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Les aînés, les seniors, l’âge d’or… on ne sait plus comment appeler les vieux pour ne pas les qualifier et, surtout, pour ne pas dire qu’ils le sont. Des termes politiquement corrects ? Oui, mais pas seulement.
La relativité de la vieillesse d’abord. Si vous cédez votre siège dans le métro ou l’autobus à une femme dans la soixantaine, vous risquez de l’offusquer. Parait-elle si vieille à vos yeux ? Il y a d’autres raisons, moins marginales. Les sociétés et les cultures traditionnelles réservaient estime et respect à l’âge. A la suite de la mort de Mahomet, la première dynastie des califes portait le nom de rachidine, les sages. Ses membres avaient comme avantage, l’âge. Et dans la Bible, Jethro conseille à son gendre Moïse de s’entourer de conseillers zaquenim, des vieux.
Dans des sociétés asiatiques ou de Proche-Orient, les enfants étaient appelés à baiser les mains de leurs grands-parents quand ils les abordaient. Cela a changé, parfois radicalement. Il est courant justement que des grands-parents demandent l’aide de leurs petits-enfants pour faire fonctionner des outils récents de la technologie. Leur sagesse ne leur octroie pas le savoir du nouveau monde médiatique.
Il faut ajouter un autre élément : la vieillesse dure de plus en plus longtemps. Cela entraîne des détériorations des facultés physiques et mentales. D’où le besoin d’assistance. Les aînés ne sont plus uniquement une source de sagesse et de mémoire mais des hommes et des femmes qui nécessitent de l’aide pour poursuivre une existence souvent diminuée.
L’une des grandes valeurs de la démocratie est celle de ne pas laisser choir ce qu’on qualifierait de bouches inutiles mais de maintenir en vie ceux qui ont donné naissance et qui ont élevé les membres des générations qui leur ont succédé. Il n’en demeure pas moins que parmi les personnes âgées on trouve les porteurs des valeurs, les gardiens des mémoires et les détenteurs de sagesse.
Il importe de savoir et d’affirmer que nos sociétés aussi développées qu’elles soient matériellement ne peuvent subsister en conservant la liberté, la justice et l’égalité sans le rappel des valeurs portées par les aînés. Les sociétés libres ne catégorisent personne de bouche inutile. Elles se composent dans l’égalité d’hommes et de femmes, jeunes ou vieux, en santé ou malades. Elles survivent aussi grâce aux valeurs des aînés.
6 janvier 2012
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