constitution, leur meilleure chance de succès d’améliorer l’économie réside dans l’intégration. Ceci signifie réunir tous les acteurs en Tunisie, les structures économiques d’état, les partis politiques, les associations de commerce, les syndicats, la société civile, les universités et les académies ainsi que les partenaires internationaux traditionnels, afin de mettre en place une approche participative et de résoudre ce défi crucial.

Faire participer tous ces partenaires ne sera possible que si, dans le gouvernement, les preneurs de décisions décident d’adopter une approche inclusive et de construire sur l’élan démocratique massif dont la Tunisie est en train de jouir.

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* Amine Ghali est directeur de programme au Centre Kawakibi pour la transition vers la démocratie.

© Common Ground -


* Image: wikipedia.org


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