L’année qui s’achève a été marquée par une nouvelle qui a semé l’émoi et la consternation dans le monde : la chanteuse Capverdienne Cesaria Evora a tiré sa révérence le 17 décembre 2011.
Celle que l’on surnommait « la Diva aux pieds nus » a marqué d’une empreinte indélébile la musique mondiale et bien au-delà du cadre artistique, elle est sans conteste une figure emblématique de notre époque.
Le moins que l’on puisse, c’est que—sous divers aspects et à plusieurs titres—le parcours de cette femme exceptionnelle est digne d’attention. Que l’on soit une personne passionnée de musique ou simplement une observatrice du monde qui nous entoure, dans l’un ou l’autre cas, l’ambassadrice de la culture du Cap-Vert constitue une source d’inspiration. L’histoire inspirante de cette artiste, d’où on peut puiser des informations, aussi divertissantes qu’instructives, ne laisse personne de marbre. Rappelons en passant qu’elle jouit d’une reconnaissance auprès de ses pairs. Il n’est donc pas surprenant que le gouvernement capverdien ait pris la décision louable de décréter un deuil national de quarante huit heures.
Un symbole de persévérance
Grâce au travail acharné de Cesaria Evora, qui naquit le 27 août 1941 sur la terre de ses ancêtres, la morna, rythme musical figurant au patrimoine musical traditionnel, a largement dépassé les frontières de son terroir d’origine : le Cap-Vert. Pour parvenir à réaliser cet exploit, la fille du guitariste et violoniste Justino da Cruz Evora a travaillé d’arrache-pied, et ce, durant de longues années de dur labeur.
Par ailleurs, il est intéressant de mentionner que ce succès est le couronnement d’une longue marche. Marche pendant laquelle des épreuves, toutes aussi pénibles les unes que les autres, bouleversèrent sa quiétude. Parmi celles-ci, on peut citer sa séparation avec un guitariste portugais, le père de l’un de ses quatre enfants : ils formaient un couple artistique.
Et ce n’est pas tout : depuis sa plus tendre enfance, d’innombrables épreuves émaillèrent son parcours. Par exemple — pour n’énumérer qu’une — elle fut placée dans un orphelinat à l’âge de sept ans suite à la mort de son père. Ce qui est admirable, c’est la persévérance dont a fait preuve cette « femme courage » pour balayer d’un revers de main les obstacles rencontrés au cours de sa vie et continuer d’entretenir, comme si de rien n’était, la flamme de sa passion musicale. En tout cas, ses efforts, sa détermination et sa persévérance ont été récompensés…
Une carrière riche en rebondissements
La carrière de la Cesaria Evora a connu, comme c’est le cas pour tant d’autres artistes, des hauts et des bas. Quand vient le temps de dresser un bilan de ses travaux artistiques, il faut également tenir compte de sa ténacité. Des chansons aux films, en passant par des ouvrages, des canaux de diffusion variés informent le public, diffusent des renseignements utiles pour découvrir ou redécouvrir la brillante carrière d’une femme. Son attitude positiviste est, assurément, l’un des secrets de sa réussite. Voilà un bel héritage qu’elle laisse à la postérité...
En définitive, un constat s’impose : le monde n’oubliera pas cette star mondiale de la chanson. Dans le même ordre d’idées, on peut affirmer, sans risque de se tromper, qu’elle est également, d’une certaine manière, une figure marquante de l’émancipation de la femme. Sa capacité de résilience lui procura, en toutes circonstances, le pourvoir de se réapproprier le contrôle de sa vie et de rebondir…
Rappelons qu’en 2009, Césaria Evora fut élevée au rang de Chevalier de la Légion d’honneur française. À cette occasion, la ministre de la Culture Christine Albanel prononça des propos qui montrent bien que l’art peut servir de remède pour guérir les blessures psychologiques :
« Votre histoire est devenue une légende. Celle de la victoire du talent sur la fatalité. Conjurer le sort par la musique, c’est ce que vous avez fait toute votre vie. »
Voilà qui est bien dit. Nous nous souviendrons toujours de « la Diva aux pieds nus »...
Note :
(1) Légion d'honneur pour Césaria Evora, « diva aux pieds nus et à la voix d’or » http://www.ladepeche.fr, consulté le 23 décembre 2011.
Pour en savoir davantage
Site web : www.cesaria-evora.com
Cesária Évora, autobiographie : Appelez-moi Cize (conversations avec Stéphane Boudsocq, City Éditions, Grainville, 2009.
Sandrine Teixido, Cesária Évora, la diva du Cap-Vert, Éditions Demi-lune, Coll. Voix du Monde,Paris, 2008
26 décembre 2011