La société doit être informée des difficultés qu’éprouvent les personnes âgées en situation de handicap ou de dépendance. La routine aboutit trop souvent à une négligence indifférente à leurs attentes et à leurs souhaits.
Un comportement infantilisant entraîne le plus souvent leur exclusion sociale. Même en situation de handicap ou de dépendance, les personnes âgées doivent pouvoir continuer à être respectées, exercer tout simplement leurs libertés et leurs droits.
La prise de conscience du vieillissement de la population a amené le Canada, la Communauté Européenne ainsi que les Nations-Unies à adopter des mesures de soutien aux politiques nationales pour contribuer au maintien de la solidarité entre les générations et en faveur de l'intégration des personnes âgées et de leur famille.
Le Conseil des droits de l’homme aux Nations Unies défend également les droits des femmes âgées et de leurs droits humains.
Lorsque toute personne âgée en situation de dépendance sera respectée et reconnue dans sa dignité, sa liberté, ses droits et ses choix, notre société aura fait un grand pas en avant en matière de droits humains.
Je ne vais pas polémiquer sur la façon dont nous devrions nous comporter envers nos aînés. Toutefois, j’ai été interpellé par le poème qui suit. Je l’ai découvert dans un article écrit par un infirmier français sur le site de CAIRN INFO. Ce dernier a avait a repris un poème transmis par une infirmière dans une résidence en France, qui l’a retrouvé dans les affaires d’une vieille dame irlandaise, après son décès….
Je tiens donc à vous faire partager ce poème qui en dit beaucoup sur la personne âgée dépendante et qui sera, j’en suis certain, une source de remise en question et de sensibilisation.
Imagine
«Imagine : je pourrais être ton frère ou ta sœur, ton père ou ta mère, ton grand-père ou ta grand-mère.
Imagine : mon passé, ma famille, mon travail, mes envies, mes émotions, mes joies, mes douleurs, mes enfants…ma solitude. Maintenant, pense à ta vie, ton quotidien.
Maintenant, pense à tes enfants, et les problèmes que tu connais pour les élever mais aussi aux joies qu’ils peuvent t’apporter.
Maintenant, pense aux premiers jours de ton travail, comme tu étais content (e) de venir tous les matins, soirs ou même les dimanches, car tu avais le sentiment d’aller de l’avant.
Maintenant, pense à ta fatigue, à tes douleurs multiples qui apparaissent, à la course que tu aimerais stopper ou ralentir un peu pour respirer.
Car certains jours, il y a de quoi devenir fou !
Maintenant, pense à tes parents, plus les années passent, plus tu les sens vulnérables, dépassés par l’époque, et dont le quotidien ne te permet pas de t’occuper ou simplement d’aller voir comme tu le souhaiterais…
Je pourrais continuer pendant des heures ; tu vois, ta vie, je la connais.
Mais en plus moi, j’ai dû me battre pour obtenir tout ce que tu as aujourd’hui. La liste serait longue et j’en suis fière. Tes journées ont été les miennes, et un jour, mes journées seront les tiennes.
Et j’en suis triste car tu pourrais être mon frère ou ma sœur, mon fils ou ma fille, mon petit-fils ou ma petite-fille.
Pourtant, si tu savais, j’ai besoin de si peu pour continuer paisiblement le chemin qu’il me reste à faire.
Un jour, peut-être toi aussi, tu seras impotent, et dépendant.
Un jour, peut-être toi aussi, tu attendras que l’on vienne faire ta toilette pour entendre le son de ta voix même, si cette personne fait comme si elle ne t’entendait pas.
Quand tu lui parles ou essaies d’attirer son attention.
Un jour, peut-être, toi aussi, tu préfèreras manger à la petite cuillère parce que ça ne « passe plus » plutôt qu’avec une grosse cuillère, qui en plus, te fait mal une fois sur deux car tu n’ouvres pas la bouche assez rapidement.
Un jour, peut-être toi aussi, tu seras content de voir que quelqu’un a bien voulu aller te chercher un dessert supplémentaire pour compenser…
Un jour, peut-être toi aussi, tu auras un corps douloureux et fatigué, qui a besoin d’un minimum d’attention, et tu seras comme moi une personne qui a besoin que l’on prenne le temps de « prendre le temps », de s’apercevoir que j’existe et que je suis capable de voir, parler, ressentir, comprendre !
Et si enfin tu me vois, j’aurai tout simplement à nouveau envie de vivre.
N’oublies pas que dans ma solitude, c’est ton regard, ta main, ton oreille, ta présence que j’attends tous les jours.»
13 février 2011