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L’immigration selon l’ADQ : de vieux préjugés dont il faut se défaire

par
Collaboratrice de Tolerance.ca®
Durant les premières années qui ont suivi mon arrivée au Québec, j’ai tout fait pour perdre cet accent trop
prononcé qui m’identifiait automatiquement à une « immigrante », une « étrangère ». 



Je voulais être aussi Québécoise que tous les Québécois et me sentir chez moi dans ce pays que j’avais adopté. Les compliments sur mon accent me semblaient être des insultes. Je comptais les minutes qui séparaient la sempiternelle question « d’où tu viens? » qui arrivait un peu plus tard dans la conversation au fil des mois qui s’écoulaient. Chaque minute gagnée sans que la question ne survienne me semblait être une victoire. Ça y est, j’étais un peu plus Québécoise, même si je ne percevais toujours pas la nuance entre « pâte » et « patte » et même si j’étais toujours aussi incapable d’apprécier le fameux sucre à la crème de ma belle-mère. J’avais hâte de dire « nous » et qu’on cesse de me dire « vouszaut’ », même si je n’étais et ne serai jamais « de souche ».

Aujourd’hui, les Français me prennent pour une Québécoise et les Québécois pour une Française, c’est dire à quel point j’ai perdu toute identité! Je « sacre » en québécois, j’écoute Richard Desjardins et je ne supporte pas plus de deux semaines le côté « chialeur » des Français, mais je me bats chaque jour pour maintenir la qualité du français que nous parlons à la maison. Les « j’ai tombé » et les « si j’aurais » ne passent pas plus que les « ils jousent au hockey! » Les enfants en sont même venus à reprendre leurs amis quand ils veulent sauter sur « la » trampoline. Mon fils a même corrigé une de ses enseignantes qui écrivait « lundi le 3 mai » au tableau et lui a apporté le dictionnaire pour lui prouver qu’il s’agissait d’un anglicisme. Résultat : on félicite régulièrement mes enfants pour la qualité de leur français.

Inutile de préciser que j’ai donc très mal réagi en voyant la vingtaine de grosses pancartes installées récemment par le parti qui représente l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, l’Action démocratique du Québec (ADQ), dans les comtés montréalais de Bourget et Pointe-aux-Trembles en vue des élections partielles du 12 mai 2008. Le parti de Mario Dumont blâme les péquistes et les libéraux pour le « recul du français à Montréal » en affirmant que la situation s’est détériorée à cause de la « hausse de 22% de l’immigration ». Et que propose l’ADQ? Une politique nataliste et un gel du seuil de l’immigration !

Certes, le message de l’ADQ peut sembler raciste et intolérant, mais il est encore loin des propos haineux et diffamatoires d’un Jean-Marie Le Pen auquel certains ont voulu l’identifier. L’ADQ ne s’attaque toutefois pas à la bonne cible en ce qui concerne la qualité de la langue. Comme le faisait remarquer l'écrivain d'origine brésilienne Sergio Kokis, lors de son passage à l’émission Tout le monde en parle, les immigrés parlent souvent mieux le français que les Québécois « de souche ». Lysiane Gagnon, chroniqueuse à La Presse, écrivait encore, en janvier dernier : « Ma pharmacienne est Vietnamienne, elle parle français avec un charmant accent. L'atelier de couture où je fais faire mes retouches est tenu par des Arabes qui parlent français approximativement. Ma cordonnerie, par des Arméniens qui parlent un excellent français. Chez Linen Chest, vous serez servis par des Rachida et des Maria qui parlent français mieux que la plupart d'entre nous. »

Mettre tout le poids de la détérioration du français sur les épaules des immigrants, comme le fait l’ADQ, ne semble qu’alimenter de vieux préjugés dont il serait grand temps de se défaire. Ne serait-il pas plus constructif et plus intelligent de chercher des façons de faire qui permettent à notre jeunesse de se doter des outils linguistiques indispensables à leur épanouissement et aux enseignants de faire leur travail dans les meilleures conditions? Freiner l’immigration et encourager les Québécois à faire des bébés n’améliorera pas la qualité du français au Québec, n’en déplaise à Mario Dumont !

Le slogan de l'ADQ paraissant sur les pancartes du Parti :

RECUL DU FRANÇAIS À MONTRÉAL

BILAN PÉQUISTE/LIBÉRAL
HAUSSE
DE L’IMMIGRATION
DE 22 %

SOLUTION ADQ
POLITIQUE NATALISTE
ET GEL DU SEUIL
D’IMMIGRATION

29 avril 2008


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L'immigration et Mario Dumonti
par Mireille Helme le 6 mai 2008

Je pense que le parti de Mario Dumont est celui qui fait preuve de clairvoyance en ce qui concerne l'immigration au Québec.  En effet, il me semble juste de dire que la province de Québec cherche à faire entrer toujours plus d'immigrants, à condition toutefois qu'ils soient hyper-diplômés et qu'ils parlent français, mais lorsque ceux-ci arrivent, ils doivent  faire face à d'innombrables problèmes, dont le plus aigu est celui de trouver du travai dans leur domaine.

Pourquoi vouloir augmenter le quota des immigrants si l'on n'est pas à même de leur permettre de travailler?   Il est inadmissible que des diplômés de haut calibre, je pense entre autres aux médecins, ne puissent exercer leur profession au Québec, alors qu'ils le faisaient chez eux.  

Il y a dans l'attitude du Québec quelque chose d'hypocrite vis-à-vis des immigrants que je supporte mal, et Mario Dumont, même s'il est parfois maladroit dans sa façon de formuler ses idées, n'en est pas moins juste lorsqu'il propose le gel du seuil d'immigration.  Est-ce bien raisonnable de vouloir encore plus d'immigrants quand on sait pertinemment qu'ils ne pourront pas, pour la majorité d'entre eux, vivre décemment et s'intégrer à la société québécoise?

Soyons lucides, comme l'est Mario Dumont!  On sait tous que les Ordres professionnels bloquent les immigrants diplômés, mais on continue à accepter des immigrants pour ensuite les abandonner à leur sort.  Est-il normal que des médecins, des dentistes, des professionnels de toutes sortes soient réduits à faire le taxi ou vivoter de petits travaux précaires, tout en voyant fondre l'argent qu'is avaient amené avec eux?  

Et y a-t-il de quoi s'insurger lorsque Mario Dumont propose une politique nataliste?  C'est le bon sens même que de souhaiter que les Québéoises fassent plus d'enfants, étant donné qu'elles n'en font pratiquement plus du tout.  Au moins faut-il espérer que ces enfants-là devenus adultes trouveront du travai dans leur domaines parce qu'ils ne seront pas des enfants d'immigrés.  

Et si le français recule à Montréal, ce n'est évidemment pas la faute des immigrants, c'est la faute du système d'éducation au Québec qui permet un langage de plus en plus relâché non seulement chez les étudiants mais malheureusement aussi chez les enseignants.  Le ministère de l'éducation doit instaurer une politique de l'enseignement du français solide, mais ça, c'est une autre paire de manches, car les politiciens eux-mêmes ne parlent pas correctement le français!

Il y a un phénomène de relâchement de la langue française au Québec qui atteint toutes les sphères des activités; écoutez les présentateurs de RDI ou LCN et notez -je le fais- toutes les fautes de français qu'ils font sans arrêt, c'en est désespérant!  Et lorsqu'on entend des professeurs dire: "le monde sont...", pour ne citer que cela, ça laisse perplexe!  Sans parler de cette horrible manie d'utiliser sans cesse une syntaxe anglaise du genre: "les gens que je parle avec...", "il a été tiré dans le dos...", etc.

Mario Dumont devrait inclure dans son programme aussi le problème de la langue française d'ici, mais j'imagine le tollé général que cela susciterait, car la susceptibilité des Québécois est légendaire dès que l'on ose aborder le problème de la langue d'ici! 

Tant que le Québec n'aura pas changé sa politique d'immigration et tant que le ministère de l'éducation n'aura pas la volonté de s'occuper de la langue française -ou devrions-nous dire de la langue québécoise!- , rien ne sera résolu dans la province, les immigrants continueront à affluer, pleins d'espoir ,et seront forcés de vivre des situations dramatiques ou bien aller ailleurs, et Montréal sera de moins en moins française, peut-être même le Québec tout entier sera de moins en moins français.  

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